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Volume 24 (1665-1669)

Chanson

1665

Sur l'Air: Jardinier ne vois tu pas etc.

 

Sur le Cardinal Chigi Légat en France aprés le Traité de Pise en 1664.

 

 En arrivant, ce dit on,

Sur le Parc de Marseille;

Ne trouvant point de garçon,

S'avisa de F........en C.............

Merveille, merveille, merveille.

 

Nôtre grand Légat Romain

Dedans son Ambassade,

Aporta plus d'un corps saint;

Mais il remporta le sien

Malade, malade, malade.

 

Le Légat à Galamont

Pris en C....... la Chaudepisse;

Il demande au Parlement

Pour son boug.....d'instrument

Justice, justice, justice.

 

[3]

                                                                           Sur la mort de Nouveau, qui essayant un Cheval chez la Vie  1665

Maquignon, il se renversa sur lui, dont il mourut.

 

Passant, arreste et plains son sort,

Puisque la pitié t'y convie,

Nouveau a rencontré la mort

Où les autres trouvent la vie.

 

[5]

 

Chanson

1665 et

1666

Sur l'air: Un chapeau de paille.

 

Raillerie sur la fausse Noblesse.

 

Depuis six mois l'on ne voit que noblesse

Le long de ces chemins,

Changez de sacs, qu'ils remuent sans cesse

Tous leurs vieux parchemins;

Disant voicy de quoi faire voir comme,

Je suis Gentilhomme moy, je suis Gentilhomme.

 

Mais l'on n'a pas achevé de produire

Qu'un Commis de Bousseau,

Dit aussitost, ne cherchant qu'à leur nuire,

Je veux ni inscrire en faux;

Car des Contracts la grosse je rebute,

Je veux la Minutte moy etc.

 

Vous demandez une chose inciville,

Dit le Noble assigné;

Car si les rats, depapier si fragile,

Ont fait leur desjeuné.

Ou si le feu les a réduit en cendre,

Où les puis-je prendre moy etc.

 

[6]

Ce n'est pas là répond un de ces drôles

Le saq qu'il faut à nous;

Produisez nous grand nombre de Pistolles,

Nous aurons soin de vous,

Nous vous ferons en donnant bonne somme,

Ancien Gentilhomme etc.

 

Si vous voulez me faire une remise

Je vous satisferay.

Et je voudray jusques à ma chemise,

Ou j'en aporteray;

Quoique je n'aye commis de dérogeance,

J'aime l'asseurance moy etc.

 

Lors le Commis entendant leur promesse,

D'un ton un peu plus doux;

Vous passerez, dit-il à la presse,

Et j'aurai soin de vous,

Et fussiez vous vilain de six cent race,

Je vous feray grace moy etc.

 

Sire, éprouvez s'il vous plaist nôtre zele,

Par un Arriereban:

Envoyez nous contre les Infidelles,

Et le Mahometan.

Nous craindrons moins cent mil Janissaires,

Que deux Comminssaires nous etc.

 

[7] 

Chanson

 

1666

Sur l'air......

 

J'ay le coeur tendre comme un jeune veau

Pour la charmante Madame du Veau;

         Et je voudrois bienpouvoir

                  Voir,

         Ceque l'on ne peut avoir,

Et ses Testons  sous son mouchoir,

                  Noir

         Le patiner tout un soir.

 

Elle répond à cela, Dieu merci mon bon papa,

Et maman m'ont bien nourrie;

         J'ay entretenu leurs leçons;

                  Les garçons

Ne toucherons de leur vie

         A mes Testons.

 

[9]

Chanson

 

1666

Sur l'air de Jean de vert

par Blot.

 

 

La Feuillade petit rousseau

Ne vaut rien pour Bardache;

Personne ne le trouve beau

Avec son poil de vache.

Dieu l'a fabriqué si maudit,

Qu'il n'est bon qu'a branler le V.....

A Jean de vert.

 

 

[10]

 

 

Autre

1666

Sur l'air

Jacques Tardieu Con.er au Parlement receu le 30. Juillet 1620 puis Lieutenant Criminel à Paris. Fut assassiné le Lundy 24 Aoust 1666 le jour de la St. Barthelemy avec N....... du Ferrier sa femme qui êtoit fille du celebre du Ferrier Ministre à Montpellier.

 

Ils ont tué Monsieur

Lieutenant plein d'honneur,

Criminel de la ville:

Sa femme mesment

Pour avoir leur argent

Lachon est peu civille.

 

[11]

Chanson

 

1666

Sur l'air de Jean de vert

 

Ha. Mouffy, mon cher favory!

Modere un peu ta flame,

Garde surtout d'etre mary

Connois tu plas les femmes?

Plustost que d'être dans amant,

Elles prendront Tillet ou Carman,

Ou Jean de vert.

 

Ha! des Barreaux mon cher amy,

Où sont tes complaisances;

Quoi! tu abandonnes Moussy

Au milieu des souffrances,

Il a le coeur empoisonné.

Il est bien plus empoisonné.

Que Jean de vert.

 

[12]

 

1666

Sur la mort du Lieutenant Criminel Tardieu.

 

Cy gist un Juge qu'on abhorre,

Aqui le sang plaisoit si fort,

Qu'il fit rouer tous vifs encore

Des gens même aprés sa mort.

 

 

Chanson

 

1666

Sur l'air de Graveline ou de Catin la belle Jardiniere.

 

Sur............de la Nielle, ou niesle.

 

La Chaudepice de la Neille               Valet de chambre du Roi.

Fait tout l'entretien d'aujourd'huy;

Mais ce nest pas grand merveille,

Sa femme l'a tout comme lui,

Et le beau de leur destinée

Ils ne se là sont point donnée.

[12]*

 

1666

 

Sur les Rondeaux de Benserade, qu'il envoya à M. d'Olonne à la Ferté-Milon où il êtoit relegué et malade de la Goute.

 

Rondeau en vieux langage.

 

Je ne scaurois qu'admirer seulement,

Et de tes vers louër tout simplement;

Le tour heureux et l'heureuse cascade

Pour ce? que n'au-je Ode, Sonnet , Balade,

Ou chant Royal, à mon commandement?

 

Je m'en voudrois aquitter dignement,

Et je tenterois un mauvais compliment;

Car m'excuser sur un je suis malade.

            Je ne scaurois.

Quoi! vos Rondeaux font la nique à Clement;

Je voudrois bien l'aller dire hautement

De mon pied même à la grande bourgade,

Brin n'en doubtez, Monsieur, de Benserade;

Mais trop scavez que malheureusement

            Je ne scaurois.

d'Olonne.

 

Sur L'Embrasement

 

1666

de la ville de Londres

en 1666.

 

Sonnet

Ainsi brusla jadis cette fameuse Troye

Qui n'avoit offensé ny ses Rois, ny ses Dieux;

Londres d'un bout à l'autre est aux flames en proye,

Et souffre un même sort, qu'elle mérite mieux.

 

Le Crime qu'elle à fait, est un crime odieux,

A qui jamais du Ciel la grace ne s'octroye;

Le Soleil n'a rien veu de si prodigieux.

Je ne pense pas que l'univers le croye.

 

L'horreur ne s'en pouvoit plus longtems soûtenir,

Et le Ciel accusé de lenteur à punir,

Aux yeux de l'univers enfin se justifie.

 

L'on voit le chastiment par dégrez arriver,

La guerre suit la Peste, et le feu purigie

Ceque toute le mer n'auroit pas sceu laver,

 

Benserade.

 

[15]

 

1666

Madrigal

 

Grand ROY, des Rois le plus puissant,

            Arbitre de toute la Terre;

Dépouille le Lyon, renverse le Croissant,

            Et laisse en repos l'Angleterre;

Aussi bien quand le Ciel secondant tes projets,

De ces peuples voisins te feroit des sujets;

Tu ne trouverois plus de quoy te satisfaire;

Ce qu'ils eurent jamais de rare et de parfait,

S'est rendu sans combat, à ton auguste frere;     Gaston d'Orleans

Apres ceque chez eux le Dieu d'amour a fait,

            Qu'est ceque Mars y pourroit faire?

 

1666

Lettre de Mr. de Benserade, à Mr. le Chevalier de Lorraine, sur le sujet de Mad.lle de Fienne dont il est amoureux, du 6 Aoust 1666.

 

            Digne sang de ce brave et généreux Harcour,

            Beau Chevalier; grand Prince, aimable créature,

             Chef d'oeuvre où la fortune ademeuré tout court.

            De peur de n'aller pas si loin que la           nature.

 

Il me semble que j'irois moi même assés loin pour

peu que je voulusse continuer de cette sorte, et peut

être vous dirois je d'assés jolies choses qui vous

 toucheroient pourtant beaucoup moins que ceque

 vous attendez que je vous dise. Laissons donc là

 vôtre Eloge, et venons à vôtre secours.

 

            Il faut courir au plus pressé

Encore qu'à la gloire un héros se desvoüe;

            Un héros quand il est blessé,

            N'a pas tant besoin qu'on le loüe,

            Qu'il a besoin d'estre pensé.

 

La 1.re chose que je fis hier, aprés avoir receu vôtre

Lettre, ce fut de ne l'a pouvoir lire, tant le caractere

 m'en parût difficile, je fus contraint de chercher

 

[16]

une personne affidée, qui connût vôtre main;

au même tems que je crus avoir rencontré mon fait

 pour cela, on prir a tâche de me persuader que je

m'estois trompé.

 

            Affectant d'ignorer si vous scaviés escrire,

            Chaque mot aux Experts causoit de l'embarras,

            Et l'on faisoit semblant de ne scavoit pas lire

            Pour mieux faire semblant qu'on ne vous aimoit pas

 

Ce que je puis vous dire c'est que les Affaires me par

roissent au même état qu'elles êtoient, aussi ne faites

vous que partir.

           

            Celle que vous aimez scait trop bien se conduire

            Pour ne pas toujours vivre avec vois comme il faut;

            Du Sexe elle n'a pas l'ordinaire défaut,

            Et quand elle l'auroit, l'iroit elle produire,(8)

            Lorsque vôtre départ est encore tout chaud?

 

Certainement toutes les Regles de la Phisionomie

sont fausses, ou vous n'avez rien a craindre de

ce côté là, ce n'est pas qu'un homme plus timide,

n'eust bien lieu d'etre alerte; mais enfin je suis

persuadé que tout ira bien pour vous, avec la restriction

des faiseurs d'Almanachs, qui promettent la pluye,

a le beau temps, je ne vous promets rien, amour

surtout.

 

            Où vous êtes je croy que vous pouvés confondre

            Tout ceque vous avez de Rivaux sur les bras;

            Mais bien précisément je ne vous puis répondre

            De ceque vous ferez où vous ne serés pas.

 

En tout cas j'oserois bien asseurer vôtre maîtresse,

que Mr. de Ruyter ne lui nuira pas auprés de vous;

mais je ne me fais pas fort que M.r de la Valliere

ne vous incommode auprés d'Elle  

             

            Plus un Exemple vous témoigne,

            Que l'absence détruit le plus ferme projet;

            L'on croit diminuer l'objet

            A mesure qu'il s'eloigne.

 

Il c'est veu néantmoins dans tous les temps, de grandes et celebres passions, que l'absence n'a point détruit, affoibly, ni diminué. Croyez moy ne vous desespérés pas, donnez vous tout entier à la gloire, et faites tant de bruit, que vous les empeschiez de s'entendre tous deux, pendant que vous serez éloigné.

 

            Avec ces plaisirs quelque peu de divorce,

 

[17]

            Fait qu'on est mieux receu quand on est de retour,

                       Et l'amour n'est jamais un véritable amour,

                       Si l'estime, et l'honneur n'en augmentent la force.

 

 

Chanson

 

1666

Sur l'air ha Monsieur le Capitaine.

 

Dans vôtre quartier la Baume

On voit hostel contre hostel

Chez le bon homme Vendosme,

Dans vôtre quartier la Baume

On vit comme à sodome,

Et chez vous comme au bordel.

Dans vôtre quartier la Baume

On voit hostel contre hostel.

 

[18]

 

Chanson

 

1666

Sur l'air: Qu'en dis tu Jean de Nivelle?

 

Sur un Feu d'Artifice que le Mareschal d'Estrées donna à la place Royale.

 

Bon homme aux yeux de ratine,

Vous avez l'Ame bien fine,

D'allumer un si beau feu,

Quand  la force naturelle

Manque a Jean de Nivelle,

L'Artifice fait son Jeu.

 

[19]

 

Chanson

 

1666

Sur l'air: Objet charmant & beau.

 

Par le Comte de Mata (Bourdeille),

pour Madame de Longueville(Orleans).

 

Je serois bien fasché         bis

De manquer au respect qu'on doit à la Duché;

Mais le C.........de Brissac n'est pas bien desseiché.

 

Objet charmant et beau,  bis

Pourquoi craignez vous tant un si petit ruisseau?

Est-ce pas au Soleil à se coucher dans l'Eau?

                                               ou

Objet charmant et beau,      bis

Pourquoi craignez vous tant un si petit ruisseau?

Est-ce pas au Soleil à se coucher dans l'Eau?

                                               ou

Objet charmant & doux,      bis

Vous n'estes pas pour moy, je ne suis pas pour vous,

Je ne suis qu'un galant, il vous faut un Epoux.

 

Objet rempli d'appas,    bis

Je vous donne mon coeur, ne le refusez pas;

Je soupire pour vous; mais je soupire bas.

                                               ou

Objet rempli d'appas;  bis

Nous soupirons tous deux ne vous y trompés pas;

Je soupire tout haut, vous soupirez tout bas.

 

[20]

 

Je soupire en chantant,   bis

Absent & malheureux; mais fidelle et constant;

Cependant philis n'en veut pas faire autant.

 

Je jure par tes yeux,   bis

Serment qui m'est plus cher que les Dieux;

Que si tu m'aime, je t'aime encore mieux.

 

En amour se dit on.    bis

Qui s'eloigne des yeux, s'eloigne aussi du C.......

Serviteur à Messieurs qui s'en vont à Langon.

 

 

 

Chanson

 

1666

Sur l'air: Vous avez belle Bregis.

 

Par feuë Madame

 

Vous avez belle Brégys

Plus de printems que les Lys;

Car chaque Lys n'en a qu'un,

Et vous en avez cinquante,

Et bientost cinquante et un.

 

Dessous l'amoureuse Loy,

C'est trop d'un quand on est trois;

Et j'ay oui dire à tous ceux

Qui débitent des fleurettes

Qu'il ne faut être que deux.

 

[21]

 

Chanson

 

1666

Sur l'air: Je suis l'agreable Harmonie

 

Je suis Guenegaud villemousse,

Ou villemousse Guenegaud;

Bien que mon nom rime à Nigaud,

Je suis plus fin que douze

Je parle comme des Barreaux,

Ou du moins comme Guenegaud.

 

 

            Autre

Je suis Baziniere farouche,

Qui ne puis par mons ny par vaux

Retenir mes vistes Chevaux,

Tant ils sont fort en bouche.

Je regne en un grenier a foin

Mais au combat/convoy je n'y vay point.

 

 

 

Autre

Je suis la petite Cheselle, ou Choiselle, ou Sechelle

Qui prophanant trop mes attraits,

Par fois aux Pages et Laquais

Ne fut pas trop cruelle;

Ma mere même sur ma foy      Mad.e de la Boeste

Est une sainte au prid de moy.

 

[22]

Autre

Sur le même Air.

 

Je suis la belle Tourangelle

Qui viens me montrer à la Cour.

Qui scait achepter mon amour,

Ne me trouve jamais cruelle,

Et l'on m'apelle la Compain;

Car mon C.......est mon gagne pain.

 

Chanson

 

1666

Sur l'air des Rochelois

Blot fit ce Couplet pour le vicomte de Letouraille.

 

Il ne manque point de deniers,

Il a du bléd dans ses greniers;

Il boit sans mesure et sans compte.

Je l'aime mieux que vous Monsieur;

Il est Laboureur et vicomte,

Il est vicomte et Laboureur.

 

[23]

 

Chanson

 

1666

Sur l'air de la Duchesse.

 

Mr. de Fieubes êtant amoureux de Mad.e Dalesseau; Elle fit connoissance avec M.r d'Alesso d'Avaux, et malgré son mary qui êtoit fort jaloux. Mr. d'Avaux vint chez Elle, Mr. de Fieubet en demeura surpris, et fit cette Chanson sur le champ à l'imitation de la Carte du Tendre qui est dans Clelie, Livre fort à la mode en ce tems là.

Madame Dalesseau fille de Mr. Tibeuf Con.er au Parlement, femme d'un Con.er au Parlement, soeur de Mr. de St; Germain aussi Con.er est à present Comtesse de Letre.

 

Vraiment, ce galand va bel air,

Il n'est entré que d'aujourd'huy à Tendre,

         Et je viens d'aprendre

         Qu'il vogue sur mer;

Avant qu'il soit la fin de la Journée,

Il se verra dans l'Isle fortunée.

         C'est là que ce Pilote,

         Aura le loisir,

         De rafraichir sa Flote

                  Avec plaisir,

[24]

C'est là que d'haute lute,

Malgré la troupe cornutte,

         Ce verd galand fera,

         Tout ce qu'il lui plaira.

 

 

Chanson

 

1666

Sur l'air de Graveline.

 

Le Chancre du cher Romainville

A nôtre commerce interdit;

Quelle seureté pour la ville

Si le Cul donne mal au v.....

Je m'en vais donc branler la pique.

Culs et C....s je vous fais la nique.

 

Autre

Imitons Henry* ce bon homme,

Il nous donnera des leçons;

Car il n'enculle, ny n'enconne,

Si ce n'est  la main des garçons;

Et s'escrie en branlant la pique

Culs et C....... je vous fais la nique.

 

* Henry Prince de Condé

 

[25]

 

Chanson

 

1666

Sur l'air du grand Saucour.

 

Valency la Chauve,

Et Belesbat l'Abbé,

Font dans leurs Alcove,

Comme un bien dérobé,

Cequ'on fait d'ordinaire

Quand on fait l'amour,

            A la Cour;

            Mais leur misere

C'est ne pouvoir imiter Saucour.

 

Le Mareschal d'Estrées

Caresse Manican,              Langueval

A quatre vingt années,

Lui veut faire un Enfant;

Jurant comme un hermite,

La nuit et le jour,

            Qu'en amour

            La Carmelite

Le fait aller de pair avec Saucour.

 

Libera la brunette

Avec des mouvemens,

Au son des Castagnettes

[26]

Engage mille amans,

Et dit en leur présence,

La Nuit et le jour.

            Qu'en amour

            Point de cadence,

Si l'on ne danse avec le grand Saucourt.

 

 

Chanson

 

1666

Sur l'air Quitte ta houlette berger.

 

Sur l'Abé l'Aisné.

 

L'Abbé à sa Niece

Disoit plein de tendresse.

L'Abbé à sa niece,

Disoit d'un ton fort doux,

Viteaux je t'aime

D'amour extrême;

Fais en de même.

Embrassons nous

Si c'est péché je t'en absous.

 

 

[27]

 

Chanson

 

1666

Sur l'air...........

 

Petite Belesbat

De Fiesque est au grabat,       Soeur de Madame de Choisy femme du Chan.er de 

De cette nuit derniere.            M. le Duc d'Orleans.

Vous l'avez trop tenu

Entre Nos breas tout nu.

Il s'en plaint à sa mere.

 

Madame d'Estiffac                         Femme du frère de M. de la Rochefoucault, a censée

L'honneur est au bissac               d'etre grande Tribade.

Vous êtes décriée

Belesbat/Fiesque nous a dit

Qu'estant dedans son lit,

Vous l'en aviez priée.

 

Aussi dans les discours

Que fait de vos amours,

Cette pauvre abusée;

Elle manque en ce point;

C'est qu'elle ne dit point

Vous avoir refusée.

 

Ainsi on juge bien

Qu'il ny va pas du vôtre,

 

[28]

Guerre moins que du nôtre,

Et le bruit est trompeur,

Ou l'une aura grande peur

Quand on brûlera l'autre.

 

 

Chanson

 

1666

Sur l'air...........

 

Sur la Morale du Pere Escobar.

 

Le péché n'est plus qu'une fable

Escobar en est caution;

Et l'on prend pour dupe le Diable

En dirigeant l'intention.

 

Vous qui de Cerf portez la teste,

Venezà la chasse avec nous,

Si nous ne trouvons point de beste

Nous meurons nos chiens aprés vous.

 

[29]

 

Chanson

 

1666

Sur l'air des petits sauts de Bordeaux.

 

Sur Madame de Choisy, femme du Chancelier

de M.r le Duc d'Orleans.

 

Chanceliere l'on s'etonne

De te voir sitost coucher;

Quand c'est l'amour qui l'ordonne,

On ne scauroit s'en fâcher;

Mais on passe pour farouche

D'un commun consentement.

Quand à huit heures on se couche,

En faveur du sacrement.

 

[30]

 

 

Autre

 

1666

Sur le même Air.

 

Au Bal de Mademoiselle,         Montpensier

Cequi parût de plus beau,

Ce fut de voir en donzelle

Gambader la Tambonneau.        Elle avoit eue affaire avec M. de Mortemar.

On dit qu'elle êtoit fort sage,      Elle n'avoit lors de ce bal que 21 ans.

Et belle comme le jour,

Qu'elle dansoit pour son âge

Mieux que femme de la Cour.

 

 

Chanson

 

1666

Sur l'air: Il dort il est de glace entre vos bras.

Sur Monsieur, et Madame soeur du

Roy d'Angleterre.

 

Il dort, il est de glace- Votre Epoux est de glace.

Entre vos bras;

Si j'estois à sa place                                        ce Couplet est du Comte de Guiche.

Madame, hélas!

Je mourrois de plaisir qu'il ne sent pas.

 

Il dit à ses amintes,

Mille mots doux,

Vous avez de la crainte

De son courroux;

Et vengez vous Madame, et vengez vous.

 

Si pour mettre vôtre ame

De son party,

Il dit que nulle flame

Il n'a senty.

Il a menti Madame, il a menty.

 

Si songeant à la peine

[32]

Qu'on sent pour vous

Il vous vient quelque haine

Pour cet Epoux,

Apellez nous Madame, apellez nous.

 

Si pour venger l'offence

De vos attraits,

Il vous faut l'assistance

D'amans discrets,

Ils sont tous prets, Mad.e ils sont tous prets.

 

Tout roule à l'avanture

Dessous les Cieux.

Je connois la nature;

Mais pour les Dieux,

Si j'en connois, hélas! ce sont vos yeux.

 

Autre

 

1666

Sur le même Air.

 

Sur les Filles de Madame.

 

Si c'est nos destinées

Estant chez vous,

De passer nos années

Sans un époux.

Ha! chassés nous, Mad.e ha! chassez nous.

 

[33]

 

Autre

 1666

Sur le même Air.

 

Sur la Comtesse de Fiesque.

 

Je ne scaurois m'entaire,

L'amour est doux.

Qui vous dit le contraire?

C'est vôtre Epoux.

Il est jaloux Mad.e il est jaloux.

                       Autre

Belle et charmante brune       Ce Couplet est de M.r de Charleval pour

Pour qui je meurs.                      Mad.e de Pomereuil.

Si je vous importune

Par mes langueurs

Ma plainte m'est commune à tous les coeurs.

 

Cher amant icy je partage

            Tous tes ennuys;

A regret je suis sage.

            Quand jete fuis

Je te plains; mais c'est tout ceque je puis.

Autre

 1666

Sur le même air que la précédente.

 

Réponse de Madame.

 

Qu’il brusle, ou soit de grace

            Entre mes bras,

Il occupe une place,

            Cher Comte, hélas!                  De Guiche

Que si l’amour donnoit il n’auroit pas.

 

Jamais ne me verrai-je                       C’est le Comte qui parle.

            Seul avec vous?

Jamais ne trouvera-je

            Loin des jaloux;

Un moment pour mourir à vos genoux?

 

On trompe sans miracles

            Des yeux jaloux;

Aimez, et les obstacles

            Cederont tous.

Que ne pouvez vous point, l’amour et vous?

 

[34]

 

Chanson

1666

Sur l’air des Ennuyeux.

 

Sur honoré Courtin M.e des Requestes.

 

On dit que le petit Courtin,

Reprend ses premieres brisées,

Et qu’il revoit soir et matin

De Bordeaux les fesses useés;         de Montcontour

Mais son v……. a t’il la vertu

De f……un C……. trente ans f…….tu?

 

 Le sage Ambassadeur Courtin

Ref……. la Bordeaux de plus belle;

Chaque jour dans sa vieille main

Son v……se redresse pour elle;

Jamais v…….et C……..de no sans,

Ne se sont f…….tu plus longtems.

 

Rondeau

1666

Contre ceux de Bensserade

 

Pour des Rondeaux, chants royaux et Balades,

Le temps n’est plus, avec la vertugade

On a perdu la veine de Clément;       Marotte.

C’estoit un maître, il rimoit aisement,

Et sans donner à ses vers l’estrapade.

 

Il ne faut point de brillante tirade,

De Colibet, ny d’équivoque fade;

Mais un facile et simple arrangement,

            Pour des Rondeaux.

Surtout la chute, et non point la cascade

Doit être heureuse, et pleine d’agrément;

Or aprens donc qu’il te faut seulement

            En demeurer à la turlupinade,

Et nete point tourmenter Benserade

            Pour des Rondeaux.

 

[36]

 

Chanson

1666

Sur l’air: Un Chapeau de paille.

 

Sur Mad.e de Brancas.

 

J’ay le teint beau, je suis grasse et bien saine;

            J’aime a passer montems.

Je pourrois bien jusqu’à la cinquantaine

            Pousser mes jeunes ans.

Plus que jamais, sans ma fille  Branquette,

Je serois coquette moy, je serois coquette.

 

[37]

 

Autre

1666

Sur……….. la Baume le Blanc

de la Valliere.

 

 

J’ay le teint beau, je suis bien faite et blonde,

            Et j’ay les yeux brillans;

J’ay pour garand le plus grand Roy du monde,

            Constant depuis trois ans.

Et cependant quoique je lui sois chere,

Je suis la Valliere moy, je suis la Valliere

 

Sire qui commandez à toute la France,

            A la ville, à la Cour,

Faites des Loix contre la médisance,

            Au nom du Dieu d’amour.

Les medians gâtent tous vos misteres;

C’est là vôtre affaire à vous, c’est là vôtre affaire.

 

Ce dernier couplet fut fait lorsque la Comtesse de Soissons et le Marquis de Vardes (du Bec) firent secretement des Lettres à la Reine, par la Senora Molina sa femme de chambre pour lui donner avis de la passion du Roy pour Madame de la Valliere.

 

 

Chanson

1666

Sur le même Air.

 

Sur le Cardinal Chigi Légat en France

Aprés le Traité de Pise.

 

Je suis Légat, qui suis parti de Rome

            En fort bonne santé;

Mais j’ay voulu passer pour galant homme,

            Pour aimer la beauté.

Et je suis pris en jouant mal mon rolle;

Car j’ay la vérolle moy car j’ay la vérolle.

 

[38]

 

Autre

1666

Sur le même Air.

 

Sur Henriette –Anne d’Angleterre femme de Philipes

Duc d’Orleans.

 

Dans mon amour, plus d’une chose blesse,

            Mon bon petit Epoux ;

Je suis pourtant une bonne Princesse.

            J’ay des attraits si doux,

Que si j’osois je n’en serois pas chiche.

Au Comte de Guiche moy, au comte de Guiche.

 

Autre

1666

Sur le même Air.

 

Sur Madame de Rambures.

 

Je ne puis pas faire l’amour moy même,

            Car j’ay trop de laideur.

Et si chez moy l’on/jer souffre que l’on aime,

            C’est avec grand douleur.

Pauvre Rambures, ô peine sans seconde,

Seras-tu toujours, toujours le rebut du monde?

 

[39]

 

Autre

1666

Sur le même Air.

 

Sur les Jansenistes.

 

Ils font perdus les pauvres Jansénistes,

            On n’en parlera plus;

Nous triomphons nous autres Molinistes,

            Nous les avons vaincus,

Sans alleguer ni Pere, ni Conciles,

Nous sommes habiles nous, nous sommes habilles.

 

Deux points secrets ont conclu mon affaire

            Avec le grand Louis

Je lui ay fait signer le Formulaire

            Dans l’Empire des Lys.

Et lui permets de f……….. la Valliere.

Suis-je pas bon Pere* moy suis je pas bon pere?

 

* Le Pere Annat. Jesuite son confesseur.

 

 

Autre

1666

Sur le même Air.

 

Sur……… Briconnet Con.er au Parlem.t

fils du President, qui épousa Anne-Marie

Girard soeur du Procureur gnal de la

Chambre des Comptes, séparé depuis,

 

Je suis petit; mais j’ay bien du courage,

            Car ma chere moitié

Incontinent aprés mon mariage,

            J’ay battu sans pitié:

Et dans l’abord je lui ay fait connoître,

Que j’etois le maître moy, que j’etois le maître.

 

[40]

 

Autre

1666

Sur le même Air.

 

Sur……… Barillon qui importunoit les bonnes Compagnies, et se fit voler un soir par ses valets au sortir de l’hostel d’Albret, pour faire parler de lui.

 

Moy Barillon* homme de grand mérite

            Et qu’on estime tant;

Qui tous les jours les Duchesses visite

            Et fais l’important;

Sur le minuit en finissant ma course,

J’ay perdu ma bourse moy, j’ay perdy ma bourse.

 

* On attribute aussi ce couplet à Mr. de Chastillon.

 

Autre

1666

Sur le même Air.

 

Sur Madame de Brancas.

 

Malgré mes soins à bien cacher ma flame,

            On dit communement;

Qu’à la fin j’ay laissé prendre mon ame

            Par un discret amant;

Mais au printems, est ce un etrange chose

De se mettre en rose tous? de se mettre en rose?

 

Vous scavez bien Madame et chere amie,

            Que dans notre Maison,

Les Armes sont de deux Cornes remplies,

            Au coin de l’Escusson.

Je ne veux pas, quoique mon pere fasse,

Les changer de place moy, les changer de place.

 

[41]

 

Autre

1666

Sur le même Air.

 

Sur Mad.e de Francieres.

 

Pour les blondins je n’ay point de tendresses:

            Ils sont trop médisans;

J’aime bien mieux des Abbez les caresses;

            Ce sont de braves gens;

Et pour avoir de beau point de venise;

J’en veux à l’Eglise moy, j’en veux à l’Eglise.

 

 

Autre

1666

Sur le même air.

 

Sur Anne de Gonzague dite la Princesse Anne, lorsqu’elle alla trouver

Henry de Lorraine Duc de Guise (Canaples) pour l’epouser. Elle courut en poste habillée en homme.

 

Vous qui frondez un innocent voyage,

            Ne vous souvient il point,

Charmante Iris, que pour un mariage,

            Vous allastres bien loin?

En que vous en demeurâtes peu sage,

Au Concubinage vous, au concubinage.

 

 

[43]

 

Autre

1666

Sur le même Air.

 

Si le destin veut enfin que je baise

            L’adorable de Pont/s

La belle, et moi nous en serons fort aise,

            Nous ferons des poupons,

Et je diray si le Mareschal* grondre,

Je peuple le monde moy, je peuple le monde.

 

*Coezar-Phebus d’Albret Mareschal de France.

 

 

Chanson

1666

Sur l’air: Jardinier ne vois tu pas etc. ou

Les rideaux de votre liet.

Ces 3 couplets sont de M.lle de Montpeusier.

 

M.r d’Estampes Con.er d’Estat avoit 2 filles, l’aînée femme de Mr. d’Espernon-Rocillac, êtoit nommée Fichée, et l’autre Fichette,

Qui ép.a son Cousin de Valencé, Fichon êtoit la D.lle.

Pour le faux Duc d’Espernon,

Fichuë est toute preste;

L’Escuyer aura Fichon;

Mais à qui donner-t’on

Fichette, Fichette, fichette?

 

Mon Dieu le sot triolet,

Fichuë, Fichon, Fichette,

Helas! Seigneur qu’il est laid;

Je crois que le Diable à fait,

Fichette etc.

 

La Duchesse d’Espernon,

Est devenuë tres sage; - Est a present fort sage;

Car Elle a chasse Fichon.

Et ne baise plus que son- Et n’a retenu que son

Grand Page, grand Page, grand Page.

 

 

Autre

1666

Sur le même Air.

 

La Bordeaux n’a plus d’apas    M.de de Bordeaux  mere de M. Fontaine Martel.

Elle est toute passée;

Elle a perdu ses Ducats,

Et l’on dit qu’elle est bien bas,

Percé, percé, percé.

 

Si l’on en croit Peguillin,               Le Duc de Lauzun. Mlle Le Tellier femme du Duc

Villequier est si large,                       d’Aumont, Pere de l’Ambassadeur d’Angleterre.

Qu’il croit être dans un bain

Quand cette grande putain,

Décharge, décharge, decharge:

 

 

Il faudroit pour enchainer

Le Démon du Royaume

Coudre la bouche et le C…..

D’une femme qui a nom

La Baume, la Baume, la Baume.

 

Autre

1666  

                                                                                                         [70]

Sur le même Air.

 

La Castelnau pour Jeannin,

Votre amour est peu ferme;

On dit qu’il tire à sa fin,

Et qu’il est pour le certain

A Termes, à Termes, à Termes.

 

On ne fait plus sur Monglas

De chanson de débauche;

Scavez vous pourquoi cela?

C’est que Buffy l’auteur l’a

Chevauche, chevauche, chevauche.

 

Monglas que Bullion baisoit,

A l’humeur si gloutonne,

Qu’elle souffre que le V….

De Bussy brave au déduit

L’enc……l’enc……l’enc…….

 

Grand Colbert ayez pitié

De Fouquet qui soupire,

Il fut jadis comme vous,

Et peut être serez vous

Plus pire etc.

 

La Vieuville à ce qu’on dit,

Sur ses fins se déborde;

Car souvent sur le minuit

On voit entrer dans son lit

De Gorde etc.

 

De la vieuville le Cu,             M.lle de Chateauneuf femme du Duc de la Vieuville.

En si bordé de laine,

Que dés que Gorde l’eut veu.

Il cria turlu tu ta,

Rengaine, etc.

 

Elle ne vous donne pas un sou

Vôtre maman Branquette;      La Princesse d’Harcourt, fille de Mr. de Brancas.

Mais vous avez un bijou

Sur ce gage en voulez vous?

J’en preste etc.

 

 

De Madame le Cogneux* du Tillet          *raillerie car elle êtoit d’une grande vertu.

L’histoire est fort étrange.

Elle a un cocher galleux;

Mais il paroist assez yeux,

Un Ange, etc.

 

De Madame du Tillet                   La Presidente du Tillet séparé de son mary,

L’histoire est assez drosle,        debaucha le P. Faverolles son Conffesseur et

Scavez-vous qui l’a baisoit?        Prédicateur, du College des Jesuites il fut mis

C’est le bon Pere sans collet        in pace, d’où il se sauva.

Faverolles, faverolle etc.

 

De Madame du Tillet,             Mad.e du Tillet la Bussiere.

L’Histoire est fort fâcheuse;

Car Marville son amant,

Dit qu’elle est depuis sept ans,

Foireuse etc.

 

Au dire de St. Aubin,

Coulange à la peau douce,

Cheziere y va le matin,

Et le soir son grand Cousin

La Trousse, la Trousse etc.

 

Le trou de la du Boucher            Femme du Généalogiste.

Est si froid et si large.

Si par Malheur on y chait,

Il meine droit sous l’archet

Du Large, etc.

 

La femme à jean Briçonnet     S.r de Majenville, fils du President,

Couche avec son beaupere;     homme fort bizare, jaloux, de ce que

Son mary jaloux à fait                sa femme avoit trop de complaisance

Eclater par un soufflet,              pour ce President son pere, il lui donna un soufflet,

                                                           et fut separé d’avec Elle.

 

[73]

L’affaire, l’affaire, l’affaire.

 

D’Huxelles à fait un Chrestien        du Blé.

A Châlons en Bourgogne;

Le Pere en est incertain;

Mais pour la mere elle est bien

Caragne etc.

 

Le Roy sert de protecteur

Aux Dames qu’on outrage,

Et pour vanger leur honneur,

Il a mis Bussy l’auteur

En cage etc.

 

Grand Seigneur prends garde à toy,

Il n’y a plus d’obstacle;

Villeroy prend son Armes,

Si cela fait quelque effet;

Miracle etc.

 

Rochefort à son chagrin

Ne donna point de bornes;

Pendant qu’il passe le Rhin,

L’on plabte icy son jardin

De Cornes, etc.

 

Frontenac*, Hotman d’Alés/Dalez,

Qui de tour ont deux brasses,

N’ont pas les visages laids,

Et sont à cequ’on dit les

Trois Graces etc.                 alias Trois Garces etc.

 

Fontenay pour qui font voeux

Les galands de nôtre âge;

Met bien vîte un coeur en feu;

Mais on dit qu’elle est un peu

Trop sage, etc.

 

Sanguin m’a dit que Sourdis      1.er M.e d’Hostel du Roy.

Aime tant la débauche,                M.lle de Sourdis sa maîtresse qui a toujours êté chez

Qu’elle va jusqu’en son lit,          sa femme comme une D.lle en Chambre.

Et lui dit pregnant son v……

Chevauche etc.

 

Veuve d’un illustre espoux,          La Malade de l’Hospital.

Vous nous la donnez bonne;

De faire ainsi les yeux doux,

A ce vieux pédant qui vous,

Talonne, etc.

 

Vous Bourgeoise de Paris,

Courez viste à versailles;

 

[75]

 

Mortemar a du crédit,

Et pour vous cela suffit,

Canaille etc.

 

Bien qu’on nous voye à genoux

Auprés de la Perrelle ;

Ses yeux ne sont pas trop doux ;

Mais helas! que ferions nous

Sans elle? Etc.

 

Que la grille est un séjour

Où le coeur s’embarasse;

Le pauvre le petit amour,

N’y scauroit trouver place

……………..

 

C’est pour une bonne fin

Que Bourdin s’embarasse,

A bien grossir le boudin

De son vigoureux cousin,

Charasse, charasse etc.

 

Bien que j’aye de l’orgueil,

Et croye être grand chose;

Je vois pourtant de bon oeil

La Présidente Longueil;

Pour cause, etc.

 

Vray comme je vous le dis,

Le long de la Semaine;

L’on peut vous aimer sourdis     Escoubleau de Sourdis.

Du Dimanche au samedy,

Sans peine etc.

 

Nous versâmes sur le soir,               Mesdames de Bartillac et de Tonnay-Charente,-

La chose n’est pas rare,                     verserent venant de la promenade

Je craignois pour mon mouchoir,

Car de tout ce qu’on peut voir

Tarare, etc.

 

On rit de bonne façon

Comme c’est l’ordinaire;

Sous la jupe de Gimont*           *une de leurs suivantes

L’Abbé Fouache cherchoit son,

Bréviaire etc.

 

Si jamais Madame Houzé   ou Huré Chanteuse, aimé du 1.er President de Novion

Me peut rendre fidelle;

Je seray bien abuse,

Car j’ay le coeur trop usé,

Pour elle etc.

 

La Sourdis/Jourdain à cinquante ans

Se fait peindre les levres,                          

[77]

C’est pour plaire à un galand,      Le Comte du Lude

Mieux fait que le Président

Le Lievre, etc.

 

Goûtons les plaisirs d’amour

Sans courir aucun risque;

Le beau verre de Luxembour

Donne quinze au grand Saucour

Et bisque etc.

 

Il y a dedans Lion

Une petite Chaise,

Qui porteroit ce dit on,

Rochebonne, & d’Entremont,

A laise etc.

 

Fuyons des hommes l’amour,

Et les vaines parolles;

A deffaut du grand Saucour,

Le beau verre de Luxembour,

Consolle etc.

 

 

Autre

1666

Sur le même Air

 

Si Saint Germain f……en C…….

Il imite son Pere,

Mais si le boug…..est fout……..

Il imite en vertu

Sa mere, sa mere, sa mere.

 

Si la Bécasse Soissons,                N…… Mancini Comtesse de Soissons.

En eut valu la peine;

Le jeune Roy* des Penons*,    *Le Duc de Villeroy.  *Les Penons, gens de Lion

Eut garni de Conichons

Eugene etc.                             Eugene de Savoye Comte de Soissons.

 

Si la Bécasse Mailly,

Estoit un peu plus belle,

Cocu seroit son mary

Par le Juge et le Bailly,

De Nesle, etc.

 

[79]

 

Autre

1666

Sur le même Air

 

Baillet preste son devant,

Et n’en a point de honte,

Et se fait baiser souvent

Par le premier Président

Des Comptes, des Comptes, des Comptes.

 

Toute la ville chanta

Allegresse, allegresse;

Quand Santot se maria;

Mais son mary s’ecria,

Largesse etc.

 

Busse se fâche bien fort

Des Rentes que l’on lui oste;

S’il ne lui reste plus rien,

Que lui prendra son Cousin

La Motte, la Motte, la Motte.

 

 

Autre

1666

Sur le même Air

 

Sur Mr. Pinon Conseiller au Parlement.

 

Vôtre amour Monsieur Pinon,

Se fait fort mal entendre ;

Vous avez un certain ton,

Qui n’est point du tout le ton

Du tendre, du tendre, du tendre.

 

 

[81]

 

Autre

1666

Sur le même air

 

Mascaron fait voir à tous

Son Eloquence extrême.

Mesdames ce n’est pas tout;

Car s’il presche bien il cout

De même, de même, de meme.

 

 

Autre

1666

Sur le même air

Vous aimer vieille Brégis,

C’est aimer peu la gloire;

Vous n’avez roses ny Lys,

Et donnez des vents coulis

A boire, à boire, à boire.

 

[83]

 

Chanson

1666

Sur l’air: Moy

 

Quand un Légat est fait comme le nostre,       Chigi le cardinal

            Il peut bien f…….. en cu

Sans avoir peur que le dervis/devin Apostre,

            Ne le trouve pas bon.

Cazzo, dit il, que chacun s’ebaudisse ;

            J’ay la chaud ep……. moy       bis.

 

 

Autre

 

Quand le Légat fut de retour à Rome

            Prés de sa sainteté.

Il lui a dit dans le siecle où nous sommes

            On f……….sans seureté;

Pour n’avoir pas f……..ty en escrévisse,

            J’ay la Chaudep……moy.     bis

 

 

Autre

1666

Sur l’air: Un Chapeau de paille.

 

Sur le Pere Annat Jesuite, Confesseur

De Louis Quatorze.

 

Plus goguenard avec sa robe noire

            Que n’estoit Rabelais.

Le Pere Annat bouffi de vaine gloire,

            Crioit en plain Palais.

L’on signera parbleu le Formulaire;

J’en fais mon affaire moy, j’en fais mon affaire.

 

[85]

 

 

Chanson

1666

Sur l’air: Moy

 

Sur Madame de Brégis

 

Pour la Brégis ce n’est qu’une antiquaille

            Il n’en faut plus parler:

J’aimerois mieux en faire une Médaille,

            Que vouloir la baiser,

Et je dirai si elle en est fachée

            Tu est trop fardé toy.

 

[87]

 

Chanson

1667

Sur l’air: Catan la belle Jardiniere.

 

 

Pour beau, vaillant, de grand naissance,

Vous l’êtes mon cher Boisdauphin;

Mais avouez en confidence,

Que c’est un grand coup du destin,

Que le cadet d’un pauvre frère,

Soit gendre de la Chanceliere

 

 

Autre

1667

Sur l’air....

Couplet fait par la Comtesse de Tonney-Charente,

pour le Ch.er de Riviere.

 

            Si vous êtiés fidelle,

L'on pourroit vous aimer.

Mais l'on m'a dit Tircis que toutes le belles,

Ont un pouvoir égal pour vous charmer.

 

 

Réponse

 

...............

...............

Un inconstant pour vous, peut être fidelle,

Un fidelle pour vous, peut bien changer.

 

[89]

 

Chanson

1667

Sur l’air: Catan la belle Jardiniere.

 

Leuville le seul que j'estime

Des parens que Dieu m'a donné,

Tu n'as pas en horreur le Crime.

Je crois que tu seras damné.

J'en ay une joy infinie;

Car je te tiendrai Compagnie.

 

Autre

1667

Sur l'air des Olivettes.

 

Sur une blessure qu'eut Chevreuse êtant Colonel au siége

de Lille.

 

L on lan la j'ay le nez cassé,

Je n'iray plus à la tranchée,

Lon lan la j'ay le nés cassé.

Je m'en vais me faire penser.

 

[91]

 

Chanson

1669

Sur l'air: Vivons heureux, aimons nous.

Vivez heureux sans Argent Gensdarmes,

Vivez heureux sans Argent.

Les Capucins et les Carmes

Ne vivent pas autrement.

Vivez heureuc sans argent Gensdarmes

Vivez etc.

Ne craignez point les allarmes;

Que perdrez vous en mourant?

Vivez etc.

Il faut recommencer à chaque couplet. Vivez etc.

 

Nous courons par la Campagne,

Plus fiers que des Amadis;

Ménaçant toute l'Espagne

De la soûmettre à vos Lis,

Et n'a vous de vôtre espargner

Que vous seul pour tous Louis.

 

Pour un galand de Campagne,

Nous n'avons que trop d'appas;

Reposons nous ma compagne,

Je n'ay plus de force au bras

Tout le Savon de Champagne

Ne nous décrasseroit pas.

 

Frottez derriere et devant ma chere,

Frottez derriere et devant;

N'epargnez point la matiere;

La beauté vaut bien l'argent.

Frotez derriere et devant ma chere,

Frotez derriere et devant.

La drogue n'est pas trop chere,

Quand c'est pour faire un galand.

 

[93]

 

Chanson

1667

Sur l'air: Un Chapeau de paille.

 

Sur le President Lambert.

Lambert voulant obliger sa voisine

            Fait le Courtier d'amour,

Cherche partout d'une façon peu fine

            Qui lui fera la cour;

Mais ils ont beau tous les Romans écrire,

Je n'en fais que rire moy, je n'en fais que rire.

 

[95]

 

Chanson

1667

Sur l'air: des bons soirs ou de Monlery

 

Adieu Monsieur Gaudar,

Et vôtre Compagnie,

Votre femme a du fard,

Et vous de la folie,

Et vous de la folie

Plus que Cousin Gaillard;

Bon soir la Compagnie;

Adieu Monsieur Gaudard.

 

Bonsoir la Maisonfort,

Et vôtre Compagnie.

Vos yeux donnent la mort,

Et puis donnant la vie;    bis

Par un secret ressort;

Bon soir la Maisonfort

Et vôtre Compagnie.

 

Adieu soeur Combalet,

Et vôtre Compagnie.

La coupure au colet,

Le tapis de Turquie,

Le tapis de Turquie.

 

Naccarat violet,

Foret que Thereze crie;

Adieu soeur Combalet

Et vôtre Compagnie.

 

[97]

 

Chanson

1667

Sur l'air............

 

Par Madame de Grignan, pour M.r de Vardes.

 

Mon brave Capitaine,

Pour Dieu retirez vous,

Vous y perdez vos peine,

Vos soins et vos amours.

Fixez la Sainte Croix,

Ou fixez le Mercure,

Je vous donne le choix.

 

Réponse par le Comte de Guitaut.

 

Sur l'air: Reveillez vous belle endormie.

 

Cette volage créature

De l'amour suit enfin les loix.

Je viens de fixer le Mercure

J'ay fait aimer la S.te Croix.

 

 

Sonnet

1667

par des Barreaux.

voyez son Eloge dans Morery

 

Toujours tes Jugements sont remplus d'equité,

Toujours tu prens plaisir de nous être propice:

Mais j'ay fait tant de mal; que jamais ta bonté

Ne me pardonnera sans choquer ta justice.

 

Oui, mon Dieu, la grandeur de mon impiété

Ne laisse à ton pouvoir que le droit de suplice:

Ton interrest s'opose à ma félicité,

Et ta Clemence même attend que je périsse.

 

Contente ton désir, puisqu'il t'est glorieux,

Offense toy des pleurs qui coulent de mes yeux;

Tonne, frape, il est tems, rends moy guerre pour guerre.

 

J'adore en périssant, la raison qui t'aigrit ;

Mais dessus quel endroit peut tomber ton tonner,

Qui ne soit tout couvert de sang de Jesus Christ?

 

 

[99]

 

 

Chanson

1667

Sur l'air............

 

Cette Chanson est faite sur un nommé

Sabatier homme de basse naissance, qui

avoit fait fortune dans les Affaires. Il avoit

épousé en 1.res Noces Mad. e de la

Rocheposay, parente du Card. l de Richelieu.

Il fit banqueroute êtant veuf, et se retira

en Bretagne, où il evint amoureux de M.lle

de Brissac, et comme la médisance disoit,qu'il

avoit trouvé moyen par ses presens, d'être bien

avec Elle, on par la de les marier, et le Chtr de

Riviere fit ce couplet de Chanson sur ce

mariage.

 

Pour le bien ce coquin se vante,

D'avoir dessous un bonnet vert,

Bien finement mis à couvert

Plus de vingt mille Escus de rent,

Pour la Maison de Sabbatius;

En latin comme Cosseïus.

 

 

[101]

Chanson

1667

Sur l'air: Un Chapeau de paille.

 

Chez Plapisson, il faut de la dépense

            Pour être bien receu.

Il ne suffit du jeu, ny de la dépense;

            Et j'ay bien aperçeu,

Que pour trouver le moyen de lui plaire,

Il faut un Notaire aussi, il faut un Notaire.

 

 

Autre

1667

Sur le même Air.

 

Sur Madame des Cardes.

 

Dedans nos Bois, il y a un hermite

            D'une agréable humeur,

Qui fort souvent recevoit la visite

            D'une dévote soeur;

Il lui disoit en lui levant la cotte

J'entre dans ma grotte moy; j'entre dans ma grotte.

 

Malgré les soins d'un époux difficile;

            J'ay partout des galans.

Le pauvre sot les chasse de la ville;

            Mais ile viennent aux champs;

Et dans les bois sur la vert fougere,

Je baisse Masiere moy, je baise Masiere.

 

[103]

 

Chanson

1667

Sur l'air: Un chapeau de paille.

 

Sur M.lle de Neuilly Madelaine Rogier, qui épousa N.........de Breteuil Conseiller au Parlement seigneur de Mons; morte en 1676.

 

L'on me croyoit déja Religieuse;

         Mais fort mal a propos.

J'aime bien mieuc faire la peécieuse,

         Et dire de grands mots;

Et pour montrer que je ne suis pas dupe,

Je leve ma jupe moy, je leve ma jupe.

 

 

Autre

1667

Sur l'air Brave troupe frondeuse.

 

C'est le Comte de Lauzun qui parle.

 

Vôtre Montespan, Sire

Ma fait un méchant tour;

Mais je ne fais que rire,

Car je n'ay plus d'amour.

Je ne vous abandonne ma maîtresse:

Mon Dieu que j'en êtois las!

Faites-en vos choux gras,

Je n'en fais plus de cas,

Sans aucun regret je vous la laisse,

Elle est vieille et sans appas.

 

 

[105]

 

Chanson

1667

Sur l'air: Ton relon tonton.

 

Votre bel oeil seroit incomparable,

S'il n'avoit pas, Madame*, un compagnon.

Quand on le voit ce bel oeil adorable;

Si l'on n'osoit, l'on criroit au Larron.

Ton relon ton ton tontaine la tontaine;

Ton relon ton ton tontaine la tonton.

 

Pour vous guerrir il conviendroit de Ludres

Que le Pasteur vous mit au doigt un jon.

Vous avez l'air fort tendrement lugubre,

A la pigeonne il faudroit un pigeon.

Ton relon etc.

 

Gabrielle de Rochechouart, femme de Leonore de Damas Marquiq de Thianges.

 

 

Autre

1667

Sur l'air: Laissés paître vos bestes.

 

Castelnau dans la France,

Y pourront, Messieurs vos Enfans,

Défier en asseurance

A courre à tous venans,

Vôtre moitié fut bien devant

Qu'on eut parlé du sacrement.

Sous le Poële fut galamment,

Enfans de telle mere,

Et des Postes Surintendant;

Ce n'est pas une affaire

D'aller toujours devant.

 

Le Marquis de Castelnau fils du Maal, epousa Mad.lle Marie Foucault, fille de Maal Foucault et de M.lle des Dampierre Marie Fouré.

Le Maal Foucault l'avoit euë de la d. Fouré avant leur mariage, et on la mit sous le Poële lorsqu'il épousa la dite Fouré.

L'on pretend que le Marquis de Castelnau n'estoit pas fils du Maal son pere et de Marie Girard l'Espinay sa mere, mais qu'il êtoit fils de Nouveau Surintendant des Postes qui etoit galand de sa mere quoiqu'il eut epousé une Girard soeur de cette Mareschale.

Les Girards-l'Espinay sont de Bourgogne.

 

[107]

 

Autre

1667

Sur l'air des Ennuyeux.

 

Grand Roy ayez compassion

Des pauvres mâitres des Requestes;

Ils sont sans occupation,

Au Conseil, a grater leur testes.

Pestans contre le Chancelier,    Seguier.

Colbert, Pussort et le Tellier.

 

 

Autre

1667

Sur l'air Vit on jamais au monde etc.

 

La Borde Mousquetaire avoit êté blessé

                                    à Valenciennes.

 

Admirez mes chers freres

La grand bonté du Roy,

Qui dit à son Louvois,

Faisons-le pensionnaire,

Cela nous reviendra

Felix dit qu'il mourra.     chirugien.

 

 

[109]

 

Chanson

1667

Sur l'air: Ha! Monsieur le Capitaine.

 

Termes aprenoit à Climene

Avec sa voix de rebut;

Ha! Monsieur le Capitaine!

Termes aprenoit a Climene.

Il reprite cent fois haleine,

Et répeter il fallut;

Enfin aprés tant de peine

Il luy montra comme il put.

 

 [111]

 

Chanson

1667

Sur l'air: De la Duchesse.

 

Gefvres, Villequier et Genlis,

Tous les Abbez, Richelieu et Vivonne,

Boisdauphin, d'Olonne,

            Et tous les maris.

Maulevrier y meine la Vieville,

Le Commandeur, Villarceay et Rouville

            D'Estrées, Thury, Candale,

            Le Comte de Tot;

D'Humiere, la Feuillade,

            Le Marquis d'Hector;

Vardes, Bouillon, Damville,

Mirepoix, Moret, Leuville,

D'Alluy, Crequis et Saucour,

Et le Prince d'Harcour.

 

Nous voyons prez de Vialart,  ou Vilarte

Un animal, beste de Compagnie

            Le fils d'une truye,

            Qui est gros à l'art.

Ce beau mignon adore une maîtresse,

Qui pour charmer à besoin de sa graisse.

            Dedans la différence

 De leurs agrémens

Que croyez vous qu'on pense

De ces deux amans?

On  dit que pour la peine

D'avoir bien servy Chimene,

Chimene engraissera

Le pourceau maigrira.

 

[113]

 

Chanson

1667

Sur l'air: Ton relon ton ton.

 

Sur Madame de Hauterive.

 

Un Tabouret mettoit son cu à laise;

Mais son voisin en êtoit-il mieux? non.

Vigner me dit hélas! s'il est en braise

Je l'éteindray mieux que Chaunes & Tournon.

Ton relon ton taine, ton ton.

 

 

[115]

 

Chanson

1667

Sur l'air: Reveillez vous belle endormi

 

Sur le mariage de la Duchesse de Chaunes*       * Neuville-Villeroy

avec le Marquis d'hauterive (Vignier)

 

C'est à mon gré peu justement,

Qu'on blâme une Duchesse illustre;

D'avoir quitté pour son amant

Le Tabouret & le Balustre.

 

Quoique l'on en dise à la Cour,

Et quoique l'on en détermine;

Je tiens que fourure d'amour,

Vaut mieux que fourure d'hermite.

 

Que l'honneur n'est qu'un peu de vent,

Et qu'il n'est Dame si fiére,

Qui pour le plaisir du devant,

Ne quitte l'aise du derriere.

 

Sur le même sujet

1667

 

Ce Cadena plein de grandeurs,

S'il eût êté mis à la porte

Par où sont sortis tant d'honneurs,

Amour n'auroit jamais triomphé de la sorte.

 

[117]

Année 1668

 

[119]

Chanson

1668

Sur l'air de Graveline

 

La Dame d'honneur de la Reine,                        Mad.e de Montausier

La Gouvernante du Dauphin,                              Mad.e de la Mothe.

Infectent tout de leur haleine,

Depuis le soir jusqu'au matin.

Qui les baiseroit à la bouche?

Si ce n'est le grand Prevost de Sourche.

 

Si la Chaudepisse de Meille

Fait tant de vacarme aujourd'huy

Il ne faut pas qu'on s'esmerveille,

Sa maîtresse l'a comme lui.

Le plaisant de leur destinée,

C'est qu'ils ne se l'ont pas donnée.

 

[121]

Chanson

1668

Sur l'air: La bergere d'Angleterre etc.

 

La Bergere d'Angleterre.

Dans Saint Clou s'en va chantant.

Est-ce une si grande affaire

Que d'avoir fait un amant?

Vous souvient il bien ma mere- Et a vous ma belle mere

Du Comte de Saint Alban*? - De Julle et de Bonkinquan     *Autrement Milord Germain

 

Dans Amiens, de nuit obscure,                             Bouquinkan.

Dans un jardin de plaisir,

Il vous fit mainte escorchure

Disant adieu à loisir,

Il finit vôtre avanture,

Et non pas vôtre plaisir.

 

Hé bien dit A.........d'A...........         Anne d'Autriche

Prenez donc le grand Saucour;

Car vôtre Comte de Guiche

Trop souvent demeure court;

Mazarin quoique tres chiche

Ne l'estoit point en amour.

 

Vous faites bien la bigotte,

Vous donnes de dures Loix.

Laissez moy trousser ma cotte

Comme vous fites autrefois,

Et puis je seray dévotte

Quand je n'auray plus mes mois.

 

Il est vray je suis lubrique,

Je ne puis rien refuser;

Mais M.r............. branle la pique       d'Orleans

Et ne me veut point baiser,

Cet exemple domestique

Me devroit bien excuser.

 

[123]

 

Chanson

1668

Sur l'air: La bergere  Celimene/ d'Angleterre etc.

 

Bussy fit cette Chanson avec Mad.lle de Montpensier.

 

Le vicomte de Turenne

A donné bien des Combats:

S'il les a gagnez Climene,

Ne vous en informez pas.

Suffit que ce Capitaine

Au servy beaucoup d'Estats.

 

Autre

1668

Sur l'air des Ennuyeux.

 

Sur Mr. de Louvois.

 

Avoir la mine de Louvois,

Et son visage d'yvrogne.

Qui pourroit croire en bonne foy,

Qu'un homme à si vilaine trogne,

Fut par son esprit sans pareille

L'Intelligence du Soleil?

 

Il etoit grand homme d'Estat

Dés sa plus tendre/pleniere adolescence;

Jamais ne fut Chef ny soldat,

Pourtant il en a la science.

Et si l'on veut croire le Roy,

Rien n'est égal au gros Louvois.

 

Condé de qui l'on parle tant.

Le Sage & renommé Turenne;

aprés tout n'ont rien de si grand.

Ce sont des Chefs à la douzaine;

Et l'on ne void rien chez le Roy

Qui soit égal au gros Louvois.

 

[125]

 

Chanson

1668

Sur l'air des Triolets

 

Lorsque le Comte d'Harcourt tenoit la Bouille, les Troupes de Mr. de Longueville y marcherent inutilement, et les camperent à Moulineaux à moitié chemin et n'en bougerent. Cette guerre de Moulineaux ne dura qu'une nuit, car cette Armée voyant qu'il faisoit grand froid, revint tous cours se chauffer chacun chez soy: On en pouvoit faire une piece avec la regle de 24 heures.

 

A nôtre Camp de Moulineaux

Où tous Manchons furent de mise;                   temps des Manchons introduits à Rouen.

On ne joua point des Coûteaux,

A notre Camp de Moulineaux,

En justeaucorps fourez de peaux,

Fimes la guerre au vent de bize,

A nôtre Camp de Moulineaux,

Où tous Manchons furent de mise.

 

                       Les Officiers Géneraux de l'Armée etoient,

Le Comte de Fiesques,

Le Marquis d'Ector, St. Ibal.

Le Marquis de Matignon.

Au Fonville Vieupont,

Cumenil,

Baucole Normanville,

St. Evremont

Frauctor -Barberousse/Querquebut

Campion.

Sevigny.

Ruqueville.

Fonteraille.

Varicarville

Le Duc de Rethel qui arriva avec un Page assés à temps pour voir la grande occasion de la Bouille.

 

 

[127]

 

Chapelle escrivant au Chtr de Lorraine aprés la Conqueste de la Franchecomté.

1668

Non non, pour mettre en seureté

            A l'abrie de l'eternité

Ces prodiges que la mémoire

Consacre à l'immortalité;

            Il faudra de nécessité

Qu'une simple et modeste histoire,

Rende un compte exacte de ta gloire

            A toute la postérité;

            Encore en sera-t'il douté;

Car mon Prince on a peine a croire

            Ce qui ne peut être imité.

 

 

Chanson

1668

Sur l'air sy d'une fievre ou d'une Colique.

 

Quoi! branlerez vous toujours la Pique               cette Chanson s'adresse à Monsieur

A ce beau Monsieur de Montmouth?

Scavez vous que votre femme il f........?               feue Madame

Pardieu vous le rendrez Ethique

Si vous le poussez l'un et l'autre àbout.

 

[129]

 

Chanson

1668

Sur l'air...........

 

Par M.r de Turenne pour Madame, sur un  Esclipse qu'un hermite de Fontainebleau avoit invité d'aller voir dans son hermitage sur une hauteur. On ne trouva point l'hermite chez luy, et l'esclipse ne parût point.

 

Philis m'aimoit, elle a changé,

Son coeur est infidelle;

Mais sa beauté m'en a vangé,

Elle a changé comme elle.

 

Ainsi qu'Agnez, et le corps mort,

Madame, ce me semble,

L'Esclipse et l'Hermite d'accord,

S'en sont allez ensemble.

 

 

Autre

Sur le même Air.

 

                       Sur ce que feüe Madame à St. Clou prenoit plaisir d'aller eveiller dés le point du jour, toutes les Dames de la Cour.

 

Dés les 4 heures du matin Madame se reveille.

 

Aprés Madame monte en haut,

Dans la Chambre des belles;

Ce n'est pas le premier repos

Qui soit troublé par Elle.

 

[131]

Chanson

1668

Sur l'air...............

 

Du Bouchet enrage

Qu'elle n'a point d'argent.

Son C.......est engage

Pour un Escu blanc.

 

Qui Diable le dégage

Si ce n'est Grignan.

Il fait sa décharge

Dans son trou puant.

 

[133]

Chanson

1668

Sur l'air de Jean de vert.

 

Ha! que j'aime le célibat,

Et soin du mariage,

C'est un morceau bien délicat

Qu'un joly pucelage.

Tel qui croit l'avoir attrapé

N'en a souvent non plus tâté

Que Jean de vert.

 

 

Autre

1668

Sur l'air. Je suis Janseniste moy.

 

Sur la Paix de l'Eglise en 1668.

 

Quoi! dit Annat, le Pape avec son foudre

            Tremble dans ses projets?

Lui qui pouvoit réduire tout en poudre,

            Vient de faire la paix.

Par mon bonnet le Pape est mal habille.

            Je veux un Conseille moy,

                       Je veux un Conseille.

Le deffunt Pape entendoit mieux la guerre

            Et l'ordre des Combats.

A tous momens il rouloit son Tonnerre,

            Et faisoit du fracas;

Mais ce Clément* qui n'a pû se deffendre;     * Clement IX se nommoit Rospigliosi.

            N'est pas Alexandre* luy.     bis                * Alexandre VII de la Maison de Chigi.

 

J'avois tâché par une adresse extrême

            De me gagner le Roy;

Mais cet esprit veut tout faire soy même

            Ne se fiant qu'à soy;

Et l'on void bien par cette paix sinistre,

            Qu'il est sans Ministre lui.  bis   

 

[135]

 

Chanson

1668

Sur l'air de l'Echelle du Temple.

 

Sur le Duc de Monmout fils natuel du Roy d'Angleterre, bien fait, mais de peu d'esprit.

 

Les Dames se servent de tout

Pour faire honneur au beau Monmout;

Elles sont toujours sous les Armes.

Iris pour le bien recevoir,

Il falloit lui montrer vos charmes,

Rien n'est meilleur a faire voir.

 

Son coeur est sensible à l'amour,

Et s'il arrive quelque jour

Qu'il vous rencontre sur sa route;

Charles aura beau le presser,

La mer lui paroistra sans doute

Bien difficile a repasser.

 

Qu'il parcoure tous les climats,

Qu'il cherche à signaler son bras

Parmy les horreurs de la guerre,

Qu'il vole au péril en tous lieux.

Il ne verra rien sur la terre,

Plus a craindre que vos beaux yeux.

 

 

[137]

 

Sonnet

1668

Sur le retour du Roy aprés ses Conquestes

 de la Franchecomté.

 

Venez de vos Exploits, venés goûter le prix,

La guerre et ses Lauriers ont deu vous satisfaire.

Cherchez, jeune héros, ailleurs de quoi vous plaire,

C'est assez de combats, et de peuples soûmis.

 

Triomphez un peu moins, qu'il ne vous est permis;

Réservez au printemps des Conquestes à faire;

Donnez à vôtre bras le repos nécessaire,

Et doux à vos sujets, comme à vos Ennemis.

 

Cette même valeur, qui durant la Campagne

A porté tant d'effroy, jusqu'au coeur de l'Espagne,

A fait aussi frémir la France mille fois.

 

Toutes deux ont deu craindre, en faveur de leurs Princes;

Mais l'Espagne n'a craint que pour quelques Provinces

Et la France a tremblé pour le plus grand des Rois.

 

 

Autre

1668

A M.r le Prince sur la naissance du Duc

de Bourbon son petits fils né le 11 Octobre

1668.

 

Prince le plus pur sang, n'est pas le plus fertile,

Ne demandez jamais plus de fécondité;

On ne va point en foule à l'immortalité.

Alexandre & Cezar n'eurent qu'un sang stérille.

 

On voit de vos pareils un féconf entre mille,

Le reste eschape a peine à la stérilité,

Et sans se diviser dans la postérité,

De héros en heros jusques à la fin défille.

 

Condé tu n'as qu'un fils, d'Anghien tu n'en as qu'un

Avec ce demy Dieu ce sort vous est commun;

Votre race est illustre, et n'est pas inféconde.

 

Vous avez fait assés pour ne jamais mourir,

Par de simples mortels, laissez peupler le monde,

Heros! vous ne naissez que pour conquérir.

 

[139]

Chanson

1668

Sur l'air: ha! Mr. Le Capitaine.

 

Sur Mgr. le Dauphin.

 

Sire, donnés une Espée

A Monseigneur le Dauphin;

Il ne veut plus de poupée,

Sire, donnés lui une Espée.

Jamais Coezar ny Pompée

Ne l'eurent si bien en main.

Sire, donnéz une Espée

A Monseigneur le Dauphin.

 

Sonnet

1668

Sur le choix qu'à fait le Roy, de la

 personne du Duc de Montausier, pour estre

Gouverneur de M.r le Dauphin.

 

Ta solide vertu fait pancher la balance,

L'enfant né pour regner est soumis à tes Loix.

Plus ton Roy consulte, plus on prise son choix,

Il prouve ton mérite et montre ta prudence.

 

Que sont les dignitez quand le sort le dispense,

Qu'une charge aux sujets, et qu'un reproche aux Rois?

Les vertus sous Louis, décident des Emplois,

Sa raison examine, et sa main récompense.

 

Ton Esprit formera par tes talens divers

un successeur au Prince, un maître à l'univers;

A ses peuples Clément, à soy même contraire.

 

Travailles sur le plan que Julie a tracé;

Elle instruisoit le fils sur l'exemple du Pere;

C'est à toy d'achever cequ'elle a commencé.

 

[141]

Chanson

1668

Sur l'air: D'un pauvre coeur

ou Croyez moy hastons nous ma Silvie.

 

Si le Roy te préfere à Turenne,

Grand Condé, ne t'en étonne plus;

Il est sage, et fort bon Capitaine,

Et jamais un autre ne l'entraisne,

Comme ton fils à Tholus.

Quelle honte au milieu des Combats

Que le fils fasse suivre le pere!

Trop heureux de marcher sur ses pas,

C'est beaucoup s'il le pouvoit faire;

Mais je crois qu'il ne le fera pas.

 

 

Autre

1668

Sur l'air

 

Pour feu Madame.

 

 

Que de coups belle Princesse,

            Vos yeux doux,

            Lancent sur nous!

Si le rang du sans nous* deffend la tendresse.          * Mr. de Montmouth

            Peut on pas, helas!

            Soupirer tout bas!

 

[143]

Chanson

1668

Sur l'air d'un pauvre coeur,

 ou croyez moy hastons nous ma Silvie.

 

D'un amant la plus grande furie,

Tout au plus ne dura que deux jours.

Entre nous folle qui s'y fie;

Il n'est plus de Roy d'Ethiopie,

Et tout Paris n'au produit qu'un Saucour.

D'un amant il fait suivre les Loix,

Et jeûner quand il fait abstinence,

Ou s'en prendre au plus long de ses doigts.

Scavez vous cequi fait l'inconstance?

C'est qu'un seul ne fait pas tant que trois.

 

 

Autre

1668

Sur l'air.....

 

Dans le temps de la Conqueste de la Franchecomté en hiver de 1668.

Ce Couplet est dit on de Mr. de Coulanges.

 

Quoi! camper en toute saison?

L'hiver et l'Esté tirer du Canon?

            Les Coezards et les Scipions

Donnoient l'hiver aleurs belles, diton.

 

 

Autre sur le même sujet

Sur l'air: Taisez vous Coquette de Paris.

 

Puissant Roy, merveille de nos ans,

Qui scavez avancer le printems;

Prenez un peu pitié de nos belles,

Et faites voir aux yeux de l'univers,

Que vous scavez, et pour vous, et pour elles,

Faire de même avancer les hivers.

 

[145]

 

Portrait

1668

de Mr. le Prince de Condé

 

            J'ay le coeur comme la naissance;

Je porte dans les yeux un feu vif et brillant

            J'ay de la Foy et de la constance.

Je suis prompt, je suis fier, généreux, &, vaillant,

            Rien n'est comparable à ma gloire,

Les plus fameux héros, qui soient dedans l'histoire,

            Ne me le scauroient disputer;

            Si je n'ay pas une Couronne,

            C'est la fortune qui les donne,

            Il suffit de la mériter.

 

[147]

Année 1669

 

[149]

 

Chanson

1669

Sur l'air: O gay.

 

On dit que Miledy Gourdon

A bien plus d'une aune de C.....

Qu'elle en ait un cent,

Ou bien un arpent,

Il ne m'importe guere.

Je seray toujours fort content,

Si je ne la f....... guère ny Flais,        Fleix

Si je ne la f....... guere.

 

Dedans Bordeaux quelquefois,    ville

On fait l'amour/le cours dans un bois.

Là mille ruisseaux

Répandent leurs Eaux

Dans la grande riviere

Et l'Etalon dedans le préau,

Sangle la pouliniere o gay,

Sangle la pouliniere.

 

Dans cet aimable séjour

Tout le monde y fait l'amour,

Jamais la rigeur,

N'occupe le coeur

Dedans cette Province;

Et quand les Feves y sont en fleur;

C'est un plaisir de Prince, o gay,

C'est un plaisir de Prince.

Malgré les beautez d'Erbault,

La Comtesse a dit tout haut.

Veut on m'obliger?

Il faut déloger,

Ou je seray malade.

Je ne puis être sans m'affliger

Loin de mon camarade, o gay,

Loin de mon Camarade.

 

Pour quitter cette maison,

Il faut plus d'une raison.

Disons franchement

Nôtre sentiment,

Et Est-ce le sujet qui me presse

De m'en retourner promptement.

C'est pour voir ma Princesse guay

C'est pour voir ma Princesse.

 

Dieu nous garde d'aller diner

Chez le Chevalier du Rancher;

On y meurt de faim

Dans des plats d'Estain,

[151]

De si mauvaise mine,

Que Job en son vivant si saint,

Eut maudit sa cuisine, de chien,

Eut maudit sa Cuisine.

 

Pour la soupe à Genouillac,

C'est poison sur l'Estomac.

Là pour tout ragout,

Une feuille de Chou.

Couvroit un poulet maigre,

Asaisonné d'un pauvre Clou,

Et d'un peu de vinaigre, o gay,

Et d'un peu de vinaigre.

 

Autre

1669

Sur l'air de Monsieur le Duc de Beaufort

 

Comme un enfant malheureux

Que sa mere abandonne;

L'amour les larmes aux yeux

S'en va criant en tous lieux

D'Olonne, d'Olonne, d'Olonne.

 

 

[153]

 

Chanson

1669

Sur l'air...........

 

            Vous pouvez danser & rire,

            Fosseuse, avec liberté,

            Chez vous même en toute liberté;

               Mais l'on a beau dire;

Les petits enfans en vont bien mieux a dada.

Quand ils sont un peu loin de leur papa.

 

 

Autre

1669

Sur l'air des Rochelois, ou Enfans de Bachus et d'amour.

 

Est il bien vray qu'un médisant

Ait dit, les Coches d'Orleans

Estre ouvrage de feu Chapelle?

Ma foy c'est bien d'un autre Auteur;

C'est de Messire la Chapelle,

Maltotier, Baron et rimeur.

[155]

Chanson

1669

Sur l'air.....

Le rendez vous du beau monde,

Montglas, n'est plus que chés vous.

Et là chacun se fait les yeux doux,

         Sans qu'on s'y morfonde.

Prés de vous l'un parle haut, l'aure parle bas,

L'on s'y chauffe, & l'on ne sy brûle pas.

 

Par vous Brégis, que de reproche!

Vous n'aimez homme vivant,

Et vous ne souffrez guere souvent,

         Qu'aucun vous aproche.

C'est cequi vous fait voir, même à contrecoeur,

Le retour de Monsieur l'Ambassadeur.    

                                                     C'estoit son mary Ambassadeur en Pologne.

 

 

Autre

1669

Sur l'air.....

 

Sur la St. Germain..

 

De la St. Germain le cul

Est si bordé de l'aine,

Que Mortemart l'ayant veu,

S'cria comme un perdu

Rangaine, rangaine.

 

 

[157]

Chanson

Sur l'air la Princesse d'Angleterre.

1669

Montalez & Barbezieres

Au Couvent s'en vont chantant

Maudit soit la Reyne mere.

Et d'un ton fort éclatant.

Elles disent à la Valiere

A l'oeil il t'enpend autant.

 

 

Autre

 

1669

Sur l'air des Triolets

 

 

Sur N............ de Rochechouart Commandeur de Jars.

 

Monsieur le Commandeur de Jars,

Vous plaisantés à toute outrance.

Vous êtes confit en brocards

Monsieur le Commandeur de Jars,

Et vous discourés comme un Jars

Qu'on apelle un Oison en France

Monsieur le Commandeur de Jars

Vous plaisantés à toute outrance.

 

 

[159]

 

Chanson

 

1669

Sur l'air.....

 

Par feüe Madame pour le Comte de Guiche.

Air, et parolles faites sur son Clavessin.

 

Tout ceque l'on voit au monde

Ne respire que l'amour,

L'Onde amoureuse de l'Onde,

La suit et lui fait sa Cour.

Les aimables violettes,

Qui renaissent tous les ans,

Ne sont cepas les amourettes

Du zéhir, et du printemps?

 

[161]

Chanson

1669

Sur l'air des Contreveritez.

 

Crequy est coquette,

De Luynes est folette,

Vibraye a quantité d'amans;

Mais pour la Saint Geran

Chacun la rebutte,

Car elle à cent ans,

Sully a l'esprit par trop brutte,

Maré est sans dents.

 

Montalais est trop fiere,

...................................................Il y a icy un vers d'obmis.

Artigny me plait fort;

J'estime Barbeziere;

Mais ma foy j'aurois tort

D'oublier la Valiere;

L'on diroit qu'en appas,

Je ne me connoitrois pas.

 

 

Autre

1669

Sur l'air.......

 

Ce Couplet de Mr. Dangeau pour Mad' de Louvois.

 

Iris ménagez ma constance

Avec un peu plus de douceur;

Ce n'est pas seulement l'absence

Qui me fait mourir en langueur;

Hélas! c'est le peu d'espérance,

Que j'ay de toucher vôtre coeur.

 

[163]

 

Chanson

1669

Sur l'air: Aimons, aimons tout nous y convie

 

Rions Chantons, faisons bonne chere,

Notre Monarque vainqueur

A pris pour son Confesseur

Un Jesuitte, homme severe;

Qui permet que dans un an,

Nous verrons la Montespan,        Pardaillan.

Compagne de la Valliere              Le Baume le Blanc.

 

Vrayment vrayment Elle est bien jolie,             Madame de Sully.

Tandis qu’Elle aime un amant,

L’Epoux fait incessamment

Tout le Malheur de sa vie,

Et d’un air tranquille et doux

Elle revient à l’Epoux

Sitost que l’amant s’ennuye.

[165]

Sonnet

Sur la mort de la Reine d’Angleterre.

 

Le croiriez vous race future!

Que la fille du Grand Henry,

Avec un Grand Roy son mary

Ait souffert la derniere injure?

 

Quel fut donc ce funeste augure,

D’un mariage si chéry,

Que l’un et l’autre soit péry

Par une si triste avanture?

 

Tous deux par la main d’un bourreau

Sont précipitez au Tombeau,

D’un des hauts trosnes de la terre,

 

Cromwel fut du Roy l’assassin;

Mais pour le Reyne d’Angleterre

Son bourreau fut son Medecin.

 

[167]

Epigramme

1669

Sur le même sujet que le Sonnet précédent.

 

Carnificum periere manu, rex Anglus et uxor,

Sustulit hanc Cromwel, sustulit hanc medicus.

 

[169]

 

Sur le mariage manqué de Mad.lle

De Sévigné et du Comte d’Estauges.

1669

Iris n’espouse point Valere,

En voicy la cause, en un mot,

C’est qu’il est déja fort grand sot,

Et c’est ce qu’elle en vouloit faire.

 

 

1669

Sur le mariage de Francoise-Marguerite

de Sévigné, avec François Adhemar- de

Monteil Comte de Grignan, Lieutenant gnal

pour le Roy en Provence, du 28 Jan. er 1669.

 

Iris a peur qu’au premier jour,

L’himen plus puissant que l’amour

N’enleve ses tresors sans qu’elle ose s’en plaindre;

Elle a négligé mes avis.

Si la belle les eut suivis,

Elle n’auroit plus rien a craindre.

 

[171]

 

Stances

1669

Pour M. le Dauphin, qui avoit commandé

à l’Auteur de faire des vers pour luy.

 

Je suis digne fils d’un grand Roy,

Connu sur la terre et sur l’Onde;

Des vers aussi jolis que moy

Seroient les plus jolis du monde.

 

Je n’ay point encore d’amour,

Et je n’en veux point de commune;

Mais j’espere que quelque jour,

J’auray deux maîtresses pour une.

 

Je ne craindray point les rigueur,

Nous ferons une belle histoire;

Leur nom est déja dans mon coeur,

Ce sont la raison et la gloire.

 

Il me semble que je les voy

Qui m’apellent, et qui m’attendent;

Je veux faire comme le Roy,

Qui fait tout ce qu’elles commandent.

 

[173]

Chanson

1669

Sur l’air: Du gand Saucour.

 

Sur le Marquis de Soyecour Grand Veneur de France, d’une grande reputation pour ses Exploits, et sa grande vigueur avec les Dames.

 

Saucour qu’on publie

Si vaillant aujourd’huy,

Est digne d’envie;

Puisqu’on ne peut sans lui

Faire une bonne rime;

Mais enfin saucour,

            A la Cour,

            Tant en estime,

Ne sert pourtant que de Rime à l’amour.

 

 

Autre

1669

Sur le mesme air.

 

Mr. Talon Avocat gnal du Parlement.

 

Talon le Cinique

Dessus les fleurs de Lis,

Est bien plus critique

Qu’aprés de sa Philis,

Chantant sur sa Timballe

La nuit et la jour

         Qu’en amour,

         La Mareschale,

Le fait aller de pair avec saucour.       Soyecour

 

[175]

 

Autre

1669

Sur le mesme air

Sur Mr. de Mortemar.

 

Mortemar le faune

Aime la Tambonneau:

Elle est un peu jaune,

Aussi n’est il pas beau.

Dessus son Lut il pince,

Luy disant mamour,

            En amour

            L’esprit est mince

Si l’on n’agit comme le grand Saucour.

 

Le Duc de Montemart, très vieux, étoit en commerce avec la Presidente de Tambonneau: il étoit prer de Mad.e de Montespan, maitresse de Louis XIV après M.de de la Valliere.

 

 

Autre

1669

Sur le mesme air

 

Beauvais la borgnesse        Elle étoit une femme de chambre et favorite de la Reine,

Embrassant Fromenteau,   elle étoit laide et borgne, mais elle payoit bien ses amans.

Disoit de tendresse,

Enfle ton Chalumeau,

Et chantons sur nos Orgues,

La nuit & le jour,

            Nôtre amour,

            Qui fait la morgue

A tout Paris, et même au grand Saucour.

 

La Marquise veuve,      La Marquise de Richelieu.

Et son frère l’Abbé;       L’Abbé de Richelieu.

Aprés mainte espreuve

Montent sur le Jubé,

Et font dire à leurs Cloches

Chacun à leur tour,

            Que l’amour

            De ses plus proches,

Est plus friand que celuy de Saucour.

[177]

 

 

Autre

1669

Sur le même air

 

La courte Fayette,

Et la Rochefoucault*- Le berger Foucaut            *M le Duc de la Rochefoucault.

Font  l’historiette

De Macé et Gombault;

Chantant dessus leur Lire,

La nuit et le jour,

            Qu’en amour

            Il faut escrire,

Et puis agir comme le grand Saucour.

 

Le Pastoureau Vardes,     du Bec, Cap.ne des Cent. Suisses

Et la Nimphe Soissons;       Soissons

Tous deux se regarde

D’une tendre façon,

Et chantent sur leur Fifre

La nuit, et le jour

            Qu’en amour

            L’on est bien pifre,

Si l’on ne fait comme le grand Saucour.

 

Le Comte de Guiche       Le Comte de Guiche, fils du Duc de Gramont; l’Abbé de Longu

Disoit à Manican,            Longueval-Manican, deux B….gres insignes.

Faisons quelque niche

Qui fasse du Cancan,

Chantons sur nos Timballes

La nuit et le jour,

            Qu’à la Cour

            Nôtre caballe

Fait plus de bruit que celle de Saucour.

 

Le Comte de Guiche            Il commandoit les Armées du Roy à Metz. Il y receut la

Recevant sa moitié,              femme avec grande magnificence, qui l’alla cherché

Courur comme une biche     jusques là.

Luy dire en amitié.

Voicy tous mes Gensdarmes,

Et toute ma Cour;

            Mais en amour

            Je n’ay point d’armes.

 

Pour vous servir comme le grand Saucour.

 

De Flez se contente                   La Comtesse de Flez fait le Duc de Foix en plaisantant.

De vivre à bon marché,

Le prix l’épouvante.

Bien plus que le péché; Et non pas le péché,

C’est pourquoi l’on ignore

Quel est son amour,

            A la Cour;

            Car Elle adore

Un gros vallet qui vaut mieux que Saucour.

 

[179]

 

Autre

1669

Sur le même air

 

Contenter la Reyne,               Marie-Thereze d’Autriche.

Dans l’amoureux deduit

Et tout d’une haleine,

Du travail de la nuit

Allez chez la Valliere           La Baume le Blanc.

Passer tout le jour,

            En amour,

            Pareille affaire,

Estonneroit un peu le grand Saucour.

 

Autre

1669

Sur le même air

 

Sur le Ch.er de Lorraine, & le Chtr

De Coaslin (du Cambout)

 

Le Berger Lorraine,

Et le berge Coaslin.

Tous tous deux hors d’haleine,

Avec leur jeu de main,

Tenant leur Cornemuse;

Disent tour à tour

            Qu’en amour

            L’on est bien buse,

Si l’on ne fait comme le grand Saucour.

 

[181]

 

Autre

1669

Sur le même Air

 

Sur Pierre Seguier Chan.er de France

qui avoit le priapisme à 80 ans.

 

Dedans la prairie

Le vieux berger Pierrot;

Dessus sa Chalemie

Faisoit danser Margot.

D’une mine severe

Luy disoit mamour,

            Ala Cour

C’est bien peu faire

Si l’on ne fait comme le grand Saucour.

 

La Nimphe d’Escure,

Et le berger d’Aluye;

Tous deux en posture

D’aleger leur ennui,

Chantent sur leur Musette

La nuit et le jour

            Que l’amour

            D’une brunette,

D’un vray Langez peut faire un grand Saucour.   

Langeais demarié pour impuissance.

 

Espernon tu fais rage  Espernon

Et dans le doux séjour

De nôtre marescage,

Tu est le Coq d’amour.

Il n’est point de Coquette

La nuit et le jour,

            Tour à tour

            Qui ne proteste

Que tu vaus mieux mille fois que Saucour.

 

Ton ame est libéralle

Dans tes emportemens;

Tu aimes à la Royalle,

Et donne librement;

Mais faut il qu’une sotte,

La Nuit et le Jour,

            En amour,

Soit tu Marotte?

Et qu’on te trouve avec Elle à Pincour.

 

[183]

 

Autre

1669

Sur le même Air

 

Le petit Coulange

Avec sa moitié,

Vit comme un arcange

En grande pureté;

Chantant sur sa Musette

La nuit et le jour,

            Qu’en amour

            Son Alumette

Prend bien moins feu que celle de Saucour.

 

La Nimphe Romere,

Et sa chere Bordeaux

Ne se souvient guere

Des petits ny des gros,

Disent en grattant leur motte

Chacune à leur tour.

            Qu’en amour

            On est bien sotte

D’aller chercher si loin un grand Saucour.

 

[183]

 

Autre

1669

Sur le même air

 

Romere l’ingratte

Abandonne Givry,

Sa taille delicatte

A trop souffert sous lui.

Elle a cette infidelle

En C…..et en C……..

Trop fout……..

Elle veut, dit Elle,

Un V….. plus gros, et un amant plus menu.

 

[185]

 

 

Autre

1669

Sur le même air

 

Villette la blonde,

Embrassant son Vedeau,

Dit à tout le monde.

Hé quoi! N’est il pas beau?

Il est jeune, il est riche;

Il a de l’amour

            Nuit et jour,

Il n’est point chiche,

Il fait fort bien ce qu’on dit de Saucour.

 

Autre

1669

Sur le même air

 

La Nimphe Laulne/*Losne               *D’Olonne   

Disoir à son berger

L’eût tu long d’une aulne,

J’ay de quoy le loger;

Ne t’en mets point en peine.

La nuit et le jour,

            En amour,

            Une douzaine,

Y sont passez de pair avec Saucour.

 

La Nimphe Cléonte,

Et la Nimphe Lolot,

N’auroient point de honte,

De prendre le gros lot,

Dedans la Lotterie,

Qu’on fait à la Cour,

            En amour,

            Où chacun crie,

Le bon Billet sera le grand Saucour.  

 

[187]

Autre

1669

Sur le même air

 

La jeune Alfonsine

Dans son chien de Betan/Bezon*,      Alphonsine de Benty Mad.e la Comtesse

Est triste et Chagrine,                          de Choiseuil.

Et c’est avec raison,                                  * Terre en Espagne.

Le coeur rempli de rage

Déteste le jour,

            Que l’amour,

            Du mariage

Lui fit trouver contrepied de Saucourt.

 

 

Autre

Sur le même air.

 

Charmante Princesse,          Mad.lle de Murinais mariée au Procureur general

Eloigné de vos yeux               du Parlement de Bretagne.

Qu’on a de tristesse;

Mais on aime encore mieux

Verser icy des larmes

Loin des traits vainqueurs,

            Dont nos coeurs

            Sentent les charmes.

Qu’avoir entiers un des Ambassadeurs.

 

 

Autre

1669

Sur le même air

 

La jeune Marquise

Et d’Agde son parent; L’Evesque (Fouquet)

Quoiqu’on en médise,

Soulagent leur tourment,

Chantant d’un ton d’Epitre

La nuit et le jour

            Que l’amour

            Malgré la Mitre,

D’un grand Prélat fait fort bien un saucourt.

 

Iris me questionne

En me voyant tout nu.

Qui fait mieux la besogne

D’un gros, ou d’un menu?

Ô la sotte demande!

Deadans le deduit

            Un bon V…….

            Pourveu qu’il b…..de,

T’importe t’il qu’il soit gros ou petit?

 

[189]

 

Chanson

1669

Sur l’air. Du grand Saucour

 

Le vieux Lesdiguieres            Le Duc de Lesdiguieres mort en 1677 âgé de 77ans.

Et la Nimphe Laurent;

Disoit, je n’en fais gueres;

Car je suis du vieux temps

Plaignant sa destinée.

Il dit chaque jour,

            La mamour

            Que n’est tu née

Du temps que je passois le grand Saucour.

 

Valencé la Chauve

Et Bellebat l’Abbé,

Font dans leur alcove

Comme un bien disrobe,

Ce qu’on fait d’ordinaire

Quand on fait l’amour

            A la Cour;

            Mais leur misère,

C’est de ne pouvoir imiter saucour.

 

Le Mareschal d’Estrées

Caresse Manican,

A quatre vingt années                      Le vieux Marechal d’Estrées epousa M.lle de

                                                          Manican fille du Lieutenant Général.

 

Lui vient faire un Enfant,

Jurant comme un hermitte

La nuit et le jour

            Qu’en amour

            La Carmélite

Le fait aller du pair avec Saucour.

 

Libera la Tranette

Avec ses mouvemens

Au son des Castagnette

Engage mille amans,

Et dit en leur presence

La nuit et le jour

            Qu’en amour,

            Point de cadence

Si l’on ne danse avec le grand Saucour.

 

[191]

 

Autre

1669

Sur le même air

 

La Nimphe Gouville,

Et la Nimphe Tillet :

Toutes deux habile

A garder le secret

Sur ces grandes merveilles

Qu’on dit de Saucour,

            A la Cour,

            Car ces deux belles

En ont tâté chacune à leur tour.

 

 

Autre

1669

Sur le même air

 

La Nimphe Sabine

Dit au berger Hylas;

Je suis assez fine,

Et feins de ne voir pas

Toutes les tricheries

Qu’on fait à la Cour,

            En amour

            Sans raillerie,

Songez à vous, car chacun à son tour.

 

[193]

Chanson

1669

Sur l’air…..

 

Contrevéritez sur la Maison du Roy.

 

Les Gardes sont braves,

            Les Gensdarmes graves.

Les Chevaux Legers indigens,

Les Escossois sont gens de bonne mine,

            Et remplis d’Argent;

Les Dauphins jamais ne rapinent

            Chez les Paysans.

 

            Le Mousqueterie

            N’eut jamais d’envie,

De friponner son compagnon;

            Ce sont gens de raison;

            Fuyants la folie.

            Le vin et Nanon;

Rien n’est plus beau que leur vice,

            Pas un n’est gascon.

 

 

Autre

1669

Sur l’air des Contreverités.

 

De Sault n’est pas brave,

Roannes est trop grave,  La Feuillade.

Gramont n’a point l’esprit présent,

Sanguin est complaisant,

+                                         + D’Estrées est trop rude.

Saucour Impuissant,

Ventadour a beaucoup d’etude,

Et l’esprit plaisant.

 

[195]

Sur Mr. de Tresmes.

1669

De Tresmes dans ses Titres baille

Pour marque de son noble sang.

Un Tombeau de pierre de taille

Au Charnier de St. Innocent.

Un chacun m’apelle Potier,

Arriere fils d’un Pelletier;

De plus loing je ne scay ma race.

De Mars ne proviennent mes biens,

Si poltrons furent tous les miens.

Je desire suivre leur trace.

 

 

Chanson

Sur l’air des Contrevéritez

1669

Sur Mr. de Nogent

 

Que j’aime ce page

Fait au badinage

Bon Dieu qu’il est intelligent!

Tantôt il est agent,

Dans son personnage,

Tantôt patient

Propre à tout usage.

Il es de Nosgents.

 

[197]

 

Chanson

1669

Sur l’air: Or nous dites marie.

 

Or nous dites mamie

Vous souvient il qu'un foir

Dedans ma gallerie,

Je vous fis le devoir?

Il est vray que me mîtes

Le cul sur un placet;

Mais tout ce que me fites

Ne fut qu'a V.........mollet.

 

Mais dites nous mamie,

Un soir dedans mon lit,

D'une façon hardie,

Prites vous pas mon v.....?

Je jure par Saint George

L'avoir pris maintefois;

Mais il n'a rendu gorge

Jamais qu'entre mes doigts.

 

Or dites je vous prie,

Et en quelle façon

Vous fûtes élargie

Jusqu'a l'entrefesson?

Ce fut un godemiche/ certaine affaire

Couvert d'un fin velours,

Fait par l'Apoticaire

De Monsieur de Nemours.

 

Mais dites nous mamie

Si dedans le Congrés,

Vous êtes bien fourbie.

Que direz vous aprés?

Je diray que vous êtes

Mon cher amy l'Archer,

Et non plus cette beste

Qui ne pouvoit baiser.

 

 

[199]

Chanson

1669

Sur l’air: Laissez paître vos bestes.

 

Villeroy je le confesse

Votre femme est de belle humeur.

Elle n'est que tendresse

Pour Seri dans le coeur.

Vostre destin est un peu prompt,

D'avoir desja senti l'affront,

D'être marqué dessus le front,

La chose est bien cruelle;

La Dame est de bon apétit,

Autant que vous Courcelle,

En aura du dépit.

 

Autre

1669

Sur l’air: Tranquiles coeurs.

 

Chevalier quittes la Crenan,

Cette Catin à la vérole.

Son front aussi bien que ses dents,

Distille une puante colle.

A peine un Gadouart la pourroit aprocher,

Elle put comme un privé.

 

[201]

Chanson

1669

Sur l’air.......

 

Ces Couplets sont de M.r de Mareuil

 

Enfin l'amour, il t'est permis,

De venger dessus moy,

Tout le mépris,

Que j'ay fait de la Loy;

Je me suis moqué des amans

Que j'ay veu languissans;

            Mon coeur soupire,

            Et je n'ose dire

Le mal que je sens.

 

On tient que vous dites partout,

            Que je suis trop petit

Pour vous mettre sitôt en apetit;

            Eloignés ce soupçon jaloux;

            Banissés ce courroux;

            Car dans une heure,

            Je pâme et je meure,

            Plus de quatre coups.

 

Si vôtre cas êtoit plus net,

            Piece de cabinet,

Avecque vous dépenseroit mon fait.

Je touche cent francs par quartier

            C'est un fort beau denier,

            Et puis encore,

            Ô beauté que j'adore!

            Emprunter du Fermier.

 

 

[203]

 

Chanson

1669

Sur le chant. Conditor alme siderum.

 

Monseigneur l'Evesque d'Autun,     Roquette

N'est pas un Prélat du Commun;

On dit que chez lui c'est tout un,

De baiser quelqu'une ou quelqu'un.

 

Ce n'est point un chétif mortel,

Ny un Evesque tel que tel.

C'est un Prélat qui de l'Autel,

Va le plus souvent au B........

                       ou

En effet ce pauvre mortel,

Que nous devons estimer tel:

Ne sort jamais de son Autel,

Que pour aller droit au B......

 

Autre sur le même.

Il f..........assis, il f.......de bout,

Il f.........au lit, il f.......... partout.

Et ce qu'est le plus beau de tout,

C'est qu'il renie Dieu quand il f.......

 

Gloire soit à ce grand Prélat

De Rome illustre Rénégat ;

Nous en devons tous faire état,

Prés de lui le Pape est un fat.

 

 

[205]

 

Autre

1669

Sur le même Chant.

 

Sur M.r Ondedei Evesque de Fréjus,

et favory du Cardinal Mazarin.

 

Monsieur l'Evesque de Frejus

Depuis plus de vingt ans et plus,

Met à la pille et au verjus

Tout cequ'il peut rencontrer de Cus.

 

Autre

1669

Sur l'air Reveillez vous belle endormie.

 

Pour M.lle de Crenan, & de la Force.

 

Deux partisans de Cithere

L'Ame éprise de S.ts désirs,

Du revenu de leurs plaisirs,

Fondent ce pieux monastere.

 

C'est le plus charmant de nos jours;

Mais je vois bien de l'aparence

A sa prochaine décadence,

Ses fondements brânlent toujours.

 

[207]

Chanson

1670

Sur l'air..............

 

Ce Couplet a été fait pour la Comtesse de Soissons ou de Fiesque.

 

Comtesse en votre absence

            Que deviendront

Les jeux, les ris, la danse?

            Ils languiront;

Pour moi je crois hélas! qu'ils en mourront.

 

 

Autre

1670

Sur l'air de flon flon.

 

         Ces Couplets ont êté faits par le Chevalier

         de Lorraine pour Mad.e de Mazarin.

         On dit aussi qu'ils sont de M.lle de Cominge

         aujourd'huy Mad.e de la Treve 1.re Presidente

         de Bordeaux, pour la Duchesse de Foix.

 

 

Du bain belle Elismonde,/ Du bain charmante blonde

Venez entre mes bras;

Venus sortant de londe,

Ne faisoit elle pas?

Flon flon etc.

 

Le feu charmante blonde

Que j'ay pris dans vos yeux,

Ne s'eteint pas dans londe,

Et je n'en fais que mieux.

Flon flon etc.

 

[209]

 

Chanson

1670

Sur l'air des Triolets

 

Lequel est le plus fou des deux

De la Feuillade ou de son frere?

L'un est bouffon, l'autre est fougueux,

Lequel est le plus fou des deux?

La Cour est partagée entre eux,

Et depuis trente ans délibere

Lequel est le plus fou des deux,

De la Feuillade ou de son frere?

 

Du Divertissement

1670

Royal

 

Ouvrons tous nos yeux

            A l'eclat suprême

Qui brille en ces lieux.

            Quelle grace extrême!

Quel port glorieux!

            Où voit on des Dieux

Qui soient faits de même?

 

[211]

Epitre à Mad.e la Marquise

de Rambouillet, au nom de cinq

Religieuses de St. Estienne de Rhiems.

1670

 

Cinq filles, ô grande Artenice!*    * Catherine nom de la dite Dame

Viennent vous demander justice.    par Maueroix Chanoine de Reims.

Devinez contre quels gens,

C'est contre l'un de vos Enfans.

Un Enfant qui toujours tempeste,

Qui fait toute chose à sa teste.

Et dont enfin pour dire tout,

On ne scauroit venir à bout.

Ouy, Madame, de St. Estienne,

Madame fait par trop des siennes,

Chacun en murmure tout haut,

Elle mene une vie étrange,

Car elle ne dort, ni ne mange.

Quand il faut la faire coucher,

On est un an à la prescher,

Et lorsqu'il se faut mettre à table

C'est une longueur effroyable.

Tantost mon Dieu je n'ay pas fain,

Je ne veux qu'un morceau de pain.

Tantost que nôtre soupe est grasse,

Que ce boeuf a mauvaise grace;

Oh mon Dieu! Le méchant mouton;

Ostez moi ce vilain Chapon,

Qu'il est dur, c'est un coq, sans doute.

Ce petit Poulet me dégoute.

Enfin la Dame fait si bien

Qu'elle ne mange presque rien.

Voila le sujet de nos plaintes;

Et la cause aussi de nos craintes.

Qui ne prend repos, ny repas

Va le grand chemin du trépas.

            Or nous voulons quoiqu'il arrive

Que nôtre chere Abesse vive.

La perdre, autant vaut trépasser;

Nous ne scaurions nous en passer.

Madame, employez donc contre elle,

Vôtre puissance maternelle.

Donnez lui si bien sur les doigts

Qu'elle soit sage une autrefois;

Nous entendons par être sage,

Qu'elle mange bien son potage,

Qu'au matin elle prenne un oeuf,

Mange a dîner mouton et boeuf,

Mange a peu prés comme sa Niece,       M.lle de Maintenon grande mangeuse.

Fasse la nuit tout d'une piece,

Et dorme jusqu'au point du jour.

Si vous nous faites ce bon tour

[213]

Que le bon Dieu, grande Artenice,

A vos vertus rende justice,

Vous mette dans son Paradis

L'an mil six cent soixante et dix.

 

 

Réponse d'Artenice à la

Requeste de 5 Religieuses de St. Estienne

 

Cheres Dames de St. Estienne,

Que vous avez l'ame Chrestienne;

Qu'on voit en vous de charité,

D'ardeur, de zele, et de bonté.

Vous êtes par vôtre sagesse

Les Abesses de vôtre Abesse.

Il faut sans contradiction,

Que de son éducation.

Ainsi que personnes prudentes,

Vous soyez les Suruntendantes;

Elle a sans doute grand besoin

Que d'Elle on prenne bien du soin,

Sans craindre noises, ni castilles.

Otez lui surtout les Pastilles,

Car il ne faut dans les Couvens

Pour tout parfum que de l'Encens.

Malades m'ont trop fait de peine,

Gardez qu'elle ne la devienne.

Ne considere t'elle pas

Que je sors de cet embaras?

Jusques à ma petite fille,

Tout fut malade en ma famille,

Et je me suis veu quelque tems

Le Roger bon tems de céans.

J'envoyerai ses soeurs au plus vite

Ce printems faire la visite.

On entendra vôtre raport,

Et si l'on trouve qu'elle ait tort

J'ordonne qu'à cette mutine,

On donne bien la discipline.

Peut être avant cette saison,

La mettrez-vous à la raison.

En ce cas Monsieur St. Estienne,

En santé toutes vous maintienne.

Autant celles qui le voile ont

Et qui Religieuses sont,

Que ceux qui n'ont pas peut être

Autrement envie de l'estre.

 

Votre tres humble et tres obeissante servante de Vivonne.

 

[215]

 

Sur le Cardinal Bona

qui Papegeoit

1670

 

            Papa Bona est solecismus,

            Papa Bonus non est in usu.

Grammaticae leges plerumque Ecelesia spernit,

Esset papa bonus, si papa Bona foret.

 

 

Sur le même

1670

 

Bonne Pape n'est pas, selon notre langage,

Et Pape bon aussi, n'est pas fort en usage;

Mais comme d'ordinaire, à Rome on ne fait pas

Des Loix de la Grammaire, ny du genre aucun cas

Pour choisir un bon Pape, chacun icy soupçonne

Qu'on pourroit justement nommer pour Pape Bonne.

 

[217]

 

Sur le même

1670

            Bonne Pape ne se dit pas,

            Et bon Pape ne se fait pas.

            Si néantmoins on élit bonne,

            Tout se rencontre en sa personne,

Si ce n'est qu'en quittant et le froc & le nom,

Il ne lui resteroit, peut être, rien de bon.

 

[219]

Sur le même

1670

Sur le Gouvernement de Guienne, donné au Mareschal

d'Albret du 12 Novembre 1670.

 

Albret ce digne Mareschal,

Dont l'Ame est si noble et si belle;

D'une goutte aigüe et cruelle

Souffroit le tourment sans égal.

Il est trois semaines entieres

Sans pouvoir fermer les paupieres,

N'y reposer un seul moment;

Au milieu d'un si grand matire,

Louis que tout le monde admire,

Luy donne un beau Gouvernement;

Aprés cela, pourra-t'on dire,

Que le bien lui vient en dormant?

                                                          par le Laboureur.

 

 

Epigramme

1670

Sur la Mareschale de la Ferté.

 

            Ardent vaisseau de paillardise,

La Ferté, que dira-t'on fantasque barbon,

            Quand il verra naître un poupon?

Lui qui depuis deux ans n'a levé ta chemise.

            Dis moy, de quoi diable s'avise

Ton C...... de mille gens, nuit et jour fréquenté.

            De faire mentir le Proverbe?

            Qui dit, de toute éternité

Que dans les grands chemins, il ne vient jamais d'heros.

           

[221]

Madrigal

La vertu parle à Mad.e la Duchesse de

Richelieu (Anne Poussart).

1670

 

            Ah! que je vous ay bien servie!

Depuis l'heureux moment que vous vîtes le jour?

            En tous lieux, je vous ay suivie,

            Et je vous rameine à la Cour.

Louis mon protecteur, reconnoist mon service,

            Vous honorant de cet Employ;   Lorsqu'on l'a fit dame d'honneur de la Reyne 

Bien qu'en vous le donnant, il vous fasse justice,    

            Ce n'est que pour l'amour de moy.

                                                                                  Le Laboureur.

 

 

Quatrain

1670

Sur M.r de Colbert.

 

            Grand Colbert, dit moy pourquoi,

            Et par qu elle étrange maniere,

            Tun n'a pas taxé la Valiere,

Qui manie tous les jours les affaires du Roy?

 

[223]

 

 

Sur la mort de Louis Barbier de la

 Riviere Evesque de Langres.

1670

            Cy gist, qui par son Testament

            Vient de laisser trente Pistolles

            Aqui trouveroit des parolles.

            Pour honorer son Monument.

Comme quant il vivoit il eut un soin extrême,

De vendre toujours tout, jusqu'à son maître même; Gaston de France Duc                       Sans doute il a crû qu'aujourd'huy,                                   d'Orleans

Quelque Esprit à l'argenr pouroit se laisser prendre,

            Et qu'on trouveroit tout a vendre

            Jusqu'à des louanges pour luy.

 

Sonnet

1670

Sur le Mesme.

 

Je te l'avouë amy, je ne suis pas novice

A faire un Epitaphe, a faire une Oraison,

Et pense sans vanité, faire comparaison

Avec les plus hupez, dans ce noble exercice.

 

Mais d'exiger de moy, de couronner le vice,

De louer un méchant, une peste, un poison;

J'aurois perdu l'honneur, le sens, et la raison

D'abandonner ma plume à ce vilaine office.

 

Qu'on cherche donc ailleurs, un infame Orateur

Qui chante les vertus de ce Blasphémateur;

La honte des Prélats, le cloaque des Crimes.

 

Je suis prest toutesfois d'orner son monument,

Pourveu que mon Eloge au milieu des Minimes

Soit gravé mot à mot, sans aucun changement.

 

                                                                                  par M. Fr. Ogier.

 

[225]

 

Epitaphe

1670

Sur le même.

 

         Cy gist un fort grand personnage,

         Qui fut d'un illustre lignage,

         Qui possedoit mille vertus.

Il ne trompa jamais, il fut toujours fort sage;

         Je n'en dirai pas d'avantage,

         C'est trop mentir pour cent Ecus.

 

[227]

 

Sur la mort de l'Abbé

1670

de Castille.

Jeannin de Castille

            On tient dans la nouvelle Ecole

            Le Cu bien plus seur que le C.....

Mais l'Abbé de Castille est mort de la vérole;

            Auquel des deux se fiera-t'on?

 

[229]

 

Epitaphe

1670

de........ Barbier de la Riviere

Evesque de Langres.

 

Quem tam celerem in fortuna,

            Virtus non attigit

            Attigit tumulus tandem.

Fuit absque tonsura presibiter

            Invisibilis Episcopus

            Dux imbellis

 

Quem non genus, sed fraus

            Parem fecerat franex,

            Ipsum nimia Requies

            Patrem fecit in francia

            Conjugi non conjux

                       Praeter honorem,

            Cuncta reliquerat.

            Sed cujus vivendo

            Simulatio comes,

                       Et moriendo

                       Celatrix pudor

                       Ecclesioe rapta

            Restituisse visus est

                       Non miror

            Ut vixit sic obat simulans

            Amicus sibi semper

                       Regis parum

            Fratibus Regis nunquam

            Imo vivens moriensque

                       Ipsis funestus

                       Invito livore

            Justus tamen moritur

                       Unde abiis

                       Redire voluit,

            Cum minimis resurgendus

                       Ipsis hodie

                       Sepeliendus datur

                                   Viatoir

                       Precare si potes

                       Imprecare si audes.

 

[231]

 

Sur l'Abé de Fiesque

1670

 

Abbé, vous avez la naissance,

La bonne mine, l'air des Grands.

Les avantages aparens

Cachent un peu l'insuffisance;

Mais la longue persévérance

A ne rien dire de bon sens,

Fait enfin découvrir les gens.

Vous devez garder le silence,

Pour rendre parfait vôtre Corps;

Ma terre fit tous les efforts,

Et lui donna tant d'avantage

Que celui forma l'Esprit,

Ne fut jaloux, et de dépit

Refusa d'achever l'ouvrage.

                                   par St. Pavin

 

[233]

Sur la Réception du fils de

Berrier en la Charge de Conseiller

au Parlement.

1670

 

Au titre de poenis, un Récipiendaire

Choisit au dernier jour la Loy d'impunité;

Il se sert bien du temps et de l'autorité;

Mais s'il veut à mon gré pousser loin cette affaire,

Et bien marquer son nom à la postérité

Il l'a soutiendra moins pour lui, que pour son pere.

 

 

[235]

 

Epitaphe

1670

du S.r le Clere Intendant des Finances.

 

Cy gist que la mort prit en traître,

Un faux Clerc, qui trahit son maître,

Pour mieux s'avancer à la Cour;

Mais le pauvret demeura court.

Autemps que la bonne fortune

Lui parroissoit plus oportune;

Agé de quarante cinq ans,

Et disent les moins médisans,

Pour d'autant purger sa mémoire

Qu'il mourut a force de boire,

Partant qu'on ne s'estonne pas

De tant de tours et de faux pas,

Qu'il fit tant qu'on l'a veu vivre,

Parcequ'il êtoit toujours yvre.

Vous, qui beuvés largement,

Passant dessus ce monument,

Si en lisant ces tristes charmes,

Vous y repandez quelques larmes;

Scachés que vous pleurez en vain,

Si ce ne sont larmes de vin;

C'est la plus agréable offrande,

Que le trepassé vous demande.

En disant un Deprofundis.

Que si jamais en Paradis

Il acquiert autant de créance

Qu'il fit autrefois dans la France,

Bientost il chassera des Cieux,

Aussi vite qu'il fit Pisieux,

Toutes ces puissances malignes,

Alors tous les bons biberons,

Avec Chapelets de Marrons,

Solemniseront ses louanges,

Justement au tems des vendanges,

Le même jour de son trépas;

Mais pourtant qu'on ne pense pas

Employer en cette ripaille,

Sinon les Pscaumes de bataille

Que le deffunt à tant chanté;

Que si l'on fait difficulté

De le Canoniser à Rome,

On prira Gillot, ce saint homme,

Qui jadis escrivoit les noms

De ceux qui servoient aux Canons,

Que le deffunt il Canonise

Parmy les saints de son Eglise.

Or sus passans' il ne te chaut,

Ou qu'il ait froid, ou qu'il ait chaut,

Aprés avoir fait ta priere,

[237]

 

Soulange le poides de sa bière,

Et passant outre ton chemin,

Laisse-le icy cuver son vin.

                                               par St. Pavin.

                                                

[239]

Epitaphe

1670

de L'Abbé de la Rivière

son nom de Famille est Barbier.

Il êtoit Evesque de Langres et mourut le

30 Janvier 1670.

 

Monsieur de Langres est mort Testateur olographe,

Et vous me promettez, si j'en fais l'Epitaphe,

         Les cents Ecus legués par lui à cet effet;

Parbleu, l'argent est bon dans le siecle où nous sommes,

Comptez toujours. Cy gist le plus méchant des hommes.

Donnez les cent Escus, son Epitaphe est fait.

 

 1671

Chanson

Sur l'air de Landerirette

 

Je ne fais rien dessus Saint Cloud;

Mais je voudrais faire sur vous,

            Landerirette;

Tout cequi fait vôtre mary

            Landeriri.

 

[241]

 

1670

Chanson

Sur l'air de Traquenar.

 

            Il y avoit un Camp dans la plaine Douille,

            prés de St. Germain en Laye, & un Fort dans

            ce Camp, qui se nommoit St. Sébastien. Des

            Fripiers de Paris ayant êté à ce Camp causere

            sur quelqu'ouvrage qui restoit à faire. On

            sceut qu'ils êtoient, on leur fit porter la

            hotte pendant quelques jours, et on fit ce

            Couplet de Chanson, sur Rossignol et le

            Roy, qui êtoient du nombre de ces Fripiers.

 

Fripiers vous souvient il bien

Du Fort de St. Sebastien?

Rossignol et le Roy

Vous avez porté la hotte,

Rossignol et le Roy

Pour le service du Roy.

 

[243]

Chanson

 

1670

Sur l'air des don don.

 

Clement voulez vous être         Altieri sous le nom de Clement X. Pape

Sur un point esclaircy;               - On ne croit pas que c'est le Pape Clement. Il faut

Vous allez voir paroistre              que ce soit un particulier du nom de Clement.

Dans un Liste icy,

Ceux qui, graces aux soins de vos amis fideles,

Ont pour vous tenu bon.

                       Don don;

Trop heureux en cela;

            La la,

De vous marquer leur zele.

 

Aprés deux ans d'attente,

Quel seroit le succés?

Saint Suplix se presente,

Pour juger le procez.

Il se place au bureau et demande audience,

Avec attention,

            Dondon.

On la lui accorda,

            La la,

Dans un profond silence

 

Il en fait l'ouverture,

Avec grand ornement,

Toutes les Ecritures

Fait lire exactement.

Surtout certains endroits qu'il trouvoit d'importance,

Dont l'explication,

            Dondon,

Parut des cetems là,

            La la,

Pencher vers la clémence.

 

L'affaire examinée,

Il fallut opiner;

Il fut mainte journée

A se déterminer.

Despouiller Gosselin, lui paroît chose étrange;

Mais par dévotion,

            Don don;

On dit qu'il se laissa

            La la.

Conduire à son bon ange.      le president Neveu.

 

Avec un si bon guide,

Pourroit-il bien errer?

Tout ce qu'il lui décide,

Il le doit révérer.

S'en'est fait, il conclut, vous avez gain de cause;

 

[245]

Quelle obligation

            Don don,

A ce bon juge là,

            La la.

Qui prend si bien la chose.

 

Du Basset de l'affaire

Qui pénetroit le fond;

Eût à son ordinaire

Bien pesé les raisons.

Mais helas! cette fois il manquoit de balance;

Il regarda Gaillon,

            Dondon.

Dans cet embarras là

            La la.

D'un oeil de complaisance.

 

Bailleul avoit envie

De voir son devoir;

Mais comme de sa vie

Il ne fit qu'entrevoir;

Afin que vos raisons lui parussent tres nettes,

De bonne affection,

            Don don,

Le pere Loyola,

            La la.

Luy presta ses lunettes.

 

D'Aubigny qu'on dit être

L'Oracle du Palais;

Voulut faire paroître,

Cequ'on ne vit jamais.

Qu'il en scavoit autant pour le moins que les autres;

Mais il ne fut pas long,

            Dondon;

Car il êtoit trop tard,

            La la.

Et se rengea des autres.

 

Voisin dans cette affaire

Paroît embarassé.

La Heuse pour son frere,

S'y trouver interressé;

Mais sans convention, car je ne veux pas croire,

Que par cette raison,

            Don don,

Il se détermina

            La la,

A vous donner victoire.

 

Du Not qu'on scait en ville,

D'un esprit bien remis;

Fut par la Toufreville

Le plus de vos amis;

 

[247]

 

Se déclarant pour vous, il eut belle audience;

Mais pour toute raison

            Don don.

Qu'un chacun admira,

            La la,

Il fut sa révérence.

 

Le Doyen plus habile

Le Sieur Abbé du Four,

Montra par l'Evangile,

Aussi clair que le jour,

Que vous deviez avoir le chery bénéfice.

On doit donner, dit on,

            Dondon,

A quiconque a déja.

            La la,

Sans crainte d'injustice.

 

Le Sieur d'Alge Marette

Se distingue entre tous;

Montreille, et la Nonette        La superieure des Carmes.

L'avoient tourné pour vous.

On dit qu'il oposa de la derniere force;

Mais des gens sans raison,

            Don don,

Veulent qu'il ne toucha,

            La la,

L'affaire qu'à l'escorce.

 

L'advis de Damfreville,

Ne fut pas surprenant;

On s'attendoit en ville

Qu'il seroit de vos gens.

Instruit comme il êtoit, on dit que le bon homme

Eut aparition,

            Don don,

Pendant ce raport-là,

            La la.

Et qu'il ne fit qu'un somme.

 

L'affaire alloit a l'aise,

Et donnoit a pétit;

Quand la teste mauvaise

Du Conseiller Petit,

Fort incivilement se mit a contredire;

Avec tant de raison,

            Don don,

Que dés ce moment là,

            la la,

Vôtre cause eût du pire.

 

Paviot et Crosville,

De difficile abord,

Suivy de Bermonville

 

[249]

 

Homme aussi peu accord.

Tous esprits entestez, gens de peu de service.

Que pour ouy ou pour non

            Dondon.

Jamais on n’accusa’

            La la.

De la moindre injustice.

 

Ces trois juges ensemble

Conformes à Petit;

Dans leurs advis rassemblent

Du Fay, de Castilly,

Qui montroient clairement que s’etoit injustice,

Et contre la raison

            Dondon,

Que l’on vous accorda,

            La la.

Tous les deux bénéfices.

Par ce mauvais exemple

La Mothe corrompu,

Fit un discours tres ample,

Où vous fûtes tondu.

Je m’y attendois bien le connoissant sévere;

Car il est quetsion,

            Dondon;

Du droit que chacune a

            La la.

Il raseroit son frere.

 

Jamais ne virent goute,

Ces juges, dites vous,

Prenant un autre route,

Se sont egarez tous.

De St. Suplix cent fois ira pour bien s’etendre.

Et s’etonnera-t’on,

            Dondon

Si tous ces Messieurs là

            Lala,

N’y peuvent rien comprendre.

 

Pour finir cette affaire

Le Chef du Parlement,

Pendant une heure entiere

Opina fortement,

Et mit chaque raison dans un jour admirable

Pour soûtenir, dit on,

            Don don,

Ce dernier avis là

            La la,

Qu’il trouvoit équitable.

[251]

Cela fait un partage,

Quel facheux accident!

Malepeste j’enrage

Du Premier President.

S’il eut êté pour nous, l’affaire êtoit gagnée,

Dieu! Quelle affliction

            Dondon.

Il vous eut en cela,

            La la,

Grande peine epargnée.

 

L’affaire est aux Enquestes,

On y va de ce pas;

Plus d’un juge s’apreste,

A n’en connoître pas.

D’en scavoit la raison, c’est un fort grand mistere

Est-ce justice? Ou non

            Dondon?

Je ne l’escrirois pas là,

            La la,

Je ne pourray m’en taire.

 

Partage de la Grande Chambre

 

Malgré le Christ et ses Apostres,

Malgré nos Princes et leurs Loix.

Le crédit tout puissant faisoit voir autrefois,

Tout le droit d’un côté, tous les Juges de l’autre;

            Mais l’on void cette fois

            Par une autre Partage,

Pour un tous les amis, pour l’autre tous les sages.

 

            Pour Clément                      Pour Gosselin.

Mr. Damfreville.                            Mr. le 1.er President.

Mr. de St. Suplix.                            M. de la Mothe-Ango.

Mr. de St. Paul.                                Mr. Petit.

Mr. Marette.                                     Mr. de Bermonville

Mr. du Not.                                        Mr. de Castilly.

Mr. du Basset.                                   Mr. de Crosville.

Mr. d’Aubigny.                                   Mr. du Mesnil Paviot.

Mr. du Four.                                        Mr. du Fay Bourtheroulde.

Mr. de Bailleul.

 

                       Auprés Dangot  sollicitant

                       Clement crioit a pleine teste.

                       Je ne crains que les ignorans

            Vous, pauvres Messieurs des Enquestes

            Prenez bien garde en le jugeant

            Qu’il ne vous tienne tous pour bestes.

                                  

 

[253]

 

Chanson

 

1670

Sur l'air……..

Adresséé à Mad. e d’Albon* par Mr. de Brancas, qui en êtoit amoureux; elle êtoit jolie.

*Charlotte/Claude Bouthillier soeur d’Armand Abbé de la Trape. Ep.a 1° René d’Averton Comte de Belin 2.° Gilbert-Antoine Comte d’Albon.

 

Peut être vous êut fait comprendre

Qui si mon Goblin se mouroit;

Sans jamais craindre la Province,

Ma femme auroit eu le Tabouret

Aussi bien que celle d’un Prince.

 

Autre

1670

Sur l’air Il a battu son petit frere

 

Pour se distinguer du vulgaire,

La Brissac a donc pour chimere

De se servie du Cadenas.

D’où lui vient le droit de le faire?

Pour moi je ne le comprens pas,

S’il ne lui vient de son grand pere.

 

Si son Epoux en homme sage

Du Cadenas faisoit l’usage;

Scavez vous ce qu’il en feroit?

Dans un endroit que je dois taire,

Bien proprement il le metroit;

C’est là qu’il seroit necessaire.

 

[255]

Sur M.r d’Aubigné Evesque de Noyon, qui

Pleura durant huit jours à la Cour, lorsqu’il se vit nommé Archevesq. de Rouen.

1670

Au Roy.  Vers libres.

 

Grand Roy ton Aubigné ne tarit point ses pleurs,

            Que de chagrins! Que de douleurs!

Du sein de son epouse il dit que tu l’arraches;

Mais sit u voyois tout, qu’est-ce que tu verrois?

            Qu’il riroit bien si tu mourrois,

Car il n’aime a pleurer, qu’afin que tu le scaches.

Reconnois donc, Grand Roy, que ton Aubigné ment,

Quand il nous dit, croix double! Helas double suplice!

            Eh! Que ne dit il non, aussi résolument

            Que le Curé de St. Sulpice?

            Une si saint fermeté

            Feroit bientost manquer l’affaire.

Pleurer, rien que pleure, c’est fausse humilité,

            Comme c’est fausse chasteté,

Que de pleurer toujours, et de laisser tout faire.

 

Conte

1670

Sur M.r l’Abé de Citeron.

 

Monsieur l’Abé de Citeron,

Estoit Abé gros et rond,

Et si fort chargé de Cuisine,

Que la feüe Reine Catherine

Lui demanda d’un ton fort doux.

Eh bien! Quand accoucherez-vous?

Quand j’aurai, lui dit-il, Madame,

Pû trouver une sage femme.

                                                          Par Maucroix.

 

[257]

 

Epigramme

1670

par Maucroix.

 

On croit que ton époux, Castille,    Jeannin de Castille.

N’est pas le pere de ta fille;

Plus belle que le Dieu d’amour,

Pour moi je la tiens légitime.

Car pour mettre un mïracle au jour

Il est permis de faire un crime.

 

Chanson

1670

Sur l’air de l’Eschelle du temple

 

Par Malherbe, contre le parasite Montmor

 

Montmor plus goulu qu’un pourçeau,

L’autre jour mordit un Rousseau,

Et le vouloit manger en somme,

Et cequ’il en faisoit dit on,

Estoit a cause que cette homme,

Sentoit l’Epaule de Mouton.

 

[259]

Sur Mad. e d’Huxelles

qui aimoit le Ch.er de Riviere.

1670

 

Lorsque pour vous chacher

L’amour de son Chevalier;

Iris dit, qu’elle est trop drüe

Pour un Cavalier si mal sain;

Je ne l’en crois pas moins Catin:

Mais je l’en crois plus mal fout….

 

 

Chanson

1670

Sur l’air Non, non je ne suis pas seul

a médire.

 

Arrivée en Bretagne, Mr. le Duc de

Chaulnes êtant Gouverneur.

 

Grands Dieux! qu’en Bretagne on trouve d’abondance

            Quelle magnificence!

            Quel tumulte! et quel fracas!

            Dans le temps des Estats,

            Il n’est aucun Seigneur

Qui vive avec plus d’éclat, et d’honneur

            Que l’Illustre Gouverneur,

            Tous les Bretons par bande,

            Se rengent, sans qu’on leur mande,

                       En sa cour

Plus grosse que celle de Brandebourg.

Je n’ay jamais veu Gouverneur d’un bel air,

            De vitré jusqu’à vair;

Car aprés la Pierre d’Ingrande*,

Je ne vis plus qu’un Duc & Pair.

                                                           Par Coulanges.

 

* La Pierre d’Ingrande sépare la Bretagne et l’Anjou.

 

[261]

Chanson

1670

Sur l’air de Graveline.

 

Je veux croire que ton Beaupere

Tette sa Chevre seulement;

Mais sans être trop téméraire

L’on peut en juger autrement;

Car celle de Sieur de Bonnelle,*    Bullion

Entre nous n’estoit pas si belle.

 

L’Eunuque à qui l’on la confie,

Ne la quitte pas d’un moment,

De peur qu’elle se mésallie,

Et l’accompagne incessamment; - Et ne cherche un autre amant

Et l’on ne gardoit pas mieux qu’elle

La Chevre du Sieur de Bonnelle.

                                                           Par Blot.

 

*Bonnelle êtoit fils de Bullion Surintendant, accurse d’avoir baisé des chevres. Bautru disoit que Bonnelle s’etant confessé au vicaire de St. Eustache. Le Preste dit au sortir du Confessionnal. Qui est ce jeune sgr. Calabrois. Vraiment il parle bon François. C’est que les Calabrois sont sujets à ce péché.

 

 

1670

Sur Madem.lle de la Marche belle soeur

du S.r Palliot de Troyes par Mr. le Haguais.

 

Vous qui craignez de commettre à mes soins,

            La Recette de mon beaufrere,

Et qui croyez que je sois de tous poins

            Incapable d’y satisfaire;

Sans m’amuser a des discours trop vains;

J’ay deux raisons pour vous confondre;

Le maniment croître dedans mes mains,

            Et j’ay du fonds pour y répondre.

 

Le beaufrere de cette D. lle avoit fait mal ses affaires dans la Recette des Tailles. Elle demanda d’être commise à l’exercice. On faisoit difficulté de lui accorde. Mr. de Caumartin Intendant de Champagene qui la trouva belle et jolie lui fit donner la Commission et Mr. le Haguais fit ce couplet.

 

 

[263]

Chanson

1670

Sur l’air Rocher vous êtes sourds.

 

Sur un Milord sourd, amoureux d’une

femme sourde, par le Comte de Gramont.

 

Milord, vous êtes sourd, vous avés le coeur tendre;

Souffrés sans vous blesser, que je vous parle ainsi.

Celle que vous aimez est un peu sourde aussi;

Mais vous gagnez tous deux à ne vous pas entendre.

 

 

Autre

1670

Sur l’air: Ô messager fidele

 

Sur ce qu’on avoit exilé le Comte de Guiche.

 

Or nous dites Madame

            Vôtre petit mary,

N’a-til plus rien dans l’ame

            Contre nos favoris?

 

Il n’a soucy, ny crainte,

            Les voyans tous absens;

Et j’aime sans contrainte

            L’Archevesque de sens.

 

 

[265]

Chanson

1670

Sur l’air landerirette Etc.

 

Par le Prince de Condé sur le Rhosne

Pendant une grosse tempeste.

 

Chare amice Musseus;

Ah! Deus hone quod tempus.

            La derirette

Imbre sumus perituri.

            La deriri.

 

 

Réponse sur le champ par M.r de

Mussi

 

Securae sunt nostrae vitae,

Sumus enim sodomitae,

            Lon lan la derirette.

Igne tantum perituri

            Lon lanla deriri.

 

Autre

1670

Sur l’air: En mignature.

 

A un Bal où Mr. de……… prit Madame la Baronne de Maillot, aprés Mad.e de…… Mad.e de Maillot est soeur du Marquiq de Créquy.

 

            Pauvre Baronne,

Vôtre chagrin est indiscret;

Car avant que l’on vous soupçonne

De devenit par un Décret

            Pauvre Baronne.

 

 

 [267]

 

Chanson

1670

Sur l’air: Laissés paître vos bestes.

 

La Jay dit à sa Fille,                    Madame de Congys.

Vôtre mary est indigent.

La Jay dit à sa Fille

Baisez pour de l’Argent.

Incontinant la pauvre enfant,

Pour éviter la pauvreté,

Prit congé de la Cruauté;

Avec ce bon Apostre

Que l’on apelle Belesbat,

En attendant les autres

Elle prit son esbat.

 

Rangainez vos Epées

Blondins qui faites du fracas;

La belle est mariée

Et vous ne l’aurez pas.

Pour d’Artigny quatre Marquis    depuis Comtesse du Rome.

Sont devenus tous ennemis;

Mais dans la race des Crequis

On y connoît la belle,

Et l’on n’a pû sans grand effort,

Dessus cette querelle,

Lettre mettre tous d’accord.

 

Auretour d’Italie

Quand Peguillin coucha chez vous,

Monaco sur ma vie,

Le temps vous fut bien doux,

Le Mareschal vous fit venir,

Quand Guiche fut prest de partir

Pour tacher à le retenir.

Le trait est d’habille homme

De se consever des amis;

Dans le siecle où nous sommes

Nul salut sans Louis.

 

Réjouissez-vous Comtesse, - En belle humeur Comtesse

Vardes sera bientost en Cour,       La Comtesse de Soissons aimoit Vardes qui croit à la  En belle humeur Comtesse                                                               Bastille

Attendant son retour,

On le scait bien Condé n'est pas

Un lieu pour vous rempli d'appas;

Mais à Paris, que faire hélas!

Rien ne vous y doit plaire

Absente d'un objet si doux

Et de toute maniere,

On plaint fort vôtre Epoux.

 

Sortez de la Bastille

Bussy revenez à la Cour,

 

[269]

Pour instruire la ville

Des misteres d'amour,

Toute le Cour n'a pas l'esprit

De nous avoir encore produit

Quelques sornetters par écrit,

Ny quelque chansonnette

Qui puisse aprendre aux curieux

Ce que fait la Coquette

Dans l'Empire amoureux.

 

Autre

1670

Sur l’air........

 

Par Mad. lle de Louvancourt

 

Parmy les pots, les doux propos

D'un amant qui scait plaire,

Ont bien souvent troublé le repos

            D'une beauté sévére

Et qui les scait trouver à propos,

            Peut toucher sa Bergere.

 

[271]

Chanson

1671

Sur l’air........

 

Le vaste C...... de la maigre Choiseul

Qui seul peut prendre le party contre tous,

            Demande pour tout accueil,

Qu'on le lui fasse cinq ou six bons coups.

 

 

Autre

1671

Sur l’air de la petite Cabrete.

 

A un souper où êtoit M.r de Turenne pour lors de la R.P.R. qui n'avoit le plaisir de rompre un vendredy.

 

Beni soit celui qui nous l'a deffenduë,

La viande n'est pas si bonne le jeudy.

Nous avons dessus la prétendüe,

Le plaisir de rompre un vendredy.

 

De tous nos amis qui disnent chez Prud'homme,

Turenne je plains qui vit selon sa Loy;

Car de............ le précepte de Rome,

C'est là tout le plaisir selon moy.

                                                                      par le Chtr de Riviere.

 

[273]

 

Chanson

1671

Sur l’air la bergere d'Angleterre.

 

Quand pour la Baume on soupire

Le coeur tout rempli de feux;

On souffre un cruel martire;

Et lorsqu' aprés tant de voeux

On a ceque l'on désire,

On est encore moins heureux.

 

C'est la plus seche maîtresse

Qui jamais donna son coeur;

Et quoique cela nous blesse

De trouver de la rigeur,

On souffriroit sa rudesse

Bien plûtost que sa rudeur.

 

Les desseins de son Altesse

Paroîtront au mois de May;

Rien n'egalle son adresse.

Vous verrez si je dis vrai.

Il marira la Princesse

De même qu'il prit Cambray.

 

Autre

1671

Sur l’air....

 

Par feuë Mad.e sur Madame de la Baume qu Comte de Bussy.

 

            Qui de son coeur

Veut être vainqueur

En a plus qu'il n'en demande,

Quand Elle accorde un bienfait,

Sa faveur n'est que trop grande;

Avec Elle on a toujours regret

D'en avoir plus qu'on en voudroit.

 

[275]

 

Sur Madame Laurens qui fit mettre

dans son Carosse Mr. le Duc de Lesdiguieres &

Mr. de Salins, et laissa M.r Fieubes à pied,

qui fit ces vers.

 

         Non je ne me plains point du tour,

            Que m'a fait cette beauté fiere.

Salins etoit mille fois plus beau que le jour;

Elle trouvoit un Duc dans Mr. de l'Esdiguieres;

            Moy, je n'avois que mon amour,

            Encore n'en avois-je guere.

        

[277]

 

Sonnet

1671

Sur le Pere le Boultz Evesque de Périgueux

preschant le jour de la Madelaine.

 

Il faut qu'il ait aimé, ce Prélat admirable

Pour exprimer si bien, ces differens amours,

Qui par un tiranique, et funeste concours,

Font l'homme criminel, autant que misérable.

 

S'il n'êût beaucoup aimé, seroit il bien croyable

Qu'il expliqua st st bien ces differens détours?

Il faut qu'il ait aimé, et qu'il aime toujours;

On n'est pas si scavant, sans être un peu coupable.

 

Je crois bien que ses feux, ne sont plus criminels,

Qu'il n'offre plus d'Encens, que sur de S.ts Autels,

Que ses desires domptez, cessent d'etre rebelles.

 

Mais sans ce tendre amour que son coeur a conçeu,

Il n'auroit jamais eu de si belle idées

De l'amour inspiré, ny de l'amour receu.

 

 

[279]

 

Sur le Portrait

de la Comtesse de Suze*     * La Baume

par M. Fieubet.

 

Si genus ispicias Juno, si scripta Minerva,

            Si spectes oculos mater amoris Juno.

 

 

[281]

 

Chanson

1671

Sur l’air: Dans nos Vaisseaux.

 

Au sujet de Mad.e de Montlouvet prés le Ponteaudemer.

 

            Un Lieutenant                     d'Hurtauville Lieutenant géneral du Ponteaudemer.

            Général de Police;

            A ce dit on, la malice

            D'etre vôtre amant.

                       A ce rival

            Qui me livre la guerre;

            Que je veux de mal!

                       Plût au destin

            Que l'Eau prit dans son verre

                       La place du vin.

 

            Qu'il devint laid,

            Aussi laid qu'un satire,

Et que sout vôtre Empire,

Il languit vainement,

            Comme j'ay fait;

Que bien loin d'etre enfin

            Vôtre vaniqueur;

Il ne pût rencontrer dans vôtre coeur

Que mépris de ses soins, et que rigueur,

            Et que par amitié

            Son aimable moitié

Me laissast faire son métier.

 

 

[283]

 

Autre

1671

Sur le même Air.

 

            Qu'avec plaisir

Mes voisines j'assemble,

Et tous mes voisins ensemble

            Pour boire a loisir;

            C'est en ce séjour,

Mesdames, qu'il faut suivre

            Les loix de l'amour;

            Aimons nous bien.

Vos maris vont être yvres,

Ils n'en verront rien.

 

            Mais Montulé,

Dût il aprés bouteille,

Me rendre la pareille;

Aprés tout j'en serois bien consolé,

            Que Mongeron

Jaloux de mon bonheur,

De ma femme êut touché le coeur,

Je n'en serois pas moins de bonne humeur;

            Et pour toy Monlouvet

             Si ta femme vouloit

Le traité seroit bientost fait.

 

           

Autre

1671

Sur l'air: de l'Aimable vainqueur.

 

Portrait de Mad.e de Monlouvet.

 

De la Monlouvet

Faisant le portrait,

Figure agréable,

Humeur aimable;

Procédé discret,

Bonté, sagesse,

Douceur, politesse;

Tout est a souhait;

Ce qu'elle a d'atraits,

Est sans imposture;

La seule nature

En a fait les frais.

Jamais son coeur,

N'a  d' un air trompeur

Démenti sa bouche;

L'amitié la touche,

L'amour lui fait peur;

            Le seul deffaut

Qui l'a rend farouche,

Cause tous mes maux.

 

 

[285]

Chanson

1671

Sur l'air........

 

Sur Mr. de Péguillin* Capit.e des Gardes

 

* ou Puiguilhem (Antonin de Caumont Comte de Lauzun Marquis de Puiguilhem

 

Camarade quand tu regarde

Le petit Peguillin Capit.e des Gardes;

Je scais bien à peu prés ceque le coeur t'en dit;

Tu maudis de la cour la maxime importune

Où chacun n'a de la fortune

Qu'a la mesure de l'esprit/son vit.

 

Autre

1671

Sur l'air. Un chapeau de paille.

 

Lorsque Mr. le Prince de Coutenay,- qui êtoit amoureux de Madame de Rambure, fit armoirier son Carrosse qui êtoit un vieux Fiacre.

 

Pour vos beaux yeux j'ay mis à mon carrosse,

         Un grand Manteau Ducal,

Quoique traîné par deux méchantes rosses

         Il ny siera pas mal.

Mon revenu, il est vray qu'il est mince;

         Mais je suis beau Prince moy.     bis

 

[287]

Autre

1671

Sur l'air: Un Chapeau de paille

 

Sur Mad. e de Rambures.

 

J'ay beau chercher, à la Cour, à la ville,

            Je ne fais point d'amans.

En tous endroits ma queste est inutile,

            Je la fais vainement,

Pauvre, Rambures, Ô peine sans segonde!

            Serai-je toujours moy le rebut du monde?

 

Autre

1671

Sur l'air: Un Chapeau de paille

 

Sur Mad. e de Rambures.

 

J'ay beau chercher, à la Cour, à la ville,

            Je ne fais point d'amans.

En tous endroits ma queste est inutile,

            Je la fais vainement,

Pauvre, Rambures, Ô peine sans segonde!

            Serai-je toujours moy le rebut du monde?

 

 

Autre

1671

Sur l'air Laisse la barbe en pointe

 

 

Laissés entrer la femme

De Monseigneur de Louvois;

Car par la vertugois

Qui seroit assés osé,

Pour vouloir la lui baiser?

 

[289]

Chanson

1671

Sur l'air de Jean de Vert.

 

Où sont nos Princes de Condé?

Et nos braves Turenne?

Louis êtoit bien secondé

Par leur valeur extrême.

En ce tems là nos Ennemis

Devant nous, êtoient plus petits

Que Jean de vert.

 

 

Autre

1671

Sur l'air de Lampons

 

Sur une avanture de Chasse qui arriva dans la

Garenne de Cléon?

Erenelle le Conseiller,

Dit qu'il se falloit sauver;

Mais un Chevalier de Malte

Leur fit à tous faire halte.

            Lampons lampons,

            Camarades lampons.

 

Brusquet sauve ma jument

Dit le fils d'un Prsident,

Je me nomme Grémonville,

Et mon pere d'Etalville.

Lampons etc.

 

[291]

Apologie

1671

de M.r de Dangeau.

 

            Dis moi satirique Boileau,

Que t'a fait ce pauvre Dangeau?

D'où te vient contre lui, tant de fiel & de haine?

            Cette nouvelle dignitié

De Gouverneur de la Touraine

            T'a t'elle si fort irrité?

 

Quoi? ne scaurois tu voir un homme sans service,

            A la teste d'un Régiment?

Sans mérite acheter un beau Gouvernement.

Dans un Royaume où regne au lieu de la justice,

La V........ C......... T.......... et le caprice.

Tous quatre, sans justice, et sans discernement.

 

            Si Dangeau n'est pas un hercule,

Le faut il pour cela tourner en ridicule?

Pour le voir Gouverneur et chef d'un Régiment.

            Scais-tu pas qu'au regne où nous sommes

Ce n'est pas la vertu qui fait les plus grands hommes?

            Mais la galanterie et le jeu seulement.

 

Contre ce Gouverneur n'ayant donc rien a dire

            Boileau rengaine ta satire;

Il est fait comme il faut pour devoir gouverner,

Il jouë, il est galland, en revenue il rafine

            Dans le Royaume de Ciprine,

Un jeune Damoiseau ne doit il pas regner?

 

[293]

Chanson

1671

Sur l'air de Brunette.

 

Sur Mr. Chaumont Evesque d'Acqs, et de l'Accadémie Francoise, êtant chez Mad.e de Guise, aprés les beaux Concerts, demandoit toujours une Brunette.

 

Vous craignez, Monseigneur

Les Dames en Cornettes;

Si l'on croit vôtre Grandeur,

Le Diable est à leur toilette;

La petite brunette

Vous tient pourtant au coeur.

 

De peur d'être trouvé

En carrosse avec Elles,

On vous void sur le pavé

Crotter vos saintes semelles,

Pour s'asseoir prés de belles;

Devient on reprouvé?

 

J'ay peine a voir souffrir

Votre Grandeur doucette;

Monsiegneur, pour vous guerir,

N'est il point quelque recette?

La petite Brunette

Devroit vous aguerrir.

 

 

[295]

Chanson

1671

Sur l'air: Il a batu son petit frere.

 

Sur Mr. de Montlieu.

Voir Monlieu donner sur la longe,

Il me semble que c'est un songe.

Il êtoit dans le repentir,

Et même dans la frénésie;

Mais le bon sang ne peut mentir;

Il est las de l'hipcrisie.

                                               par Blot.

 

 

Autre

1671

Sur le même Air

 

Sur N....... de l'Enclos surnommé

Ninon.

 

Malgré ma maudite Luette,

Qui rend ma Muze toute/un peu muette;

Puisque l'adorable Ninon

Trouve bon qu'on chante en Carême.

Je ne lui dirai jamais non;

Plût à Dieu qu'elle en fit de même!

                                                                      par Blot.

 

 

[297]

Chanson

1671

Sur l'air: Il a battu son petit frere

par Blot.

 

Nous sommes une demy douzaine,

Qui ne nous mettons guere en peine

Du vieux ni du nouveau Testamant;

Et je crois qu'il est impossible,

D'en trouver sous le firmament,

Moins enviédazés de la Bible.

 

Tu crains la peine, et crois la gloire

Vieux Boulay, tu ne veux point boire.

Ta maniere d'agire me f......t;

La peur en tous lieux t'accompagne;

Nous sommes boug....de partout,

Tu n'est Boug.... que de campagne.

Mais toujours elle vous dira non.

 

Mes beaux yeux ne sont plus tant à craindre,

Et n'on rien qui puisse faire aimer.

J'ay trouvé l'art de me faire plaindre

En perdant ce qui pouvoit charmer.

 

L'incarnat que l'on voit sur mes levres,

Vient du feu qu'allume ma douleur.

Quand on doit de son rouge à la fievre

Cet éclat ne vaut pas la pasleur.

 

Mon esprit n'a rien d'une coquette,

Et l'amour ne l'a point éblouy.

Je dis non, s'il s'agit d'amourette.

Autrement je diray toujours ouy.

 

[301]

Chanson

1671

Sur l'air......

 

Un bon Dragon (doit être un anatême,

Un bon Dragon (doit etre un franc démon,

Sans foy, sans Loy, sans Crême, sans batême;

Un bon Dragon doit être un anatême,

Un bon Dragon doit être un franc démon.

 

Mon cher Gramont,

Il faut que tu m'enrolle,

Mon cher Gramont;

Je seray bon Dragon.

Je bois, je cous, je petunne, et je volle;

Mon cher Gramont,

Il faut que tu m'enrolle.

 

 Autre

1671

Sur l'air du Traquenard.

Sur Mad.e de Paumenar de Bretagne, de beaucoupd d'esprit, c'estoit son mary qui avoit enlevé M.lle de Créance (Bouille) qui est a present Marquise de Charnacé.

 

         Madame de Paumenar,

            Scavez vous le Traquenard;

Ouy ouy je le scay, je chante, je le danse;

Ouy, ouy, je le scay, de Coatquin me la montré.

 

 

[303]

Chanson

1671

Sur l'air des Bergeres de Maintenon.

 

de Thibouville la Lorie.

 

En mille endroits je parle de tendresse;

Et cependant je n'ay qu'une maîtresse;

Mais Elle veut se perdre dans la presse.

 

Autre

 

J'ay dans vos yeux longtems par ignorance

Pris pour langueur cequi n'est qu'indolence;

Mais ne n'ay plus d'erreur ny d'esperance.

 

 

Autre

Maugiron veut dans son loisir extrême,

Trouver quelqu'un qui l'amuse et qu'il l'aime;

Mais s'il m'en croit il s'aimera lui même.

 

 

Autre

1671

Sur l'air de Michelle.

 

Restes aimable St. Gervais,

Voicy du Breuil et Cauverville

Fumiere, le Bas et Thibouville*

Qui ne vous quitteront jamais.

            Si le mari s'en inquiette,

            Oh! dame c'est que....

Il viendra voir ceque vous faites;

Et puis quand nous le tiendrons tous

Ô Au rés tenez je l'amuserons,

Et puis je l'enjollerons.

Enfin tantia que je l'empescherons d'être jaloux.

 

*Cette comagnie êtoit au Ponteaudemer, séjour ordinaire à la Lorie, et l'on peut dire à son honneur en cette occasion male viam superabat opus.

 

 

[305]

Autre

1671

Sur l'air.....

 

Par Captot mari de la Dame.

 

                                   Sans Frenelle,

La Captot à son mary eut toujours êté fidelle.

 

 

Autre

1671

Sur l'air.....

M.lle de Vaillac a fait de son mary, qui êtoit Con.er au Parlement de Paris, un Comte de Montaud.

 

Connaissez vous la comtesse

Qui le prend d'un ton si haut?

Et veut faire la Duchesse;

Son maru n'est qu'un courtaut.

Bran, bran, bran de la Comtesse

Et du Comte de Montault.

 

[307]

Chanson

1671

Sur l'air des Feuillantines.

 

A Mad. e de Fourci.

 

Pour vous cueillir des Pavots,

            Que de vaux!

Narpante ny monts no vaux.

Voulez vous un somnifere?

Ecoutez, écoutez j'ay vôtre affaire.

 

Avez vous sage Fourci

            Mal dormi?

Le remede, le voicy.

Du ton dévot une dose;

Aussitôt aussitôt paupiere close.

 

Vers ou Prose sur ce ton,

            Tout est bon.

Dés l'exhorde du sermon

Par de doux signes de teste

Au prescheur, au prescheur vous faites feste.

 

Que vous ronflez promptement,

            Poliment.

D'un air d'aplaudissement,

Vous allez a tire d'aisle,

Jusqu'à la, jusqu'à la vie éternelle.

 

 

[309]

Chanson

1671

Sur l'air: Elle est revenue Dame Anne ou des

Rochellois.

 

Madame de Lionne.

 

On a dupé ma crédule Niece,   Mad.e d'Estrées.

Ce fut un faux Normand;

Pour emprescher qu'on fasse même piece,

A mon aimable enfant.

De ses amans je taste la premiere,

Je suis bonne memoy, je suis bonne mere.

 

Mamaon êtoit de son tems la plus belle,

Je la suis aujourd'huy;

Pour un amant nous sommes en querelle

Je m'en raporte à lui.

En vérité la disputte est gentille,

Je suis jeune et fille moi, je suis jeune et fille.

 

 

Autre

1671

Sur l'air.....

 

Dieux! que d'amans dans Vincennes,

            Souffrent de peines!

Dieux! que d'amans dan vincennes!

            Ce beau séjour

Fait retenir dedans nos plaines;

Darquien, et la Mothehoudancour,

Grancey, Coetlogon, et Dardennes,

Quand serez vous sensibles à nos amours?

 

Chanson

Sur l'air.......

1671

Tongrelou a fait un pet  bis

Qui a fait trember le Chastelet.

Paris et tou ma tourtourette

Paris et tou matourlourou.

 

Autre

Sur l'air: Un chapeau de paille

1671

Le Prince de Courtenay pour Mad.lle d'Houailly.

 

Pour vous charmer; j'ay mis à mon Carrosse

            Un grand Manteay Ducal,

Quoique trainé par deux méchante rosse;

            Cele ne sied pas mal.

Mon revenu, il est vrai qu'il est mince;

Mais je suis beau Prince moy; mais je suis beau Prince.

 

[313]

 

Chanson

1671

Sur l'air......

 

Si le B...... d'Assouci,        Musicien du Duc de Savoye.

Eut êté pris, bis

Il auroit êté roti,

Tout au travers des flames,

De Chausson de Fabri.

...................

 

Chausson s'ecria tout haut,

Où est Tarneau? bis

Ah! Monieur le Lieutenant

Avant que l'on me brûle;

Souffrez que je l'encule,

Et je mourai content.

 

 

Autre

1671

Sur un Air du Bourgeois Gentilhomme.

 

Sur le Cardinal de Bouillon retiré a villetaneuse, avec l'Abbé Sauvage, depuis Evesque; Par Mad.e de Longueval Chanoinesse, et soeur de la vieille Mareschal d'Estrées.

 

La jeune Eminence,

Craignant la médisance.

La jeune Eminence

S'est retirée aux champs.

L'Abbé Sauvage,

Homme si sage;

Son pucelage

Lui va gardant;

Mais il y perdra son tems.

 

 

[315]

 

Chanson

1671

Sur l'air: Sous l'archet il faisoit  beau voir,

ou des Ennuyeyx, ou Michault, ou sur l'air du Confiteur.

 

Sous l'Archet il faisoit beau voir

Madame nôtre Séneschalle,       La Séneschalle de Rennes.

Haranguant du matin au soir

Les Carognes de sa caballe,

Et dire à ses meilleurs amis,

Le vieux Coetquen icy m'a mis.

 

Pour vôtre consolation,

Je vous laisse ma fille aînée

Louez mon éducation,

Et baisez ma niece Renée.

Quand vous l'aurez baisée je croy

Que vous prierez tous deux pour moy.

 

Le nez caché dans son Manchon

A ses pieds se jette Montgeorge.        Chev.er de la Reine.

Il faut mourir petit cochon,

Dit la belle, il ny a plus d'Orge;

Cinq ou six amans ce matin,

Ne m'en ont pas laissé un grain

 

 

Autre

1671

Sur les mêmes airs

 

Sur Madame de Montespan.

 

La Montespan à de l'Esprit,

Et beaucoup plus que l'on ne pense,

Pourveu qu'on lui montre un gros V....

Elle souffre une grosse pense,

Et c'est pour cela que Louvoy

Est bien mieux traitté que le Roy.

 

 

[317]

 

Autre

Sur les mêmes Airs.

1671

Sur Mad.lle de Noirmoutier, depuis

Mad.e de Royan.

 

Le party n'es il pas bien doux?

Vous serez libre en vos affaires;

Je laisseray passer l'epoux,

Tous vos galans et Nos beaux freres,

Me contentant d'entrer en rang

A tout le moins une fois l'an.

 

Autre

Sur les mêmes airs.

1671

Sur M. rs d'Alluy et de Montluc.

 

Gloire soit au brave d'Alluis

Et au triste Montluc son frere;

Ce sont deux grands donneurs d'ennuis.

Sicut erat Monsieur leur pere,

Ils le sont et ils le seront,

In secula seculorum.

[319]

 

Chanson

Sur l'air: des Alleluya

1671

Mascaron pour  avoir presché,

Contre ou pour le péché,

Dans Tulles bientost chantera.

            Alleluya.

 

Le Sieur de Ris est survenu,

Qui nous a dit d'un air bouru.

Je parle peu; mais en amour

            Je vaux Saucour.

 

Autre

Sur l'air: Quand l'Opera tant vanté par la Grille.

1671

Par Corbinelli, sur lui même.

 

Estre fort sain, fuir toujours la tristesse;

Contre son destin ne faire jamais le mutin,

Estre sans maître enfin, et sans maîtresse,

Posséder son coeur, se bien connoitre.

Ne faire sa cour le soir n'y le matin;

Ne point remettre à vivre au lendemain.

N'est-ce pas cher amy comme il faut être?

 

[321]

 

Chanson

Sur l'air: Il y a tant de différence.

1671

 

Pour Mad.e de Sevigny Contre M.lle de Mery. par

Mr. de Coulanges.

 

Il y a tant de différence,

Entre des culs et des culs,

            Que rien plus.

J'en connois d'aparence,

De gras, de fermes et de dodus,

D'aucune maigres et mous.

 

Amour trouble ma teste,

Et le bon vin m'y fait,

            Mesme effet.

Cette double tempeste,

Qui trouble mon esprit, ne finit

Que quand je suis au lit.

 

Autre

Sur l'air: Reveillez vous belle endormie.

1671

 

Mr. de Charleval, pour Madame de Maintenon.

 

Bien souvent l'amitié s'enflame,

Et je sens qu'il est mal aisé

Que l'ami d'une belle Dame

Ne sout un amant déguisé.

 

[323]

Chanson

Sur l'air de Graveline

1672

Les 2 1.ers & les  deux derniers Couplets sont du Chtr de Riviere,

sur un M.e d'Ecole de Paris nommé Vigeon, brulé pour avoir connu des Poulles.

 

 

Lorsque Vigeon vit l'Assemblée       auparavant valet de Chambre

                                                          du Comte de Gramont condamné d'estre pendu.

Qui l'assitoit dans son malheur;

D'une voix haute et non troublée,

Il lui fit vous me faites honneur,

Vrayment voila bien de la foule

Pour un simple f...... de poulle.

 

Quoi Messieurs! quand cette potence

Devroit soûtenir aujourd'huy

Bautru ce grand boug....de France,

Vous n'en feriez pas plus pour lui.

Vrayment voila bien de la foulle

Pour un simple f...... de poulle.

 

Romain que j'aime et que j'estime,

Est un bon b...... abandonné.

Il n'a point en horreur le crime,

Et je crois qu'il sera damné.

J'en ay une joye infinie,

Car il me tiendra compagnie.

Si c'estoit le Duc de Vendosme,

Fils naturel d'un tres grand Roy,

Premier Marguillier de Sodome,

Vous n'en feriez pas plus qu' à moy;

Vrayment voicy bien de la foule

Pour un simple baiseur de Poule.

 

A Dieu, au Roy, à la justice

Je veux bien demander pardon;

Mais je souffriray le suplice

Sans m'excuser auprés du C.....

Je veux mourir en galant homme,

A Paris comme on fait à Rome.

 

[325]

 

Chanson

1672

Sur l'air...........

 

Sur le Duc de St. Simon.

 

Le vidame informé par l'avis de sa mere

A mis prés de sa femme un homme avec pouvoir,

De ne l'a point quitter, de scavoir ses affaires,

            Ou de tâcher à les scavoir.

 

Autre

1672

Sur l'air de la venue de Noël.

 

 

Sur M.r Rouillié Intendant de Picardie.

 

A l'arrivée de L'Intendant

Tout le monde se récria

En ce visage regardant

La laide beste que voila.

 

[327]

Chanson

1672

Sur l'air des Bergers héroïques de Psichée.

 

Ce couplet fut fait par le Roy Louis XIV.

 

Avez vous ressenti l'absence?    Mad.e de la Valliere.

Estes vous sensible au retour

De celui que vôtre présence

Va combler de plaisir et d'amour?

& qui meurt d'impatience

Alors que sans vous voir il doit passer un jour?

 

           

Réponse par Madame de la Valliere

 

Je ressens un plaisir extrême

De penser à vous nuit & jour;

Je vis plus en vous, qu'en moy même,

Mon soin est de vous faire ma cour;

Les plaisirs, sans ce qu'on aime,

Sont autant de larcins que l'on fait à l'amour.

 

 

Autre

Sur l'air de Joconde.

 

Remerciement à Madame du Gué qui en renvoyant un Livre que l'Auteur lui avoit presté, avoit mis dedans un espece de Signet de plusieurs Louis d'or.

 

Jamais present ne fut donné

Avec plus d'artifice.

Tous mes Livres en vérité,

Sont à vôtre service.

Le Ciel qui vous rend icy bas

Si digne d'être aimée;

Ah! pourquoi ne vous fil il pas

Naistre la soeur aînée?     Madame la Chanceliere le Tellier.

                                               par Coulanges

 

           

[329]

 

Chanson

1672

Sur l'air de l'ouverture du grand Balet.

 

Sur Mr. de Harlay Archevesque de Paris.

 

Pasteur tu fais pas comme ces Canailles,

                       Qui tondent leurs Ouailles

                       Pour croire le St. Troupeau.

                       Tu f..... comme un Moineau

                       Content d'un petit fonds.

Tu ne demande hormis quelques flacons

                       Rien que la dixme des C...

                       Malgré ta teste grise,

            Sans tant piailler à l'Eglise,

                                   En tout lieu;

Tu vas, faisant des serviteurs à Dieu.

Nul ne fait fleurir si dignement que toy

                       Nôtre Chrestienne Loy;

            Et souvent quand ta main batise

            Ton v...... lui donne cet employ.

 

 

Autre

1672

Sur l'air.....

 

Chanson faite par le Roy Louis XIV pour

Mad.e de la Valliere dans le commencemens

de ses Amours.

 

Qui les scaura mes secrettes amours?

Je me ris des soupçons, je me ris des discours;

Quoique l'on parle, et que l'on cause.

Nul ne les scaura, mes secrettes amours,

Que celle qui les cause.

 

[331]

 

Chanson

1672

Sur l'air des branles de Metz.

 

Des amours de la Franciere,         le Marquis de la Vieuville mort le...

Le récit est ennuyeux,                          May ou Juin 1719 de la verolle, que lui avoit

Car de vous nommer tous ceux          donné dit on, Mad.e de Belloy Franciere.

Qui l'on renversée par terre;

Il me faudroit plus d'un an,

Sans épuiser la matiere.

Il me faudroit plus d'un an

Pour compter tous ses amans.

 

Un Abbé du voisinage,         Bonneau

Deux Caumartins, trois Breteuils;

Ha! j en ay la larme à l'oeil,

L'ont eu quatre ans en partage;

Et cinq gros freres Machaults,

L'ont faite à leut badinage,

Et cinq gros freres Machaults,

Et le grand prestre Bertaud.

 

Tracy, Purnon, & le Lievre

Quoiqu'il ne fut pas Guidon,

L'ont pris d'assaut, ce dit on;

Dont tres grande fut la rage,

De ce pauvre Commandeur     Le Commandeur de Machault.

Qui l'a tenoit à ses gages.

De ce pauvre Commandeur

Qui en eut grand mal au coeur.

 

D'avoir en son pucelage,

Personne ne se souvient;

Mais le beau de Villeferain,

Qui la prit de fort bas âge,

Nous a dit confidemment

Qu'il trouva large passage;

Nous a dit confidemment

Qu'elle avoit le C...... bien grand.

 

Or escoutez la merveille

Son mary ce bon piquouar,

Le jour qu'il se fit Cornard

Jura qu'elle êtoit pucelle;

Mais son Cousin de Charny,

Lui dit qu'elle n'est pas telle;

Mais son Cousin de Charny

Luy dit qu'elle avoit menti.

 

 

[333]

 

Chanson

1672

Sur l'air des branles de Metz.

 

Dangeau pour M.lle de la Mothe depuis

Mad.e de la Vieuville.

 

C'est en vain qu'on est aimable,

Jeune, amoureux, et vaillant;

Si l'on n'est entreprenant

L'on est toujours misérable.

Un sage amant se transit,

Et devient insuportable.

Un sage amant se transit,

Un étourdy réussit.

 

Quand une aimable maîtresse

Se trouve seule avec vous,

Et par des mots assez doux

Vous temoigne sa tendresse.

Servez vous de ce moment,

Profitez du tems qui presse.

Servez vous de ce moment

Pour vous rendre heureux amant.

 

Réponse

Quand une jeune maîtresse,

Vous fait part de son tourment

L'on ne peut trop promptement

Profiter de sa tendresse.

Si vous tardez plus longtems,

Elle connoît sa foiblesse.

Si vous tardez plus longtems

Vous perdez d'heureux momens.

 

De vôtre mélancolie

Je crains un fâcheux succés,

La sagesse dans l'excés,

Est un excez de folie,

Et c'est une grande erreur

Quand on est jeune et jolie.

Et x'est une grande erreur

De croire garder son coeur.

 

[335]

 

Chanson

1672

Sur l'air de la Fronde.

 

Sur Marie-Louise de Noailles.

 

Marie-Louise de Noailles,

Faites-nous vîte un autre Enfant;

Car vous ne fîtes rien qui vaille

Dans le dernier accouchement.

Faites un seigneur de Malicornes,

Qui puisse un jour planter des Cornes

Sur la teste de ses amis,

Tant à la Cour que dans Paris.

 

Chanson

1672

Sur l'air des Ennuyeux

 

Bonzy vous êtes à deux mains    le cardinal

Pour le mâle & pour la femelle.

Vous penderiez tous les humains

Pour une pauvre bagatelle,

Vous n'aurez jamais vôtre égal,

Si Saint Papoul* n'est Cardinal.

 

* L'Abbé de Gramont amy de débauche du Cardinal.

 

[337]

 

Chanson

1672

Sur l'air des Roquentins.

 

La Desgory (1) ta hantise

Trop fréquente avec L'Eglise,

Nous a fait croire de toy

Que tu branle dans ta foy.

 

La Saint Jouin galante et belle;

A chez Elle une Chapelle (2)

Qui distille nuit et jour

La pure essence d'amour.

 

(1) Huguenote qui avoit une affaire avec Gilot Conseiller Clerc.

(2) Chapelle amy de son mary qui logeoit chez Elle.

 

[339]

 

Chanson

1673

Sur l'air……..

 

Sur Mad.e de Ris.

 

Je plains l’impatience

Que vous donne l’absence,

Ô Madale de Rise;

C’est une chose déplaisante

Que d’attendre en vain son mary.

 

Autre

1673

Sur l'air……..

 

Ninon* passe tes jours en jeu,

Cours toujours où l’amour te porte.

Le Prédicateur* qui t’exhorte;

S’il êtoit auprés de ton feu,

Te parleroit d’une autre sorte.

 

* Mademoiselle de l’Enclos

* Tallemant Laumonier.

 

[341]

 

 

Chanson

1673

Sur l'air: Que la vieillesse est lente

Dans l’Opera d’Alceste.

 

Ô Dieux! quel prodige nouveau!

Le paisible Berger Dangeau,

N’ayant pour tout second que le pedant Briolle,

Prétend faire payer par l’effort de son bras,

Jusqu’a la derniere Pistolle

A Peterborouk qui n’en a pas.

 

Voyez l’Argument qui est à la teste d’une Parodie de la 4.eme Scene du 2.d Acte de l’Opera de Cadmus et Hermione en 1673.

Elle commence par ce 1.er Vers.  Je vais passer en Angleterre

 

 

 

Autre

1673

Sur l'air…..

 

Couplet de Mr. de Mahaut de Tierceville

Pour sa fille.

 

Pour du Mesnil le Couvent a des charmes;

Mais je m’entends, c’est un Couvent de Carmes.

 

[343]

 

Chanson

1673

Sur l'air: Ne sortirai-je point des Tours de la Bastille

 

Par le Chtr de Gramont.

 

Je passe incognito dedans la diligence,

Je n’ay point veu Guitait ma vieille connoissance;

Mais à son gros Chasteau j’ay fait la révérence.

 

 

Autre

1673

Sur l'air du Traquenar.

 

La Marquise de Coatquin

Aime Monsieur de Quintin;

Il a l'air d'un Etourneau

Mais qu'importe, mais qu'importe

Il a l'air d'un Estourneau;

Mais c'est un galand nouveau.

 

[345]

 

Chanson

1673

Sur l'air: Ne sortirai-je point des tours de la

Bastille, ou les Lancelots.

 

Par Mr. de Coulanges, sur la Maison de Turpin-Sanzay, dont

est le Comte de Sanzay son beaufrere.

 

Lancelot Turpin fit boucler sa Denise

D'un Cadenat qu'il eut du Doge de Venise;

Car elle avoit l'humeur encline à Paillardise.

Denise en amour bien fine & bien aprise,

Par une fausse Clef mit son fait en franchise,

Et s'adonna toujours depuis à paillardise.

 

Chanson

1673

Sur l'air.....

 

Impromptu de Mahaut Tierceville, pour sa femme, qui

lui demandoit un Couplet de Chanson en son honneur.

 

La jeune merveille,

Qui fait mon soucy;

A la bouche vermeille,

Et le bout du nés aussi.

 

[347]

 

Chanson

1673

Sur l'air: Nous baison tous le mains.

 

Ha! que je hay ce faquin de Nouveau,

Que ce coquin a un vilain museau.

Il est punais, il est ladre et puant.

            Il est sans coeur,

            Et n'eut jamais d'honneur,

            Et fait le suffisant.

 

 

Autre

1673

Sur l'air: Tandis que nous sommes.

 

Doberboc la belle,

Vous faites un grand mal,

D'avoir brouillé la Cervelle

Du Procureur Général.

 

Hendreville, et Panilleuse.

[349]

 

Autre

1673

Sur l'air. Nous baisons tous les mains.

 

De vos amans divine Marion;    de Lorme.

Ne vous meslez point de la Religion.

Qu'ils soient Papistes, ou qu'ils soient huguenots,

            S'ils baisent bien.

            Qu'importe de Coetquen,

            Ou bien d'Andelot.

 

Autre

1673

Sur l'air......

 

Madame de la Suze, pour le Marquis

de Flamarins (Grossolles).

 

J'avois juré de ne jamais aimer;

Mais helas! mon serment êtoit bientéméraire;

Quand j'avois crû que rien ne me pouvoit charmer.

Tircis vous n'avire pas entrepris de me plaire.

 

 

 

[351]

Les derniers volontez,

Réparation de Biens, Charges et vices

de M.r de Maré sain d'Esprit, qu'il a suplié le Roy son

maître d'avoit la bonté de faire exécuter, en considération des

services qu'il a rendus, et qui lui ont acquis l'affection de S. M.té qu'il portera au tombeau, et encore plus loin, s'il est permis à ceux qui passent dans l'autre monde, d'avoir quelque attache pour cequi reste sur la terre.

 

                       Premierement

Je donne mon ame à Dieu, mon corps à la terre.

Le bien qui me reste, à ceux à qui il appartient,

manque de Soldats à qui le distribuer.

            Mon coeur tout entier au Roy

            Ma reconnoissance de leurs bienfaits à Mr. le

Prince, et à Mr. le Duc.

            Mes respects à M.r de Savoye.

            Mes regrets à la Maale de Grancey ma belle

mere.

            Mon indignation à Longueval.

            Mon amitié à Mr. de Quitry.

            A Mr. Rohan mes grands desseins.

            Ma liberté, ma tendresse, et mes pensées au

Portugal.

            Mes mépris à venise et à son Senat.

            Mes obeissances éternelles à Mr. de Séer.

            Mes Conseils sinceres au Prince de Courtenay.

            Ma joye à la prospérité de vos Armes.

            Ma gayeté au Comte de Gramont.

            Ma franchise à Mr. de Charost.

            Ma timidité à la nature qui craint cette

séparation.

            Ma langeur pressante à mes blessures.

            Mon inquiétude à la peur que j'ay qur V.M.

ne soit pas encore bien persuadée qu'elle n'aura

jamais un second Maré en affection.

            Mes vertus occultes passées à Saucour.

            De la valeur si j'en ay eu à .......... de

Portugal.

            La qualité de mon amy au Comte du Lude.

            Mon honnesteté à Grignan.

            Ma douceur au Comte d'Estrées.

            Mon humeur loyalle à Chamilly cadet.

            Mon humeur brusque et considérable au

Marquis de Coeuvres.

            Ma fouberie à Schomberg.

            Ma liberté au Conjongo du 12 Novembre 1667.

            Mes remords aux Emprunts que j'ay faits.

            Ma bravoure si j'en ay à Gadagne, car il n'y

a personne dans vôtre Royaume qui en ait plus

que luy.

 

[353]

            Mon égalité à M.r le  1.er de Beringhen.

            La connaissance que j'ay des Langues, au

Comte de Guiche.

            Ma phisionomie funeste au Maal de Camp

de vos Armées, où je prie Dieu qu'il veuille toujours

demeurer. M.r le Bret.

            Mon zele pour ses services, à Mr. du Terron

de la Rochelle.

            Ma malédiction à la Salle et des Chapellet,

Et à tous qui vous quitteront pour le service des

Venitiens.

            Mes Compliments à Mad.e la Duchesse de

Montausier.

            Mes malheurs à sa niéce ma femme.

            Ma legereté à son autre niéce la Mothe.

            Ma bonne opinion à Cologon.

            Ma sagesse à d'Arquien.

            Ma jeunesse et mon brillant à la Mark.

            Ma bonté à Mad.e la Maale de Grancey.

            Mon ridicule à mon beaupere.

            Ma veine poëtique à Mad.e de St. Martin.

            Ma folie toute entiere à la Feuillade.

            Mon estime qui vaut encore plus que l'on ne

scquroit croire à Bourbonne, quand sera veuf,

à mon beaufrere le marin.

            Mes obligations à Busserolle qui volage.

            Mes remercimens de sa bonne volonté à

Sanguin.

            Mon aversion à Termes, a cause de l'amitié

que j'ay pour Castelnau.

            Mon indifférence à plusieurs de la Cour.

            Mes Cornes si j'en ay à celui que v. M. trouvera

plus dignes de les porter.

            Ma maîtresse à Louvigny puisqu'il a pû

lui plaire.

            Mon jugement si j'en avois à Chamilly.

            Trente Pistolles à Fromenteau.

            Le sacrifice de mon ambition au mérite de

Louix XIV.

            Mes chagrins au peu de biens que j'avois pour

le servir.

            Mes espérances à mon Espée.

 

[355]

Epitaphe

1673

de Jean-Baptiste Moliere Comédien

(Poquelin) mort le 17 Fevrier.

 

            Cy git qui parût à la Scêne,

            Le Singe de la vie humaine,

            Et qui n'eut jamais son égal;

Mais voulant de la mort, ainsi que de la vie,

Estre l'imitateur dans une Comédie,

Pour trop bien réussir, il réussit fort mal:

            Car la moet en êtant ravie,

            Trouva si belle sa copie,

            Qu'elle en fit un original.

 

Sonnet

1673

Sur le Mesme

 

Dans ces lieux profanez par un méchant folatre.

De qui l'attache au bien, l'aveuglement fut tel,

Qu'il permit tout au vice, et fit que le Théatre

Impunément livra guerre ouverte à l'Autel.

 

Il eut les sentiments d'un parfait idolatre,

Chacun dans ses désirs, eut sa part au Cartel;

Ce Dieu qu'il adora, ne fut qu'un Dieu de plâtre,

Et sa foy, s'oposoit à son être immortel.

 

En  se flattant lui même, en son libertinage;

On l'av veu soûtenir, differend personnage;

Mais le plus fort parût au divin tribunal.

 

Où ce pauvre insensé, cet ingrat, cet impie,

En pensant de sa mort, n'estre que la copie,

En devint par malheur le triste original.

 

[357]

Réponse

1673

Si je fus un plaisant, si je fus un folatre,

De mon attache au bien, l'excez n'estoit pas tel;

Que sans respect pour Dieu, l'on ait vû un théatre,

Faire de mes leçons, le procés à l'Autel.

         Pénétrant le vray culte et le cultre idolastre,

Aux dévots simulez, je livray le Cartel:

Je renversay l'Idolle et découvris le plastre

Qui tâchoit d'emprunter un visage immortel.

         Sous l'habit de vertu, le libertinage,

Joüoit impunement, un lasche personnage;

Je le fus attaquer jusqu'en son tribunal.

         Pour détrosner l'erreur; je contrefis l'Impie,

Puisque je n'estois que la simple copie,

Ne la confondez pas avec l'Original.

 

Epitaphe

sur le même

 

C'y gist, qui scavoit faire rire

Aux dépens de tout l'univers,

Et assaisonner ses...........vers

Du sel piquant de la Satire,

D'un stile plaisant et bouffon;

Qui ne fut jamais trouvé fade.

Il a joüé sain & malade;

homme, femme, jeune et barbon,

Le Cocu, le jaloux et le mélancolique,

Le Gentilhomme, et le bourgeois,

Le Marquis et le villageois;

Ont êté le suhet de sa veine comique.

Heureux s'il n'avoit point enfin,

attaqué l'hipocrite et le Medecin!

Ces derniers animez d'une rage intestine,

L'ont laissé sans secours, aller au monument,

Le medecin, sans medecine,

Et le bigot sans sacrement.

 

[359]

Sonnet

1673

Fevrier

Mad.e de Courcelles aux pieds de ses

Juges.

 

Pour un Crime d'amour, dont je ne suis pas  coupable,

Que pour avoir le coeur, trop sensible, et trop doux;

Dois-je avoir un tiran, sous le nom d'un Epoux,

Arbitres Souverains de mon sort déplorable?

 

Ce barbare auteur des maux dont il m'accable.

Oze-t'il se servir de Thémis et de vous?

Pour m'immoler bientost à ses chagrins jaloux,

Et me faire périr, pour être trop aimable?

 

Ha! consultez de grace, et vos yeux, & vos coeurs,

Ils vous inspirent d'etre mes Protecteurs,

Tout ce que fait l'amour, n'est il pas légitime?

 

Et vous, qui tempérez la sévére Thémis,

Pourriez vous vous résoudre a châtier un Crime,

Que la pluspart de vous, voudroient avoir Commis?

 

 

Autre

1673

Par un des Juges de Mad. e de Courcelles.

 

Le Prophete Cornu,  fait une Loy severe,

Qui vange les Cocus, qui flatte les jaloux;

Puisqu'il veut qu'on lapide une femme adultere.

Consultons un légiste, et plus sage, et plus doux.

 

Ce sera le Sauveur, puisqu'en pareille affaire,

Il confondit les Juilfs, et détourna leurs coups.

Lapidez, leur dit il, celle qu'on vous défere;

Mais que le premier coup, soit d'un juste entre vous.

 

Il scavoit qu'en amour, la faute est si commune,

Qu'il faudroit assommer et la blonde et la brune;

Mais il êtoit venu pour sauver les pécheurs.

 

Amis quittons la Loy, vivons sous l'Evangile,

Si l'Astre dominant, fit la belle fragile

Courcelles est son Moyse, et soyons ses Sauveurs.

 

[361]

Sur la même

1673

On êtoit sur le point d'immoler une belle

                       A l'injuste couroux,

                       D'un avare jaloux,

                       Bientost à la Tournelle,

                       Malgré le grand Talon;

            On alloit prononcer contre elle,

Et malgré ses avis, la tondre tout du long;

Quand l'amour qui dormoit, sur la foy de ses charmes,

S'eecria tout d'un coup, Hé! quoi lasches mortels!

            On va prophaner mes Autels?

            Et vous ne prenez pas les Armes?

                       Aussitost armé de ses traits

                       Il vint à tire d'aisle

                       Se ranger auprés d'Elle,

Et lui mit dans la main la bague de Gigez,

Pour obscurcir l'eclat de sa vie prunelle,

                       Et malgré la Tournelle;

            Sans autre forme de procez,

            Il enleva la belle.

 

Sur les Boutiques de la Gallerie neuve du Palais.

1673

 

Lamoignon, il faut avoüer    1.er President  

Que tes vertus et tes Boutiques,

Seront, malgré les satiriques

Eternellement à loüer.

 

[363]

Chanson

1673

Sur l'air: Reveillez vous belle endormie.

 

Sur l'Abbé Tallement Aumosnier de

Madame, Duchesse d'Orleans, et de l'Academie Françoise.

 

Sire, Tallemant vous suplie,

De souffrir qu'il soit toujours gueux;

On la veu tel toute sa vie,

Et n'a pas vescu moins heureux.

 

Personne n'a plus d'eloquence,

Ny de mérite qu'il en a;

Mais il doute dans l'abondance,

Si le mérite le suivra.

 

S'il a dit sur vôtre victoire

Quelque chose qui vous ait plû;

Pour en aquitter vôtre gloire

Ne hazardez pas sa vertu.

 

C'est un héros de gueuserie,

Qui doit meme être respecté,

Durant tout le cours de sa vie

De vôtre libéralité.

 

Un grand Monarque doit connoître,

Comme il faut placer les bienfaits,

Et ne doit enrichir jamais

Ceux qui n'ont pas besoin de l'être.

 

Ses oeuvres que vous admirez,

Tentent vôtre magnificence;

Mais seurement vous gaterez

Le plus beau naturel de France.

 

Il faisoit sur sa pauvreté

Toujours quelque Conte pour rire:

Sitost qu'elle l'aura quitté,

Il n'aura plus le mot à dire.

 

Sire, je n'en suis point jaloux;

Mais vous scavez cequ'il scait faire;

Si vous l'obligez à le faire,

Vous y perdrez bien plus que nous.

 

Ne craignés point que l'on s'offense,

Si l'on le voit abandonné;

C'est le seul homme d'importance,

A qui vous n'aurez rien donné.

 

[365]

 

Sur la Fuite de Madame de Mazarin.

1673

Sire, dit Mazarin, blême, pâle, interdit,

Ma pauvre femme, hélas! qu'est elle devenuë?

La chose, dit le Roy, vous doit être connüe;

L'Ange qui vous dit tout, ne vous l'a t'il pas dit?

 

Il avoit dit au Roy qu'il avoit eu une revelation de l'avertir de ne plus voir Madame de la Valliere.

 

 

Epigramme

1673

Sur ce que Quinaut vouloit faire oster son nom des Satires de des Préaux.

 

En vain mon cher Quinault tu pleure, tu soupire,

Pour faire oster ton nom du Livre des Satires.

Un Critique tout seul, peut il te décrier?

Je crains d'autres écrits qui te font plus d'outrage;

Ta femme, tes enfans, m'ont dit de te prier

D'oster ton nom de tes propres ouvrages.

 

 

[367]

 

Chanson

1673

Sur l'air Lon lan la derirette.

 

Je n'aime point les grans garçons; bis

J'en ay de fort bonnes raisons.

            Lon lan la derirette;

Mais je suis folle d'un petit

            Lon lan la deriri.

 

C'est Be/athillac le Chevalier  bis

A qui je n'ose me fier,

            Lon lan la derirette.

Car l'amour est fait comme lui,

            Lonlan la deriri.

 

Sur ce petit minois d'Enfant,   bis

C'est peut être lui qui m'attend;

            Lon lan la derirette.

Pour se venger de mes mépris,

            Lon lan la deriri.

 

Ascagne ce petit fripon,  bis

Fit le même tour à Didon,

            Lon lan la derirette.

On scait ceque Virgile en dit.

            Lon lan la deriri.

 

Faites éprouver ce destin, bis

Au débonnaire Sacristain.

            Lon lan la derirette.

Je m'escriray sur pain beni,

            Lon lan la deriri.

 

Mais pour le tendre Chevalier, bis

Il ne faudroit pas l'oublier,

            Lon lan la derirette.

Vous ne l'oublirez pas aussi,

            Lon lan la deriri.

 

Mais pourquoi me remercier? bis

Est-ce d'aimer la Bedacier?

            Lon lan la derirette.

Je parle comme un étourdy,

            Lon lan la deriri.

 

Je m'en raport à mes rivaux,  bis

Et même qu S.r de Bridavaux,

            Lon lan la derirette.

Que vous avez si fort trahi,

            Lon lan la deriri.

 

Vos beaux yeux desarment les coeurs  bis

Je les croi de plus grands vainqueurs,

[369]

 

Lon lan la derirette.

Que n'etoient Galas et Mercy,

            Lon lan la deriri.

 

Mais j'ay peur de vous ennuyer, bis

Adieu donc la belle Bedacier,

            Lon lan la derirette.

Je croi qu'il est tems de finir,

            Lon lan la deriri.

 

Depuis que vous êtes à St. Cloud, bis

Je vis comme un pauvre Garou,

            Lon lan la derirette.

Qui n'a repos ni jour, ni nuit,

            Lon lan la deriri.

 

Pour vous dans ces aimables lieux, bis

Possedant la belle de Rieux,

            Lon lan la derirette,

Vous possedez tous les plaisirs,

            Lon lan la deriri.

 

Fait à Paris le trente May, bis

Sur un chant peut être trop gay,

            Lon lan la derirette.

Pour un amant quasi transi,

            Lon lan la deriri.

 

 Autre

1673

Sur l'air Harlai n'est plus

ou Mais.

 

Sur le Marquis de Courcelles Champlais.

 

L'on ma volé, l'on a pris ma vaisselle,

Crioit un jour le Marquis de Courcelles,

                       Mais

            Il me reste une fourchette

            Qu'on ne m'ostera jamais.

 

[371]

 

 

Chanson

1673

Sur l'air de l'Alleluya.

 

La Lusancy met tant de fard,

Qu'Elle sent toujours le vieux lard;

Le gousset et le faguena.

            Alleluya.

 

La Ville et Betaud nous ont dit,

Qu'Elle vaut pas un grand mercy;

Du Til en disoit tout autant,

            En la quittant.

 

Villiers pour elle soûpiroit,        N.......Courtin Mgs de Villiers, faisoit le guet toute

Et nuit & jour lui protestoit,     la nuit dans le tems qu'elle demeurait au temple.

De mettre en poudre ces gens là.

            Alleluya.

 

La nuit dans le grand Prieuré

On l'a vêu jaloux eschauffé;

Quand il vit un homme entrer là.

            Alleluya.

 

Cet homme estoit Italien,         Albergoti.

Et n'alloit pas le grand chemin;

Cette belle en vouloit par là.

            Alleluya.

 

Sitost que Varenne eût apris,

Que son amour êtoit trahy;

Tous ses deffauts il publia

            Alleluya.

 

[373]

 

Chanson

1673

Sur l'air des Rochelois.

 

Je vais vous faire trait pour trait

D'un vieux Gascon le vray portrait,

Wous le reconnoîtrez sans peine.

Il est bossu, jaloux, puant;

Tres méprisé de la Fontaine

Le reconnoissez vous maintenant?

 

 

Autre

1673

Sur l'air des Ennuyeux.

 

Voulez vous scavoir les Auteurs.

Des Chansons qui vont par la ville?

En voicy la plus fine fleurs;

D'Olonne, Bussy, la Gouville,

........................

Sont Ennemis du genre humain.

 

[375]

Chanson

1673

Sur l'air: Qu'en dira t'on?

 

On dit Saint Loup, qu'un Mareschal de France

Vous fait payer de vôtre pension;

            Si la finance

            D'un vieux barbon,

Vous fait un jour chasser le peuple bon,

            Qu'en diroit on?

 

Autre

1673

Sur l'air: Depuis Janvier etc.

 

Pour Jacques II. Roy d'Angleterre.

Vous pouviez conserver Grand Roy

La Foy de Jesus et sa Loy,

Sans employer sa Compagnie; Les Jesuittes

On ne la connoît point aux Cieux.

Si de la Terre on l'eut bannie,

Vous, et le monde en seriez mieux.

 

 

[377]

 

Chanson

1673

Sur l'air: Il fait tout cequ'il deffend.

 

Deudreville et Panilleuse,

Entre les verres et les pots,

D'une humeur assez joyeuse,

Se disoient à tous propos;

A ta santé camarade,

A ta femme prens bien garde;

Taype et tingue grand mercy,

Prens garde à la tienne aussi.

 

 

Autre

1673

Sur l'air des folies d'Espagne

 

Couplet de Tierceville pour Madame d'Heudicourt qui lui demandoit une Chanson sur l'air des folies d'Espagne.

 

Vous aimez donc les folies d'Espagne?

L'Air vous en plaît, il est charmant et doux;

Si vous aimiez celles de nos campagnes,

Que j'en ferois de jolies avec vous!

 

 

[379]

 

Catalogue

1673

des Livres qui se sont trouvés dans la

Biblioteque de Chevalier de Fourille

 

L'Art de seigner par M. Jean-Baptiste

            Chirurgien du Roy.

L'impossibilité de la circulation du sang,

            trouvé et éprouvé par le même.

De inventione libri centum edicti impensis et

            cura fratrum sodalitatis erecta parisÿs

            sub inventione sancti Mathesi.

Factum pour les Filles Repenties demanderesses

            en déguerpissement et restitution de Dame

            Louise-Marie de la Baume-le Blanc,

            Contre les Religieuses Carmelites

Bardacos Epiphanos, ouvrage Italien et grec

            par frere Louis Lotheren.

Le voyage de St. Mathurin, fait par Julie

            d'Angennes.

Le bon Laron ou les dévotes intentions de

            M. de Pomponne, Auteur d'une Maltote

nouvelle.

Recueil des plus belles pensées du Prince de

            Marcillac.

Almanach pour l'année prochaine, promettant

            un redoublement du mal de St. Francois.

La Grande Ecurie de Balarri, où le nom

            des Asnes qu'on a depuis peu receus à

            l'Academie Francoise.

De concordia Religionis et injustitiae quatuor

            Authore Guillelmo Lamonio Curice parisien

            si praeposito.

Le mauvais Laron ou le Concussionnaire

            découvert, par M.r Betault.

Les Libertez de l'Eglise Gallicanne, ou la

            vie dissolue des Prelats suivant la Cour,

            decouverte par les discrettes du Marais, c'est

            un grand Livre inf. e dans lequel se trouve

            encore l'Echo de S.te Varenne, redisant jus-

            -qu'a sept fois les soupirs amoureux de

            M.r de Rispa.

Le Cuisinier François commenté par Mr. de

            Toulouze.

 

L'Oraison funebre du Celibat prononcée chez

            Mad.e de Bretonvilliers le jeudy 1.er Fevrier

            en l'Assemblée des belles par, M.re Francois*....    * On n'a point-voulu      Duc et Pair de France.                                               mettre icy le nom de Famille.

Les Sermons de Moliere.

Les comédies de Mascaron

Harangue faite au Roy par le S.r des Chiens

            au nom et à la teste des Coupeurs de bourse

            de Paris, depuis longtems sans employ et

 

[381]

 

            s'offrant de servir auprés de M.rs des

            Finances.

Les Mémoires de M.r de Montauzier, concer

            nant la véritable raison de beaucoup

            d'incidens.

Nuptiae disparatae. Ouvrage posthume de

            Johannes Baraldus traduit en Francois,

            par M. Guilloire cy devant Secretaire des

            Commandemens de S.A.R. Mad.lle

L'Establissement des mariages de conscience

            par le Comte de Montresor Docteur endroit;

            dedié à son Altesse M.lle de Guise.

Monitoire décerné par le Légat de Vendôme,

            à la Requeste des Parlemens de France;

            pour avoir révélation des malveillants,

            qui leur ont enlevé clandestinement  leur

            souverainté.

Un Mémoire qui a pour titre, la vie rustique

            de M.re Francois de Medavi Archevesque

            de Rouen, reveu de nouveau, et augmenté

            d'un traité, contenant la maniere de faire

            venir le sainfoin dans les Jardins de

            Gaillon.

Les Portraits de plusieurs hommes, sui de nos

            jours se sont élevés aux plus grandes

            fortunes, quoique sans mérite, sans naissance

            et sans vertu; les mieux faits sont ceux

            de M.r Servien et de M.r Berrier, placés

            en regard et mis en profil.

[383]

 

Chanson

1673

Sur l'air:  Daye dan daye.

 

Sur l'Abbé de Gramont.

 

En hiver l'Abbé de Gramont

N'a pas le courage trop bon:

Mais ma foy dans la Caniculle

C'est un Hercule, c'est un Herculle.

 

Autre

1673

Sur le même Air.

 

Admirons tous à haute voix

La bonté du plus grand des Rois.

Il est descendu aux Entrailles

De Fontrailles, de Fontrailles.

 

[385]

 

Chanson

1673

Sur l'air du Ballet.

 

Le Comte de Gramont alais Bussy pour

La Comtesse de Fiesque.

 

            Plus je presse,

            La Comtesse,

            De s'attendrir;

Et plus cette inhumaine

            Dit que ma peine

            Est folle & vaine,

Et qu'il m'en faudra mourir

Un moins entesté que moy,

            Par cette rigueur,

            De coeur,

            Se dégageroit de sa foy;

Mais je suis trop heureux

            Sans espoir,

            De  jamais rien avoir

D'en être seulement amoureux.

 

 

Autre

1673

Sur le même air.

 

Fait par le Comte de Bussy, sur son exil

aprés le voyage de la fameuse débauche

de Roissi, la Semaine sainte.

 

                  Je déteste,

                  Comme peste,

                  L'Ordre du Roy,

Qui parceque je raille,

                  Vaille que vaille,

         Me dit que j'aille,

A tous les Diables chez moy.

Quoi! pour m'estre réjouy,

         Pour avoir chanté,

                  Dancé.

La Semaine Sainte à Roissy,

         On me chasse helas?

                  Je promets,

Si j'en reviens jamais,

De faire bien des Alleluyas.

        

[387]

 

Chanson

1673

Sur l'hymne Ut queant lacis etc.

 

Enfin Montbazon,

A changé de Maison;

Voulant à ce prix

S'aprocher de Paris;

Elle a sa raison;

Mais l'argent qu'elle apris,

Aigrit nos Esprits.

 

[389]

 

Chanson

1673

Sur l'air: Ah petit a petit.

 

Marie-Louise Pot-de Rhodes, Duchesse

de Vitry, fit ce couplet pour le Marquis de

Renel ou Revel.

 

Que Monsieur de Renel

Me conte des sotises;

Si je croyois ce mortel,

Adieu ma pauvre franchise.

Ah! je ferois à sa guise

Un gros péché mortel.

 

[391]

 

Chanson

1674

Sur l'air de l'Echelle du Temple

 

Sur les noces de Mr. d'Amboille fils

de Mr. d'Ormesson.

Par Mr. de Coulanges.

 

Le soir de ses noces un garçon,

Mais un garçon déja barbon,

Fit cette démande à son pere.

Dites moy ceque c'est qu'un C.......?

A quoi sert il? qu'en faut il fair?

Dites le moy papa Mignon?

 

Mon fils j'aprouve ta pudeur,

Tu seras béni du Seigneur,

Pour une si sainte ignorance.

Qu'un C...... ne te fasse point de peur;

Fait tout doucement connoissance,

Et tu seras bientost Docteur.

 

Mon fils tu feras comme moy,

J'etois ignorant comme toy.

Le jour que j'epousai ta mere,

Je redoutois ce premier pas;

Mais sa main conduisant l'affaire,

Me tira de cet embarras.

 

Aussitost il se mit au lit;

Mais se sentant roidir le V......

Il se crut possédé du Diable.

Tobie lui vint en l'esprit.

Et trouvant le cas tout semblable.

Il pria Dieu toute la nuit.

 

 

[393]

 

Chanson

1674

Sur l'air de l'Echelle du Temple

 

Par Dangeau.

 

Tous nos souhaits sont accomplis,

Madame a fait un second Fils.     Philippes Duc de Chartres.

Dieu bénisse Monsieur son pere,

Quoiqu'il soit content aujourdhuy,

Si je plaisois à ma bergere

Je serois plus heureux que luy.

 

 

Réponse par M.r de Luxembourg

(alias le Ch.er de Lorraine.)

 

Dangeau rime facilement,

Dés la je crois qu'il est amant,

Et voicy surquoi je me fonde,

Pour faire des vers chaque jour

Dont le tour plaise à tout le monde,

Il faut les devoir à l'amour.

 

 

Autre

1674

Sur un Air de Lambert.

 

Les parolles sont de l'Abbé de Saintot, pour

Mad.e D......

 

Ah! ne voulés vous pas entendre

Le langage de mes soupirs?

L'amour n'en a point de plus tendre

Pour vous exprimer mes désirs.

Je ne vous demande pas de l'aprendre,

Pour le parler; mais pour l'entendre.

 

Mais si pour exprimer ma peine

Mes soupirent ne suffisent pas;

Je veux trop aimable inhumaine

Vous l'aprendre par mon trépas.

Je ne vous demande pas de l'aprendre

Pour le parler; mais pour l'entendre.

 

 

[395]

 

Chanson

1674

Sur l'air: Peut on mieux faire, quand

on scait plaire, de l'Opéra,

de Cadmus.

 

Vous serez Reine,

            Belle Climene.

Vous serez Reine

            Belle Norry:

Puisque déja le ciel vous donne

Un petit Louvre pour logis,

Et pour amant une teste à couronne;

Vous serez Reine je vous le dis.

 

[397]

 

Chanson

1674

Sur l'air: Vous étonnez vous etc.

 

de la Comédie de Circé.

 

Chalopin le soir,

Orné de feuillage,

Voit un sot visage,

Dedans son miroir;

Son air est farouche,

Son esprit mutin.

Il a beaucoup de bouche,

Et peu d'Escarpin.

 

[399]

 

Chanson

1674

Sur l'air.....

 

Au sujet du mariage de Mad.lle du

Bose soeur du Prevost des Marchands;

avec M.r Bontemps.

 

Beauté qui n'avez que quinze ans,

            Prenez Bontemps,

Laissez là ces Intendans;

            Ces gens de Code

            Sont hors de mode.

            Prenés Bontemps.

 

[401]

 

Chanson

1674

Sur l'air des Ennuyeux.

 

Sur Mr. Dangeau.

 

Dangeau se voyant trop frondé,      il passa en Ang. re pour se battre.

Sur les bruits venus d'Angleterre;

Assembla Turenne et Condé,

Pour former son Conseil de guerre.

Le Roy l'ayant sceu, dit, Pourquoi

N'a t'il pas consulté Louvois?

 

 

Autre

1674

Sur l'air: M.r de la Palisse est mort.

 

Sur le voyage de Dangeau en Angleterre

en 1674.

 

Adieu ma femme et ma soeur,

Adieu mon frere et ma fille.

Priez tous nôtre seigneur

Pour le Chef de la famille.

 

Je m'en vais exterminer

Peterboroug en Angleterre.

Il faut m'y déterminer,

Ou bien quitter cette terre.

 

Mes Amis* veulent ma mort,

Un Mareschal & un Prince,

N'ont point pitié du sort

D'un Gouverneur de Province.

 

* Il consulta M.r le Prince et le Mareschal de Turenne qui lui conseillerent de s'aller battre contre Peterboroug.

 

 

[403]

 

Autre

1674

Sur l'air: Que la vieillesse est lente!

dans l'Opera d'Alceste.

 

Ô Dieux quel prodige nouveau!

Le paisible berger Dangeau,

N'ayant pour tout second que le pédant Briolle,

Pretend faire payer par l'effort de son bras,

            Jusqu'à la derniere pistolle,

            A Peterboroug, qui n'en a pas.

 

            Si ces foudres de guerre

            Conquestent l'Angleterre;

            Grand Roy portés vos Loix

            D'un bout à l'autre de la terre;

            Ce sont là vos moindres François.

 

 

Autre

1674

Sur l'air: Daye dan daye.

 

Nous te verrons dans l'Almanac,

Grace aux soins qu'en a pris Sessac, (a)

En Chaussons/caleçons et en camisolle,

Avec Briolle, avec Briolle.

 

(a) Le Marquis de Sessac revenant d'Angleterre en ce temps là, conta l'affaire s'estoit passée.

 

[405]

Satire

1674

Contre les Moines.

 

Tous les donneurs d'avis ne sont point encore morts,

Si ceux de St. Ignace ont droit dessus nos Ports;

Si chaque muid de vin leur doit pour relever leur Temple

Tous les autres Couvens n’ont ils pas bel exemple?

François ne vaut il autant que Loyola?

Et doit on faire moins à ceux cy qu’a ceux là?

Dès que les Mandians furent soufferts en France,

Le Crédule Bourgeois fournit à leur dépense;

Ces adroits fainéants ont milles inventions,

Pour leur faire donner certaines pensions;

Et quatre grands Couvents pleins de cette canaille,

Mettent adroitement le Bourgeois à la taille.

Un gros frere questeur plus exact qu’un rentier,

Luy vient à tous momens demander son quartier,

Et quand il a recue l’aumône qu’il demande

Il paye le donneur d’un grand Dieu vous le rende;

On diroit à le voir comme il croise les bras,

Comme il baisse les yeux et conduit tois ses pas,

Comme il scait composer sa voix et son visage;

Qu’aussitost qu’on est Moine, il faut que l’on soit sage;

Mais tout est contrefait, tout est fardé chez eux;

Ils sont tous opulens et feignent d’etre gueux.

 

Les Jesuites de la rue St. Antoine obtinrent 5.eme d’Entrée sur chaque maid de vin pour relever leur Eglise et pendant qu’on la benissoit une femme s’avisa de dire fy fy qu’il put icy, qu’il y sent le vin.

 

                                                                                                                                                                                                                                                     [406]

Et malgré la couleur d’une feinte indigence,

Il faut meilleur chez eux qu’en aucun lieu de France:

Ces Moines en tout tems ont leur dépens payez,

Sans faire aucun travail ils sont tous deffrayez:

Enfin il n’est rien de plus faineant qu’un Moine;

Je lisois qu’autrefois le bon Saint Antoine

Se plaisot a nourrir quelque cochon chez luy,

Et le plus saint d’entre eux dans le siècle où nous sommes,

Nourrir plus de Pourceaux que nôtre Roy n’a d’hommes.

Chaque St. a sa bande et sa marque au pourpoinr,

Affin que son troupeau ne ss dissipe point.

Certains troupeaux d’entre eux ont une barbe de chevre,

Et d’autres n’ont jamais aucun barbe sur la levre.

L’un se trouve fort bien quand il est comme un ours,

Et l’autre prend plaisir à se raser toujours,

L’un est comme un corbeau, l’autre comme une pie,

L’un porte des habits qui souvent en cherpie.

Un va toujours nuds pieds, l’autre a de beaux habits,

L’un est blanc, l’autre est noir, et l’autre sera gris;

En un mot chaque bande est differemment mise;

L’un n’a pas de cheveux et l’autre de Chemise;

L’un n’a point de souliers dans la rigeur de froid,

L’autre ne voudroit pas souffrir un mal au doigt,

L’un porte la bezace et plus adroit qu’in boesme

Attrape le Bourgeois par une adresse extrême

 

 

[407]

 

L’autre a plusieurs moyens pour attraper du bien

Et le meilleur d’entre eux, bien souvent ne vaut rien.

Le Quinquina se vend chez ceux de St. Ignace;

Le frere Ange a cent fois trompé la populace;

Il a fait plus déclat avec un peu d’onguent,

Que s’il ressusitoit un mort, ou guerrissoit un Grand.

Le frere valerian a d’une petite Essence

Qui guerit de tout maux meme de l’impuissance.

Il en scait plus cent fois que Brayer et Vallots           *Medecins

Et le plus habile home après luy n’est qu’un sot.

Enfin qu’est-ce qu’un Moine? Un animal a craindre,

Un adroit faineant, un homme qui scait feindre,

Un fourbe, un charlatan, un ruse courtesan,

Un grand donneur d’avis, un fameux partisan,

Un brigueur d’Evesché, un affamé de crosse,

Un vendeur de castor, de Bled, de Quinquina,

Un traître à son Monarque, et pire que tout cela;

Temoin ce scélérat, ce perfide et ce traître;

Cet homme aussi méchant qu’aucun autre peut être;

Ce demon infernal, ce perfide assassin,

Qui dans le sang Royal a trempé sa main,          * Jacques Clement qui tua Henry III

N’est-ce pas un Moine? Ah? Quel autre homme en France

A moin que d’etre Moine, auroit eu cette insolence?

Les Moines en un mot sont des gens dangereux;

Le plus seur est toujours de se méfier d’eux.

Ils entreprennent tout, et tout leur est possible,

 

[408]

 

Ils scavent la chicane encore mieux que la Bible,

Leur Pere Procureur plus fourbe que Rolet,

A tous ces grands fripons presteroit le collet:

Lorsqu’il craint quelque chose avoir de la surprise,

Il scait comme l’on rentre en tous les biens d’Eglise.

S’il y trouve son bon, le bon pere s’y tient,

S’il ne l’y trouve pas le Chapitre y revient;

Il marque sans décret et sans main de Notaire;

Il s’embarque avec eux, a toujours des affaires.

Pour moy, je suis un Moine autant qu’un Partisan,

L’une est l’autre a mon gré sont toujours malfaisant;

Que l’un puisse attraper une Mittre une Crosse,

Que l’autre dans Paris fasse rouler Carosse,

Ces honneurs et ces biens ne me peuvent tenter,

D’un petit revenue je me veux contenter.

 

 

[409]

 

Chanson

1674

Sur l’air: Jeunes Zephirs, ou des Pellerins.

 

Pour M.lle de Rochebonne.

 

Gens du bel air qui, croyez que personne,

Loin de la cour ne peut avoir d’amans.

Vous changeriez bientost de sentimens,

Et prendriez ceux que l’amour me donne,

Si comme moy vous voyez Rochebonne.

 

Beaux Courtisans que la constance étonne;

Troupe d’amans qu’on ne fixe jamais.

Vous quitteriez tous les autres objets,

Et guéririez de vôtre humeur friponne,

Si comme moy vous voyez Rochebonne.

 

 

[410]

 

Chanson

1674

Sur l’air de la Bourée.

 

Madame d’Avesne donne Mad.lle de Menisglaise à la vieille Marquise d’O pour la mener à Paris.

Ces couplets sont du Marquis d’O le borgne.

 

Pour Meniglaise vous avez bien raison,

De prendre à vôtre aise,

Le Coeur de Cauvisson;

Vous êtes bien rusée,

De tromper cette Fée,

Qui vous suit pas à pas.

 

Nonobstant la Marquise

Vous prenez vous ébats

Toute nuë en chemise,

Et meme entre deux draps.

Vous êtes bien rusée

De tromper cette Fée,

Qui vous suit pas à pas.

 

 

 

[411]

Chanson

1674

Sur l’air: Daye dan Daye.

 

Lou Prince n’a pas pris un pou/pont        *de Conty

Dans le plaine de Roussillon.

Lou passa desdin le Biscaye,

Daye dan daye et daye dans daye.

 

La Milice du Languedoc

Estoit preste à donner le choc.

Lou Prince n’a rien fait qui vaille.

Daye etc.

 

Schomberg ce vaillant général,

Dit qu’il nous dera bien du mal,

Qu’il chassera toutes les canailles.

Daye etc.

 

 

[412]

 

Autre

1674

Sur l’air………..

Mr. le Prince fit cette chanson à Senf en faisant mettre en bataille les Gardes du Roy, don't il êtoit mécontent.

 

Amarcés vos carabines,

Messieurs les Gardes du corps;

Et faites une autre mine

Que quand le Roy entre, ou qu’il sort.

 

[413]

Chanson

1674

Sur l’air:  Moy

 

Sur…… la Baume le Blanc Duchesse de la Vatiere, lorsqu’elle se retira aux Carmelites.

 

Adieu Chambort, Trianon et Versailles,

            Beaux Palais enchantez,

Je vais pleurer entre quatre murailles

            Mes infidélitez;

Ceque je prends vaut bien ceque je quitte,

            Je suis Carmélite moy.             Bis

 

Jeunes Aiglons Enfans d’Auguste race,

            Brillans de mille appas:

Pour mes pechez j’ay choisi cette place,

            Ne m’en detournez pas;

            Ayez pitié d’une mere séduitte.

            Je suis carmélite moy           Bis

 

           

 

 

[414]

 

Autre

1674

Sur l’air: A ta santé camarade ou

Il fait tout cequ’il defend l’Archevesq. de Rouen.

 

Dudreville (a) et Panisseuse (b)

Parmy les verre et les Pots ;

Tous deux d’une humeur joyeuse

Se disoient à tous propos.

A ta santé camarade;

A ta femme prens bien garde.

Taupe et tinc, grand merci,

Prens garde à la tienne aussi.

(a)          Le 1.er mari de Mad.e de Villars, qui eut le cou coupé pour l’affaire du Ch.er de Rohan en 1674.

(b)          Avoit sa Terre près de Vernon.

 

 

 

[415]

 

Chanson

1674

Sur l’air de l’Adieu de Cadmus.

 

Sur l’Arriereban.

 

         Je vais partir ma chere femme,

Puisque l’Arriereban en tous lieux se proclame;

         Je crains trop d’être Roturier.

Les deux cheveux entire qui labourent ma terre,

Pourront bien me porter pour aller à la guerre.

         Pour valet j’aurai mon chartier.

 

         Ah! Mon Coeur que j’ay de soucy;

Si tu prens nos chevaux adieu le labourage;

         Que ferai je dans mon ménage,

         Quand tu ne seras plus icy?

Tu scais que ton fusil nous faisoit si bien vivre;

         Et pourquoi ne te puis je suivre?

         Ah! Mon coeur, que j’ay souci!

 

Ton soucy ny fait rien, il faut que je m’en aille

C’est un Ordre du Roy qu’il etait executer.

 

Comment partiras-tu, toi qui n’a pas la maille?

Qui pourras-tu trouver qui t’en veuille prester?

         Nous n’avons icy rien qui vaille,

 

[416]

 

 

         Surquoi nous puissions emprunter.

 

Tu m’enverras l’argent qui viendra de la vente

Que tu feras demain du troupeau de Moutons;

Des Poulets, des Oisons, des Cannes, et des Cochons;

Que de la basse cour enfin, rien ne s’exempte.

 

Ne crains tu point pour nous la Famine presente?

Que ferons nous après que tu seras parti?

         Mon coeur, croi moi, demeure icy.

         Si tu pars, que j’aurai d’allarmes!

         De te voir exposer ainsi!

         Toy qui n’est pas né pour les armes;

 

J’ay besoin de secours; quoi! Veux tu m’accabler?

Ah! Ma femme, est-il tems de me faire trembler?

         Mon Dieu que je souffre de peines!

         Je ne sens que trop tes douleurs.

 

         Partira-tu malgé mes pleurs?

         Demeure ici, ton espérance est vaine.

         Quoi! Tu me veux quitter?

Il faut bien obéir,  Ah!

Je reviendray demain.

 

 

[417]

 

Vera

1674

A la Neusgermain.

 

Sans vous chercher tant d’alibis,

Je vais vous dire tout mon cas,

Je mets des rubans sur mes bras,

Et dans mon doigt un beau rubis,

Pour plaire aux yeux de Biscaras.

 

Ce n’est point pour ces beaux habits

Que le monde en fait tant de cas;

Ils ne sont point de velours ras;

Mais de simple poile de Brebis

Les vestemens de Biscaras.

 

Je l’aime bien mieux que pain bis,

Et quoique des plus délicats;

Si nous êtions entre deux dras,

J’irois je crois jusqu’à bis

Pour la charmante Biscaras.

 

Par Maucroix Chanoine de Reims.

 

 

[419]

 

Sur la mode

1674

Des grands chapeux.

                                                                         Les Jesuites

 

Chacun en ce monde à son tour,

Au lieu d’Arnaud, partout on loüe

L’incomparable Bourdaloue;

Au grand Ferrier, on fait la cour.

Depuis quelque tems les bons Peres,

Sont du people chestiens, les plus vives lumieres;

Ils scavent le chemin, qui mene droit qux cieux.

Ces Messieurs tant vantez, ne sont rien auprés d’Eux;

            Les grands Chapeaux sont à la mode.

 

 

[421]

 

Chanson

1675

Sur l’air: Je suis Cassandre

 

Messieurs Coulange,

Compagnon d’Almeras;

La fleur d’Orange

Ne vous empesche pas,

Messieurs Coulange

D’être comme Almeras,

Fort peu de cas.

 

Chanson

1675

Sur l’air: Je suis Cassandre

 

Messieurs Coulange,

Compagnon d’Almeras;

La fleur d’Orange

Ne vous empesche pas,

Messieurs Coulange

D’être comme Almeras,

Fort peu de cas.

 

[422]

Autre

1675

Sur l’air de la place Royalle

 

Sur Mr. Courtin

Le Courtinet désperé,

Disoit à la Romere,

Faut il qur l’on m’ait préféré

Tous les nains mes confreres?

Plus galand que le Pelletier,

Plus fourbe que son frere,

Grand discoureur de mon métier,

Et je ne scaurois plaire.

 

[423]

Chanson

1675

Sur l’air du branle de Metz.

 

Quand vous fûtes infidelle,

Crûtes vous pauvre Monglas

Que Bussi suffriroit cela,

Comme une simple bagatelle?

Si vous le crûtes ainsi,

Vous eûtes peu de cruelle.

Si vous le crûtes ainsi,

Vous ne connûtes pas Bussi.

 

[424]

Autre

1675

Sur l’air….

 

Le Comte de Stiron

Avec sa fiere mine,

Croyoiy avoit de la farine,

Mais il n’ai trouvé que d’Usson.

 

                                                           Gronel.

 

 

 

[425]

Chanson

1675

Sur l’air de grand guenipe

Bensserade, Bensserade,

Pourquoi pus tut ant?

J’ay le pied fin, et le gousset suant,

Et je n’ay point d’argent

Pour avoir des chaussons blancs.

Je ne m’en scaurois lon lan la

Je ne m’en scaurois lon lan la

Je ne m’en scaurois passer.

 

                            par Blet.

 

 

[426]

Autre

1675

Sur l’air: Vous m’entendez bien.

 

L’Avocat général Talon

Conserve toujours son renom;

Il soustient les coquettes,

            Hé bien!

Et leurs fait en cachette,

            Vous m’entendez bien.

 

La St. Romain a un mary,

Qui n’est ni gentil, ny polu;

Donnez lui pour devise,

            Hé bien.

Les Cornes de Moyse;

            Vous m’entendez bien.

 

Tous les Messieurs du Parlement

Jugent des causes bien souvent,

En faveur des coquettes,

            Hé bien!

Iront faire en cachette,

            Vous m’entendez bien.

 

[427]

Chanson

1675

 

[Partition]

 

 

One faut point de guiarre,

A noutre gou gou gou gou gou gou gou gou Gouverneur,

            Our, our, our

O feroit mieux sen affaire que gle gle gle gle gle gle gle,

            Plianté dans choux, ou ou ous,

Ou ben que glenge en ville à Poitez ou à Paris,

 

[428]

            Gle passeroit pren habil;

Mais que que que que que que que que que gitefand aupoy

            Y Y Y.

 

De Nermouty les feilles,

Ont perdu du du du du du du du du du lour honnour,

            Our, our, our,

Pre la sotte condute de noutre gou gou gou gou

Gou gou gou gou Gouvernoit ou, ou, ou;

            Present feilles bien sages

            Ne  veza fligé ja.

            Pre voutre pusselage

Veza za za za za za za za za re dau soudart a a a.

 

[429]

Pour un petit chien envoyé à Mad. E l’Abesse de St. Estienne.

1675

par Maucroix.

 

                        Je suis un fidele espion,

Et dans un petit Corps, j’ay le coeur d’un Lion;

Illustre Rambouillet, honneur de nos Bergeres,   d’Angennes

Du soin de nos Brebis, reposes vous sur moy,

            Et je vous engage ma foy,

Que le loup n’en mangera gueres.

 

[430]

Sonnet

1675

Sur la Comedie de Phedre et d’Hipolite.

 

Racine et des Preaux, l’oeil triste, l’eteint blême,

Viennent demander grace et ne confesse rien;

Il faut leur pardoner, parcequ’on est chrestien;

Mais on scait cequ’on doit au public à soy meme.

 

Le Duc qui pour l’honneur de cette soeur qu’il aime;

Voit de ces insolens abattre le maintien;

Deviendroit le mépris de tous les gens de bien,

S’il ne punissoit pas leur insolence extrême.

 

Ce fut une furie aux crains plus noirs que blons;

Qui leur coula du pus de ses affreux testons,

Ce Sonnet qu’en secret leur caballe idolatre.

 

On en verra punir ces satiriques ingrats,

Non pas en trahison d’une bol de mort aux rats;

Mais de coups de baton donnez sur le Théatre.

 

[431]

Chanson

Sur l’air de Mr. de Beaufort

1675

Sur Madame Huré Chanteuse, bonne amie du 1.er

President de Novion.

 

Si jamais Madame Huré,

Me peut rendre fidelle,

Je serai bien abusé,

Car j’ay le coeur trop usé

Pour elle, pour elle, pour elle.

 

[432]

Autre

Sur l’air de  Jean de vert.

1675

Sur le Ban et Arriereban.

 

On nous fait pour aller au ban

Sortir de nôtre ville.

Tout aussitôt en revenant

Nous payons l’Ustencile.

Dites moy Monsieur l’Intendant,

Cela se faisoit il du tems

            De Jean de vert?

 

Il est vray qu’a Messieurs du Ban

C’est faire une injustice,

C’est se moquer honnestement

D’un si noble service;

Mais quand le Roy veut de l’Argent

On n’en use pas comme au tems

            De Jean de vert.

 

[433]

Chanson

Sur l’air: A la venue de Noel

1675

L’Arriereban d’Anjou fut enlevé par Mercy a Raon.

Le curé du lieu les vendit.

 

Retournez vous-en en Anjou

Camper dessus vôtre pallier

Planter par escadron des choux;

Ou gardez mieux vôtre quartier.

 

[435]

Autre

Sur l’air: de Mai

 

Sur le même sujet que les précédente.

 

Dis moy Louvois, dis moy donc qui nous sommes?

Pendant l’Esté, tu nous crois Gentilshommes:

            Mais

L’hiver tu nous traite comme

Tout le reste des Bourgeois.

[435]

Plainte

De Madame de la Valliere* au Roy

                                                 *d’autres dissent Mad.e de Montespan.

 

Tous se détruit, tous passe, et le coeur le plus tendre,

Ne peur d’un même objet se contenter toujours.

Le passé n’a point veu d’eternelles amours,

Et les siecles futurs n’en doivent point attendre.

 

La Constance à des Loix qu’on ne veut plus entendre,

De nos desirs errans, rien n’arreste le cours.

Cequi plaist aujourd’huy déplaist dans peu de jours,

Nôtre inégalité ne scauroit se comprendre.

 

Tous ces défauts, Tircis, sont joints à nos vertus,

Vous m’aimiez autrefois, et vous ne m’aimes plus.

Ah! Que mes sentimens sont differents des vôtres.

 

Amour à qui je dois, et mon mal, et mon bien,

Que ne lui faisiés vous un coeur comme le mien,

Ou que ne faisiez vous le mien comme les autres.

 

 

 

[436]

Réponses

1675

au precedent sonnet sur les memes rimes.

 

J’ay le coeur, belle Iris, aussi constant que tendre,

Ceque je dois aimer, je l’aimeray toujours:

Mais puisque mon devoir condamne mes amours

De ma fidélité, Iris on ne doit rien attendre.

 

L’honneur à des raisons qui se font trop entendre;

Il scait de mes plaisirs suspendre l’heureux cours;

J’immole à ce tiran la douceur de mes jours,

Et je fais ces efforts sans le pouvoir comprendre.

 

Je renonce à l’amour qui ternit les vertus;

N’allégués plus ses Loix, je ne les connois plus,

La gloire à des appas qui triomphent des vôtres;

 

C’est elle qui m’entraîne, et qui fait tout mon bien,

Et le coeur qu’elle peut toucher comme le mien,

Donne à l’amour des Loix que l’amour donne aux autres.

 

 [437]

Chanson

1675

Sur l’air: Condé que partout on révere.

 

Sur le Prince de Condé.

 

Condé que partout on revere

Comme nôtre Dieu tutelaire;

O toy! Le plus grand des gueriers.

Je te suivray par toute terre;

Car a l’abry de tes Lauriers,

Je ne craindray point le Tonnerre.

 

[438]

Sur la Médaille

1675

d’Armand Bouthillier de Rance Abé de la Trape.

 

            De quelle gloire dès ce monde

Dieu ne comble-t’il pas ses humbles serviteurs,

            Lorsqu’une humilité profonde,

Leur en fait mépriser les frivoles grandeurs?

Il les égalle aux Rois, aux plus grands Empereurs,

Et toute chose en eux, avec la grace abonde

Dans le fond d’un desert, favorisé des Cieux,

D’un humble pénitent, la Medaille se frape;

Aussitost pour l’avoir on s’empresse en tous lieux

            Et déja chez les curieux.

Un Othon vaut moins qu’un la Trape.

 

[439]

Chanson

1675

Sur l’air………….

 

Noblesse de l’Arrierrban,

Matignon vous fait compliment;

Il a raffermi son courage;

Il vous promet qu’ à l’avenir,

Jamais pour pareil voyage,

Il ne vous fera revenir.

 

Il enrage dedans son coeur,

D’avoir eu pareille frayeur;

Il vous en fait à tous excuse.

On n’est pas maître de sa peur,

Ainsi le plus juste s’abuze;

On doit excuser ce seigneur.

 

[440]

Autre

1675

Sur l’air d’une gavotte

 

Quand de la Baume on veut plaire

En faisant le doucereux,

Elle se met en colere,

Et prende son ton rigoureux;

Mais sitost que l’on la presse,

Sans faire d’autre façon;

Jamais on n’a veu tigresse

Devenir Mouton.

[441]

Autre

1675

Sur l’air de l’Alleluya.

 

Quand la Baume de quelque amant

Veut bien soulager le tourment

Comme elle il n’en est pas bien gras,

            Alleluya.

 

[442]

Autre

1675

Sur l’air des Lancelots.

 

La Baume fait fras

Par l’amour qu’elle cause;

Ses yeux ont des appas,

Et da bouche a des roses.

De la ceinture en bas,

Ce n’est pas même chose

                                                Bourcé.

[443]

Chanson

1675

Sur l’air: Inexorable Mars de L’Opéra de Thezée.

 

Dialogue entre la Présidente de Perigny veuve du Précepteur de Mgr le Dauphin, et un de ses amis.

 

Sa fille, femme de chambre de la Reyne.

Si putain qu’on la chassa de la Cour, on a crû  que sa mere n’en ignoroit rien.

 

            La Présidente.

Mon charitable amy, que me conseillez vous?

Milles amans sont contens, et pas un n’est jaloux.

Cependant contre nous toute le Cour conspire.

            Et l’on veut que je me retire

            D’un séjour qui m’est si doux.

Ma fille hors de celieu, jamais peut elle attendre

            De beaux jours, ny d’heureux moments?

            Elle a le coeur trop tendre,

            Et de trop Nobles sentimens

            Pour se pouvoir forcer a prendre

            Des Bourgeois pour amans.

                        Réponse.

Que hors de ce beau séjour rien ne vous epouvante,

D’autres amans viendront, dont vous serés contente,

Esloignez de chez vous tous vos anciens amis.

            Il s’en presente

            Un dont vous connoissez le prix,

Mr. le Mary de Seignelay ou M. de Marsillac, qui   coucha avec elle quant Elle fut à Paris.

 

 [444]

Qui rendra votre fille encore plus éclatante.

Quelqu’un d’un vain espoir, n’est il point abusé?

            La Présidente.

Ma fille, ny mon fils, n’ont jamais refusé,

            tous deux.

Malheur, Malheur à qui pourra se plaindre,

            De n’avoir pû se faire aimer.

            Il faut brusquer.

            Que peut on craindre?

            La Présidente.

Passer sans sortir du logis,

            De ma fille à mon fils,

            De mon fils à ma fille.

Venez enfans,* venez beaux de la cour.   

* La Presidente apelloit ainsy le bel air de la Cour.

Choisissés dans ma famille

Et contentez vôtre amour.

 

 

Qu’aisement on moissonne

Dans ce champ des amours.

Amans, que rien ne vous étonne

            La mere est à vôtre secours:

Mais quand on a cueilly les fruits que l’amour donne,

On est sou pour jamais, et l’on fuit pour toujours.

            Qu’aisement on moissonne. Etc.

 

[445]

Chanson

1675

Sur l’air: Sur le Rhin

 

M.r de Vaureal Capit.e aux Gardes, fit cette chanson pour M.lle Chouan qui devoit épouser……… et qui épousa M.r de Boisselot capit.e aux Gardes.

 

Pour Loiseau je n’estois pas née,

J’ay du coeur et de la vertu.

Je ne l’aurois pas fait cocu,

Et c’est sa destinée.

 

[446]

Vera

1675

 

Contre le fameux Théodose, Eugêne autrefois s’eleva

            Cequ’alors il en arriva,

Sous vos yeux l’histoires l’expose;

D’abord tout cequ’il se propose;

Heureusement il acheva;

Mais dans la suitte il éprouva

Une étrange métamorphose.

Rien de nouveau sous le soleil.

Un évenement tout pareil

Revient aujourd’huy sur la scêne.

Louis êtoit prédestiné,

A rencontre un autre Eugêne,

Un autre Dieudonné.

 

[447]

Chanson

1675

Sur l’air. Or nous dites Marie.

 

Dites nous la Valiere

Quan vous êtes (Louis est) en rut,

Va t’il de sa matiere

Vous porter le tribut?

Ouy le Roy tout de braise

M’ l’aporte tout droit

Et la pauvre Thereze          la Reyne

N’en a qu’a lèche doigt.

 

 

[448]

Autre

1675

Sur le même Air.

 

Or dis-nous Savonnieres

Ô dis-nous franchement;

Qui fait mieux tes affaires

Dans ton emportement?

Mon mary, mon beaufrere,

Croisil, et mon parent,            Catinal S.r de Croisil

Dans l’amoureux mistere

Ne valent point Morant.      Morant Intendant en Bourbonnois.

 

 

[449]

Autre

1675

Sur le même Air.

 

Fais nous scavoir encore

Par quels facheux discours

La belle Roquelaure.

A chassé ses amours?

Un amant téméraire,

Grand Seigneur indiscret,

A dit en sa colere,

Cequ’il n’avoit pas fait.

 

[450]

Autre

1675

Sur l’air: Un Chapeau de paille

 

Sur le Pere Ferrier Jesuite Confesseur du Roy après le pere Annat.

 

Le grand Ferrier accoura de Toulouze

            Pour tromper un Prélat

Voyant l’effet de sa subtile rouse/russe,

            Chantoit avec éclat,

Je suis venu j’ay veu j’ay mis en fuitte

Suis-je pas Jesuitte moy, suis-je pas Jesuitte.

 

 

[451]

Chanson

1675

Sur l’air: Or nous dites Marie.

 

Or nous dites la Baume,

Pourquoi venir loger,        Le Comte Duplessis étant brouillé avec la Comtesse de la                 

                                                          Baume, mere du Maal de Tallard.

Près l’hostel de Vendosme,

Pour nous faire enrager?

J’estois par trop connue

Au fauxbourg St. Germain,

Les enfants dans la rue

Crioient, à la putain )- Partoient de St. Romain.

 

Or nous dites la Baume,

Où étiez vous alors;

Quand ce fils de sodome

Vous grimpa sur le corps?

J’estois dessus ma couche

En contemplation;

Jamais je ne vis B…….

Avoir le V……. plus long.

 

[452]

Autre

1675

Sur le même air.

 

Sur Madame la Princesse de Conty.

 

Or dites nous Princesse,

Croyez vous faire bien,

A l’ardeur qui vous presse

De ne refuser rien?

Ouy suivant la maxime

De nôtre Pere Arnaud.

Ce n’est pas faire un crime,

Quand la grace deffaut.

 

Mais avec sa science,

Et tous ses bons propos:

Met il la conscience )- A vôtre conscience

Dans un entier repose? )-  Donne t’il du repos?

Ouy tout scrupule il m’oste,

Et fort commodement,

Il rejette la faute

Sur mon tempéramment.

 

[453]

Chanson

1675

Sur le mesme Air.

 

On nous dites de Luynes       La Duchesse de Luynes.

Le Bourgeois Tambonneau;

A’t’il si bonne mine?

Vous paroist-il si beau?

Helas! Tout le mistere,

C’est qu’il est bon voisin;

Il fait bien mes affaires,

Le soir et le matin.

 

[454]

Autre

Sur le même Air

1675

 

Dites nous la Vieuville,

Et d’un ton sérieux,

Dans Paris la grand ville

Celuy qui f….. le mieux?

C’est un homme à soutane,        Sanguin, Evesque de Senlis.

Un Prelat gracieux,

Qui me f…… comme un asne,

Et quasi comme deux.

 

 

[455]

Sur l’Eloge du Vicomte de Turenne mis dans la Gazette par Guillerague.

1675

juillet

            De Guillerague au stile obscure,

A crû d’un grand heros, nous donner l’Epitaphe;

Mais las! Il s’est trompé, Lecteur, le cas est seur.

            Et le pauvre historiographe

            Nous a donné dans cet Ecrit,

            L’Epitaphe de son Esprit.

 

[457]

Chanson

Sur l’air. Catau la belle Jardiniere.

1675

 

Mon cher Chevalier de Riviere,

Enfin je m’en suis consolé;

S’il ne l’eut fait que par derriere,

Jamais il n’eut êté bruslé;

Mais puisqu’il prend la volaille

Parbleu j’eusse allumé la paille.

 

[458]

Autre

Sur l’air…..

1675

Scavez vous bien pourquoi Bussy

Se fait le Tiran de sa Fille?    Madame de Coligny

Ce n’est pas qu’il ait du soucy,

Que l’on baise dans sa famille,

Lui qui nous a décrit tant de sortes d’amours,

Est le Pere Loth de nos jours.

 

[459]

 

Chanson

Sur l’air: Il dort, il est de glace.

Ou Ah! vangez vous Madame.

1675

 

Chez la fausse Duchesse, *

Jamais Boissy,

Ne mit qu’entre deux fesses,

Son pauvre v…………..

Et cependant la chaudepisse

Il y prit.

 

* C’estoit une putain à qui l’on avoit donné ce nom là parcqu’Elle ressembloit a la Duchesse de Sully.

 

[460]

 

Autre

Sur l’air: Reveillez vous belle endormie